CHAPITRE I. DE LA CIIALEl’R
1823. Le mois de janvier a été très froid. Les gelées n’ont pas discontinué juqu’au 28; le 23, le thermomètre marquait
— 22"9 c. à 8 1/4 heures du matin. Débâcle de la Meuse le 30 janvier.
1827. Le 28 janvier, le thermomètre était â — 15”2c. Ces froids ont continué en février; du 1.5 au 10 il y avait — 18*2; puis quatre nuits de suite, le thermomètre a été â — 17°2;
— 18°; — 15". Le 27, le dég;el s'est établi.
1829. Les gelées ont commencé le 5 janvier. Le 11, le minimum était — 12"G c. ; le 17, — 18"5. Toutes les nuits, jusqu’au 25, le thermomètre descendait de — 11“ â — 18”; le 24, la Meuse était prise ; après une interruption de gelée, depuis le 27 jusqu’au 30, le froid a repris jusqu’au 14 février; le minimum était de — 10°6 c. du 11 au 12. Ily eut encore de temps en temps des gelées jusqu’à la fin de mars; le minimum pendant ce mois était de — 4“9.
1829-1830. Décembre. Les gelées ont commencé le 3, ont été chaque nuit de — 3 à — 6, et — 8” c. Depuis le 25, elles ont été de — 12"3 à — 18"1. Du 7 au 8 janvier 1830, le temps s’est radouci pendant 3 à 4 jours, puis le froid a repris : c’est surtout à partir du 13 qu’il a été fort. Pendant la nuit, il a été de — 9“ à — 16“8. Après une interruption de quelques jours il y eut le 29 — 9”5, le 31 — 18“4. En février, les quatre premières nuits, il y eut de — 18“3, à
— 19“3; puis une diminution de 4 à 5 degrés ( — 12“ à
— 15°); il y eut dégel le 9.
CiuriTRE II. — De la pression de l’air.
Les pressions atmosphériques, dans un pays d’une étendue aussi restreinte que la Belgique, présentent peu d'irrégularités , quand on les considère d’une manière générale. Cependant les différences peuvent devenir assez sensibles et des pressions locales peuvent s’établir, quand on cherche à saisir de plus près la loi qui domine les variations diurnes; or, c’est malheureusement le point sur lequel on peut obtenir le moins do renseignements. Il est utile de reconnaître les variations plus étendues, et, surtout, dans la partie montagneuse de la Belgique; sous ce rapport, les résultats recueillis dans les Ardennes et dans les parties qui avoisinent les bords de la Meuse et du Rhin, méritaient une attention particulière. Nous tâcherons, dans ce qui suit, de donner les résultats généraux qui ont été étudiés avec assez de soin et pendant assez de temps, pour qu’on puisse en déduire les principales conclusions qu’ils présentent.
Nous commencerons par examiner les valeurs consignées dans le tableau qui suit ; elles nous feront connaître les grandeurs et les époques des plus grandes élévations et des plus forts abaissements barométriques , observés en Belgique, pendant la dernière partie du siècle précédent et le commencement du siècle actuel : d'une autre part, nous donnerons les dates et les noms des obser\ ateurs. Abstraction faite de la correction pour la hauteur des stations, la plus grande élévation à laquelle soit parvenu le mercure (784““43) a été observée à Alost, le I 4 octobre 1837. Le plus grand abaissement absolu a été marifué à Liège, le 22 mars l7ol ; il était de 704"'“00. Cette dernière observation, du reste, peut être considérée comme douteuse.
CBAriTBB U. DB L AIB.
Les maxinia et miDiuia absolus du baromètre, dans les différentes parties du royaume, quand on les prend respectivement pour chaque localité sans considérer sa hauteur au-dessus des eaux de la mer, diffèrent en général assez peu entre eux. Nous avons vu précédemment, page 58, que, d’après trente années d’observation, la hauteur la plus grande du baromètre, à Bruxelles, avait eu lieu en février et avait donné 778“'”70 , et sa moindre hauteur absolue avait été de 724““13, dans le cours du mois de janvier, en sorte que la plus grande excursion barométrique qu’on ait eu lieu d’observer à Bruxelles, dans l’espace de trente ans, était de 54““o7 ; valeur très forte qui diminue jusque vers le milieu de l’année, en juillet, où elle se réduit à 29““02 seulement, et forme à peu près la moitié delà valeur que donne le mois de janvier, page 55. Du reste la largeur des deux limites extrêmes s’étend, à mesure que la période de ces observations s’allonge. Cette diminution toutefois se fait elle-même d’après une loi mathématique, dont on peut assigner les limites appréciables.
La pression des deux limites extrêmes, disons-nous, est à peu près la même pour les localités occidentales du royaume, et l’on peut l’estimer, dans son maximum, à 55“"’00 sans qu’on ait à craindre de s’écarter beaucoup de cette limite, si l’on observe soigneusement et avec des instruments qui méritent toute confiance. Ces termes extrêmes , surtout les maxima absolus , se présentent plus souvent pendant les mois d’hiver : la différence est très marquée, car, d’après dix sept années d’observation, nous en comptions pour Bruxelles 148, sur lesquels on n’en trouvait que trois pendant l’espace des quatre mois, entre juin et septembre.
Pour les maxima et minima relatifs, la loi ne paraît pas
aussi simple, pages 56 et 57 ; il semblerait qu’il existe une cause particulière qui détermine entre eux une différence plus grande vers le mois de décembre. En dehors des effets de cotte cause, la marche des minima serait à peu près la même que celle des maxima, dans l’espace de dix-sept ans, mais en sens inverse : les uns croissent et les autres décroissent du centre vers l’extrémité de l’année. Les mois de mai, juin, juillet et août ne présentaient ensemble que quatre minima mensuels sur un nombre de 1 37 qui sont consignés dans nos tableaux.
Quelque capricieuse que semble la marche du baromètre pendant les différents mois de l’année, cependant, par un examen attentif, on reconnaît assez bien deux maxima et deux minima. Un maximum se présente en décembre pour Alost, Gand, Louvain et Bruxelles , uoj/cj la figure page 54; j’omets les nombres de celte dernière ville relatifs à la fin du siècle dernier et au commencement de ce siècle. Pour Liège cl la plupart des villes situées à le.st du royaume, le maximum mensuel arrive en janvier et présente du reste très pou de différence avec le maximum des villes précédentes
Un second maximum barométrique, pour les mois d été, tombe vers le mois de juillet.
Quant aux minima , l un , bien prononcé, se présente dans le mois qui précède le maximum d hiver ; en sorte (jii’en passant d’un mois au suivant, l'atmosphère éprouve dans sa pression une oscillation très sensible.
Le second minimum arrive vers l’équinoxe de printemps, et vers le mois de mars.
En résumé, les deux maxima, dans la courbe des pressions mensuelles de l’air, suivent les solstices d’été et d’hiver, mais les deux minima précèdent et suivent de très près le maximum d'hiver.