‹ Méthode complète de chant Grégorien d'après les principes de l'École de SolesmesChapitre 16 sur 173 · Prononciation · texte numérisé non relu

Prononciation

Les lettres se divisent en voyelles et en consonnes.

Les voyelles étant l'âme des mots, il faut les prononcer avec une pureté et une clarté parfaites. On donnera à chacune son timbre propre, et pour ne pas porter à celui-ci la moindre atteinte, on évitera soigneusement, pendant l'émission de la voyelle, de modifier tant soit peu la position première de la langue et des lèvres.

Les consonnes, comme leur nom l'indique, ne peuvent être prononcées qu'au contact d'un autre élément, les voyelles. Il faut les

* En fait, l'intervalle d'octave n'existe pas en chant grégorien. On le rencontre quelquefois, mais dans des compositions de la dernière période et seulement entre deux phrases musicales. Les Sanctiis des messes IX et XIV en offrent chacun un exemple.

20 Première Partie.

émettre avec énergie et netteté; sans cela les mots seraient inintelligibles et la lecture manquerait de vigueur. ^

85. — Les lettres s'unissent pour former les syllabes. Dans l'émission de celles-ci on doit bien se garder de séparer chaque élément d'une syllabe pour la joindre à une autre, en disant, par exemple, y«¿^27<2-^/¿7 ^our jubi-la-tio. 2

86. — Quant à la prononciation des mots, se rappeler toujours la fameuse règle appelée règle d'or : Non débet fieri pausa, quando débet exprùni sy liaba inchoatœ dictionis.'i

^ Règles essentielles de la prononciation romaine du latin. On sait qu'elle intéresse souverainement la restauration intégrale du chant grégorien. C doux se prononce ch après une consonne, dch après une voyelle ou au commencement d'un mot : (itcere = diáchere^ Q¿?lum = ácheh¿m. G doux se prononce comme le/ dans le français après une consonne ; comme dj après une voyelle ou au commencement d'un mot : vigére — viagère. Gn, même prononciation qu'en français : magnificat = 7nagmfique. H dans nihil, vtiki, et leurs dérivés se prononce k : nihil = nikil. J se change toujours en z.

S entre deux voyelles est doux : rosa = rose; il est dur après une consonne. Se se prononce comme ch en français : descendit = dechennditt. T devant i et non précédé dV ou de ;r a le son de ss; précédé d'une voyelle,

il se prononce ds : graiia — graásia.

U se prononce toujours ou.

X après une voyelle, e excepté, est toujours dur ; il est doux après e .-exalta = examen. Avant j il reste dur, quoique précédé d'une voyelle -.exsulta = ^xer. ' A notre avis, il n'est pas superflu d'insérer ici en note quelques règles relatives à V union et à la division des lettres dans P écriture du latin. Elles seront d'une très appréciable utilité, pour prononcer les lettres comme il convient à la place qic' elles occupc7it dans la syllabe ou dans le mot.

r° Règle. — On ne doit pas doubler une consonne au commencement et à la fin d'un mot. Pour qu'elle soit doublée, il faut qu'elle soit placée dans le corps d'un mot entre deux voyelles comme dans a7inus., ijitelligo. Si, dans le corps d'un mot, elle est liquide, il va sans dire que la durée de sa prononciation est encore moins longue : Afiïigo, attribuo.

2^ Règle. — Lorsqu'une consonne se trouve entre deux voyelles dans les mots sim.ples, c'est à la seconde qu'elle est jointe : A-mor, Le-por.

3^ Règle. — Lorsque deux consonnes sont placées entre deux voyelles, elles doivent être séparées : Ec-ce, car-neni.

4* Règle. — Les consonnes qui peuvent être jointes l'une à l'autre au commencement d'un mot ne doivent jamais être séparées : 0-m?îis., A-gnus, Pa-stor., etc.. Ces consonnes sont les suivantes : Ed., Bl, Br, Cl, Cm, Cn, Ct, Cr, Dm, Dn, Dr, FI, Fr, Gl, Gn, Gr, Mn, Ph, Phi, Phn, Phr, Phth, PI, Pn, Pr, Ps, Pt, Se, Scr, Sh, Sgn, Sp, Sph, St, Sth, Str, Th, Thn, Tl, Tfn, Tr.

5^ Règle. — Dans les mots composés, les consonnes restent unies à la voyelle avec laquelle elles faisaient corps avant que le mot fut composé : Ab-eo, ad-oro, con-scientia, et di-stinctio, en \ertu de la règle 4* {st) et de la 5* {distin et scio).

3 Élie Salomón, Scientia artis musicce. Cap. XI.

14« Leçon, 21

13« Leçon.

Accentuation. — Accent tonique. — Accents pi'incipal et secondaire.

87. — • Ni la prononciation correcte des syllabes, ni leur émission parfaite, ne suffisent pour donner au mot son unité.

Pour constituer le mot, ses éléments ont besoin d'un principe vital, d'un facteur intime qui est \ accent.

La syllabe accentuée est comme un point lumineux qui répand la lumière sur les autres syllabes, ou comme la clef de voûte qui soutient les diverses arches d'un pont. En résumé, elle est l'âme du mot.

88. — Par accent nous entendons ici X accent tonique^ c'est-à-dire une syllabe plus intense que les autres.

89. — L'intensité qui caractérise l'accent tonique doit être modérée.

Elle n'est pas un poids qui l'écrase, mais bien une impulsion qui le soulève. Très différent de l'accent des langues romanes, lourd et grave, l'accent latin est, de sa nature, léger et aigu.

90. — Tout ce que nous avons dit antérieurement du style lié dans l'exécution des neumes, s'applique également à l'émission des mots.

Comme les neumes, les mots doivent être prononcés d'une seule respiration et d'une seule impulsion.

91. — La grammaire enseigne quels sont les mots qui ont un accent et quelle est la syllabe qui le porte. Rappelons seulement ici que les mots de plus de trois syllabes admettent des accents secondaires, v. gr. : dóminátiónem^ înitnicus.

Bien accentuée, la lecture devient en quelque sorte un chant que l'on entend avec satisfaction.

14^ Leçon.

Phrasé. — Ustión et Distinction. — Mots : incises : membj'es .-phrase. — Accents phraséologiques. — Exercices.

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