CHAPITRE III. DE l’ÉLECTRICITÉ
que dans le cas où la charge électrique n’est pas trop forte et qu (lile ne projette pas les feuilles d'or contre les jiarois de l’électroscopc.
Une table des équivalents, construite pour un éloctroscopr^ en suivant ces procédés, présente de grands avantages, quand on veut explorer d'une manière continue les effets du passage des nuages au-dessus de l instrumenl ; on jieut en effet évaluer immédiatement les forces électri- (|ues comme si elles avaient été appréciées au moyen de 1 électromètre. L’observateur n’a pas à se déplacer; il peut se borner à suivre la marche de son instrument.
Les expériences d’Erman et de Saussure ont fait con naître, diîpuis longtemps, (jue l’électricité n'est pas également répartie dans l atmosphère; qu elle est à peu près de même intensité dans une couche d’air horizontale; et plus forte dans les couches supérieures. Je ne crois |>as qu’il existe d’observations suivies, faites dans la vue sjiéciale de reconnaître les rapports (pii existent, pour les circonstances ordinaires, entre les différentes hauteurs et les intensités électriques. ^
Cependant la hauteur à laquelle on observe , étant un des éléments les plus importants dans une série de recherches sur l’électricité atmosphérique, j’ai cru devoir m’occuper en premier lieu de son influence. Dès (pie la petite plate forme fut établie au haut de la tourelle, je fis mes premières observations; elles eurent lieu le 10 août 1844. La position difficile et dangereuse où je devais me placer, jointe au peu d’exjiérience que j’avais encore de ce genre de recherches , fit que j’obtins des résultats dont j eus d'abord quelque peine à me rendre compte. Cependant l’ensemble des recherches que je pus recueillir me conduisit à conclure que, dans un lieu nullement dominé par les corps avoisinants, l'intensité électrique de l’air croit sen-
siblemenl à partir d'un point déterminé en proportion des hauteurs. Cctlc loi toutefois n a été vérifiée que dans des limites de hauteur assez restreintes, et elle doit nécessairement se modifier à des hauteurs qui ne dépassent pas les limites où se forment les orages.
Déjà, dés les années 1842 et 1843, l’électricité de l’air avait été observée à Bruxelles, au moyen d’un électroscope ;
' ce n’est qu’au mois d’août 1 844 qu’on commença à se servir d’une manière régulière de l’électromètre de Peltier. Cejiendant je ne donne ici l enseiuhle des observations qu’à partir du commencement de 1845 ; les résultats sont présentés dans deux tableaux différents, le premier renferme le nombre moyen des degrés de l’échelle de l’instrument, observés de mois en mois , pendant chacune des années mentionnées; et dans le second, je présente ces mômes valeurs, mais exprimées en nombres proportionnels et comparables entre eux. Pour bien comprendre cette distinction, il faut supposer le cadran partagé également sur toute sa circonférence en 360 parties : dans l’état d’équilibre l’aiguille marque 0“, et elle s’écarte de ce point, avec le signe -|-, en se dirigeant vers l’est dans l’état ordinaire de l’atmosphère; et vers l’oMcst avec le signe — , dans l’état négatif. Ce dernier cas n’arrive généralement que pendant les pluies, ou bien avant ou après ce phénomène ; en sorte que le signe moins marque toujours un état exceptionnel de l’atmosphère.
L’électricité négative pouvant ôtre considérée comme appartenant à un état tout spécial de l’air, elle n’a point été comprise dans le calcul des moyennes. D une autre part, l électricité positive aussi montrait parfois un état exceptionnel pendant les mômes perturbations électriques, et I on a cru, dans ce cas, ne devoir employer, dans le calcul des moyennes, que l’angle 72°, qui offre la valeur la plus