‹ Méthode Berlitz pour l'enseignement des langues modernes. Éd. illustrée pour les enfants. Partie françaiseChapitre 1 sur 51 · Première Partie du Livre · texte numérisé non relu

Première Partie du Livre

I. Pendant la première moitié de la leçon, l'enseignement doit être exclusivement oral.

II. Le maître prononce d'abord bien distinctement quelques-uns des mots à apprendre, et a soin de montrer, en même temps, l'objet dont il parle ou, suivant le cas, sa couleur, ses dimensions, etc., ou de faire, le cas échéant, l'aciioii dont il s'agit. Après avoir répéé cela plusieurs fois, en montrant les objets, il so fait à lui-même des questions sur les mots qu'il vient d^ prononcer et y répond Quand il suppose que l-^s élèves doivent avoir suffisamment compris, il leur fait les mêmes questions et les aide à y répondre d'abord, si cela est nécessaire, puis It s laisse répondre tout seuls.

III. II ne faut prendre que peu de mots à la fois et les employer de manière à établir des comparaisons (oui — non; long — court; grand — petit; blanc — noir; sur— sous ; quelque chose — :ion ; pousser — tirer; ariiver — partir, etc.) atin que le contraste ou la similitude frappe immédiatement l'élève et l'aide ainsi à comprendre, par l'association des idées, le sens des mots prononcés.

IV. Pour bien exercer les élèves, il faut multiplier les exemples ; on peut naturellement modifier ceux qui se trouvent dans le livre, mais seuleme t quand la modification est rendue nécessaire par le milieu où l'on se l:ouvo ou par les objets dont on est entouré, et avec lesquels il faut nécessairement qu ; les exemples soient en rapport.

V. Pendant la seconde moitié de la leçon, le maître lit les mots et les phrases qui ont é é l'objet de 1'. xercice oral, puis fait lire les élèves après lui, et ainsi de suite jusqu' à ce que l'élève puisse lire couramment tous les m 'ts <le la leçon, sans être aidé par le maître.

VI. Bien que les élèves commencent réellement à lire dès la première leçon, ce n'est qu' à 1 1 neuvième qu' on leur apprend l'alphabet et la valeur des lettres et des syllabes. Si on les fait lire pendant les huit premières leçons, c'est dans le s ul but d'habituer leurs yeux à la forme des mot?, comme si chaque mot représentait un sigi e particulier. (Voir, à ce sujet, les méthodes de lecture Jacotot, en France, et Quincy, en Amérique ^

Seconde Parti 3 du Livre.

La seconde partie s'enseigne de la manière suivante :

I. Le maître lit d'abord quelques lignes, pas beaucoup, mais assez pour qu'elles forment u i euseml.le dont l'association des idées fasse saisir le sens, car il y a beaucoup d'expre.-sions que l'on ne peut comprendre que par l'enchaînement. Puis Us élèves répètent ce qui vient d'être lu, le maître ayant toujours soin de corriger leur i;rononciaiion.

II. Le maître fait ensuite beaucoup de questions relatives aux phrases qui viennent d'êlre lues ; ces questions doivent être d ms le genre de celles qui sont c mtejiues dans les exercices. Plus on fait de questions — en restant, bien entendu, dans le vicabulaire fourni par les leçons précédentes—plus 1 s élèves font de progrès ; si l'élève hésite, le maître doit lui souffler la réponse, et répéter ensuite la même question jusqu' à ce qu'il obtienne une réponse satisfaisante. Si l'élève paraît ne pas avoir bien saisi l3 sens d"3 mois employés dans la question, le maître doit se garder d'insister pour obtenir une réponse immédiate, car cela ne ferait que fa igu»T inutilement l'esprit de l'élève; il faut, nu contraire, ou abandonner entièrement la question pour le moment, ou chercher à y revenir à l'aide d'autres questions moins difiîciles, < t arrangées de telle façon que l'élève arrive graduellement à com|)reudre la première question.

IIL Quand on rencontre un nouveau verbe, dans le cours oe la leçon, le maître en écrit l'indicatif présent sur le tableau, jmis, par des questions et des réponses emploie et fait employer par l'élève les différentes personnes du verbe.

IV. Une fois que la leçon a été bien donnée en combinant ainsi la lecture et la conversation, l'élève doit l'apprendre par cœur.

V. On ne doit pas s'attacher à expliquer les mots abstraits pris en euxmêmes ; il faut se borner à les employer dans des phrases où l'enchaînenient fasse clairement ressortir leur sons * Virre. par exemple, peut s'expliquer de /a manière suivar.te: " Puis je changer de place, puis je voir (t entendre? (Oui.) La table peut-elle changer de place, peut-efle

* Il n'est pas n(5cessaire d'ailleurs que Tt^lève comprenne les mots abstraits pris isnlûment, car c'est souvent l'enchinnement seul qui donne à ces mots leur signification.

voir et entendre ? (Non.) Pourquoi puis je changer de place ? Parce que je vis. Pourquoi la table ne peut-elle \rdS changer de place ? Parce qu' elle ne vit pas — Savoir: Vous savz ce que vous avez vu — ce que l'on vous a dit. — Vous savaz mon nom, comment le savez-vous? Je vous l'ai dit. Savez vous qui est dans l'autre chambre?— S'ave^-ijows ce que je fais ? Comment le savez-vous ? Pouvez vous me dire combien d'argent j'ai dans la poche ? Vous ne pouvez pas me le dire. Pourquoi ne pouvez-vous pas me le dire ? Vous ne le savez pas, vous ne l'avez pas vu.

VI. Les difl'érents temps des verbes seront expliqués de la même manière que le^ mots abstraits, c'est à dire par l'enchaînement des idées ; par exemple, si l'on veut expliquer un verbe au passé ou au futur il faudra faire des questions arrangées de façon à amener naturellement l'idée du passé ou du futur, au lieu de donner des explications grammaticales. Exemples : Pourquoi l'enfant dans la gravure est-il i)ar terre? Paice qu'il est tombé. Pourquoi cet homme est-il fatigué? Parce qu'il a beaucoup marché. Combien de leçons prenez-vous par semaine ? Avez-vous jn is des leçons l'année dernière ? Prendrez-vous des leçons l'année prochaine ? etc.

VII. Cet ouvrage ne renferme pas de leçon spéciale sur les pronoms, mais quand il s'en présente, le maître les explique en les remplaçant par le nom dont ils tiennent la place.

VIII. On apprend à l'élève à écrire le français en lui faisant copier les leçons, après qu'elles lui ont été données oralement.

IX. En donnant les leçons d'après les instructions qui précèdent, le mailre fera bien de se servir de notre collection de planches coloriées, dont les gravures sont plus nombreuses, plus variées et plus grandes que celles que l'on trouve dans le présent ouvrage. Il y a, en outre, beaucoup de sujets qui ne sont pas traités ici, et que nos planches coloriées aideront le niaitre à expliquer d'une façon satisfaisante. Pour expliquer, par exemple, les di ux adjectifs laid et 5eaw, il suffira de montrer dus gravures représentant certains animaux univerc-ellement ccrtinus, comme des types de laideur ou de beauté, le hibou et le paon, et ainsi de suite.

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