‹ Méthode Berlitz pour l'enseignement des langues modernesChapitre 43 sur 70 · L'ARABE ET SON CHEVAL · texte numérisé non relu

L'ARABE ET SON CHEVAL

{Partie descriptive.)

La nuit tombait, le soleil venait de disparaître, le grand silence du désert n'était troublé que par les sanglots d'une jeune femme arabe qui, assise près de sa tente, semblait anéantie ; sa poitrine se soulevait à intervalles égaux et de grosses larmes s'échappaient de ses yeux rougis par trois nuits de veilles ; ses enfants groupés autour d'elle, silencieux et graves, contemplaient leur mère sans oser la questionner; les yeux de ces chérubins semblaient refléter la profonde douleur de leur mère : ils étaient tristes parce que leur mère pleurait.

{Partie narrative.)

Tout à coup, la jeune femme se redressa et interrogea l'horizon ; son beau visage s'éclaira d'un rayon d'espoir. Qu'est-ce qui produisit ce changement soudain.^ Laissons ici la parole au chef de la famille qui, quelques heures plus tard, entouré de sa femme et de ses enfants, commença en ces termes :

En revenant chargés de butin, après un succès inespéré sur la tribu des Beni-Bouzoufs, n^us recou-

trames les cavaliers d'Abd-ei-Kàder à environ douze heures de marche d'ici. Sitôt qu'ils nous aperçurent ils fondirent sur nous ; nous nous défendîmes héroïquement, comme vous le pensez ; mais que faire un contre dix? Nous vendîmes chèrement notre vie; tous mes frères d'armes tombèrent à mes côtés, je restai seul, me défendant encore, malgré deux profondes blessures ; à bout de force, je tombai. Aussitôt les mameluks se jetèrent sur moi, me garrottèrent avec des cordes et m'attachèrent sur un chameau. Ils s'emparèrent alors de notre butin et prirent mon cheval qu'ils emmenèrent également. Le soir du deuxième jour, ils campèrent avec nous près de X . . . J'avais les jambes liées ensemble par une courroie de cuir, et j'étais étendu près de la tente où couchaient les mameluks. Pendant la nuit, tenu éveillé par la douleur de mes blessures, j'entendis hennir mon cheval parmi les autres chevaux attachés autour des tentes ; je reconnus sa voix, et ne pouvant résister au désir d'aller parler encore une fois à mon fidèle compagnon, je me traînai péniblement jusqu'à lui : * * Pauv re ami, lui dis-je, que feras-tu parmi les mameluks ? Ma femme et mes enfants ne t'apporteront plus le lait du chameau ; ils ne te donneront plus l'orge dans le creux de la main ; tu ne courras plus libre dans le désert ; qu'au moins, si je suis esclave, tu restes libre. Tiens, va, retourne à la tente que tu connais ; va dire à ma femme que ton maître ne reviendra plus, et passe la tête entre les rideaux de la tente pour lécher la main de mes petits enfants."

Puis ayant réussi à couper avec les dents la corde de poil de chèvre qui lui servait d'entrave, mon noble compagnon se trouva libre ; mais, me voyant blessé et enchaîné à ses pieds, mon fidèle et intelligent

coursier comprit, avec son instinct, ce qu'aucune langue ne pouvait lui expliquer ; il baissa la tête, me flaira, et, me saisissant avec les dents par la ceinture de cuir que j'avais autour du corps, il partit au galop et m'emporta jusqu'ici.

C'est en apercevant mon héroïque coursier que tes larmes se séchèrent ; tu me crus perdu et tu me retrouvas, ma noble femme.

En arrivant et en déposant son maître aux pieds de sa femme et de ses enfants, le cheval avait expiré de fatigue. Toute la tribu Ta pleuré; les poètes Tout chanté, et son nom est constamment dans la bouche des Arabes de X.

1. Décrivez le désert au moment où commence cette histoire. 2. Pourquoi la jeune femme pleurait-elle ? 3. Avait-elle bien dormi depuis trois jours? 4. Où étaient ses enfants ? 5. Pourquoi ces enfants étaientils tristes ? 6. Pourquoi la jeune femme interrogeat-elle rhorizon ? 7. Qu'est-ce qu'elle vit et qu'arriva-t-il î 8. Que fit l'Arabe quand il fut reposé ? 9. Par qui fut-il attaqué dans le désert? 10. D'où revenait-il à ce moment ? 11. Etait-il loin de sa tente quand il fut attaqué ? 12. Quel était le chef des cavaliers ennemis ? 13. Que firent les cavaliers d'Abd-el-Kader en voyant les Arabes? 14. Les Arabes se défendirent-ils avec courage ? 15. Furent-ils vainqueurs ou vaincus ? 16. Pouvaient-ils être vainqueurs ? 17. Etaient-ils plus nombreux que les cavaliers d' Abd-el Kader ? 18. Quels sont les mots qui vous indiquent cette réponse ? 19. Que feriez- vous si vous étiez attaqué ? 20. Qui commandait les Américains dans la guerre de Tindé-

te

pendance ? 21. Les Français étaîent-îls alliés aux Anglais dans cette guerre ? 22. En quelle année mourut Washington ? 23. Tous les Arabes furent-ils tués dans la lutte ? 24. Qui survécut à ses blessures <; 25. Qu'arriva-t-il quand FArabe tomba? 26. Où ses ennemis Tattachèrent-ils ? 27. Que devint le cheval de r Arabe ? 28. Qui s'empara de tout le butin ? 29. En quoi consiste généralement le butin ? 30. Combien de temps TArabe resta-t-il sur le chameau ? 31. Où les cavaliers s'arrêtèrent-ils pour camper ? 32. L'Arabe était-il libre ? 33. Décrivez sa triste position. 34. En quel état se trouvait-il ? 35. L'Arabe dormait-il ? 36. Qu'est-ce qui l'empêchait de dormir? 37. Etait-il près de son cheval ? 38. Comment l'Arabe reconnut-il son cheval ? 39. Avait-il beaucoup d'affection pour son coursier ? 40. Où le cheval était-il attaché ? 41. Que fit l'Arabe quand il entendit son cheval hennir ? 42. Pourquoi se traîna-t-il vers lui ? 43. Le cheval comprenait-il son maître? 44. Etait-il libre ou attaché ? 45. Que dit l'Arabe à son cheval ? 46. Et que fit-il pour le délivrer ? 47. Quelle est la nourriture des chevaux arabes ? 48. Décrivez un cheval arabe. 49. Ces animaux sont-ils plus intelligents que les autres chevaux? 50. Comment le cheval saisit-il son maître ? 51. Avait-il compris son discours ? 52. Pourquoi emporta-t-il l'Arabe par sa tîeinture ? 53. Quelle était son intention ? 54. Quelle allure le cheval prit-il ? 55. Jusqu'où trausporta-t-il son maître ? 56. Que devint le cheval en arrivant au but ? 57. Pourquoi mourut-il? 58. Fut-il regretté de son maître? 59. Pourquoi l'Arabe regretta-t-il son cheval? 60. Que firent les poètes en l'honneur de ce cheval ? 61. Son nom devint-il célèbre ? 62. Que pensez- vous de cette histoire î

Mettre au passé défini le morceau Correction des- Paresseux, page 46.

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