‹ Méthode curative externe des douleurs rhumatismales, goutteuses, nerveuses; des maladies lymphatiques, et des viscéralgies. Affections nerveuses des viscèresChapitre 2 sur 74 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

En 1836, nous avions déjà publié les trois premières éditions de notre Méthode curative externe des douleurs, lorsqu'un recueil médical, qui jouit d’une estime méritée (les Archives de Médecine), à exprimé vivement tout l'intérêt et l'importance que l’on doit mettre à l'étude des maladies qui ont pour caractère spécial la douleur. « Ouvrez tous les livres, vous y chercherez vainement un genre de maladie décrit à part, et dans lequel vous puissiez trouver, assemblées sous un titre spécial, toutes les affections caractérisées par la fixation précise et circonscrite du phénomène douleur. L'histoire de cet ordre important d’affections est tout à faire. Si, depuis-trente ans, les esprits s'étaient appliqués à l’étude de ces maladies, nous n’aurions pas à signaler ce besoin de la science.

» La société souffre de la préoccupation qui a dirigé presque exclusivement les recherches des mé-

Ge decins sur les maladies organiques ; car, s’ils ont été payés de leurs travaux par l’acquisition de connaissances qui manqüaient à leurs prédécesseurs, 1l faut avouer que l’art de quérir n’y à pas eu autant ses intérêts satisfaits que la science qui a pour objet la classification des maladies, la nosologie; car le traitement des maladies, sur le siége anatomique et les transformations organiques desquelles nous avons appris de si merveilleuses choses, en est justement là où l'avaient laissé ceux qui ignoraient toutes ces choses. Si, au contraire, le même enthousiasme, la même persévérance, les mêmes hommes s'étaient portés sur l'étude des maladies sans lésion matérielle et caractérisées par la douleur, on peut affirmer que leur connaissance, dont chacun déplore l'obscurité, que leur traitement, dont ni les raisons fondamentales, ni les détails d'application ne sont compris, se seraient agrandis et perfectionnés. » Ê

Telle est la tâche que nous avons entreprise et que nous avons la conscience de pouvoir remplir, au grand avantage de l'humanité, sous le rapport pratique; car il ne s’agit point ici d'établir une théorie plus ou moins ingénieuse, mais d'indiquer une méthode curative très efficace, et au moyen de la-

quelle on puisse guérir ou soulager le plus grand

EAP nombre de malades atteints de ces maux auxquels, il est vrai, là science a donné différentes dénomina- | tions, mais qui ne changent aucunement leur nature identique, ét que l'expérience de chaque jour prouve être l'effet d’une même cause, un trouble de Ex circulation lymphatique ou nerveuse (1).

Notre iñténtion n’est pas de développer les idées que nous nous sommes formées sur la nature des affections dites nérveüses, rhumatismales, goutteuses ou Iymphätiques ; seulement nous ferons remarquer brièvement : |

1° Que les nerfs ne sont formés que de l’assemblage d’une infinité de petits conduits étroitement unis ef qui renferment un fluide blanc dont la circülation est incontestable. Les fonctions des nerfs sont de répartir le fluide nerveux, qui a la propriété de rendre sensibles les tissus qui en sont pénétrés.

(1) Ce qui est remarquable, c'est que le rhumatisme, en changeant de siège, change aussi dé dénomination, bien qu’assurément il ne puisse changer de nature. A la tête, il prend le nom de gravedo ; dans les muscles du cou on le nomme torticolis ; on l'appelle pleurodynie S'il à liéu dans les muscles pectoraux ; mais si de ces derniers il passe dans les muscles dorsaux, il reprend son nom de rhumatisme : lorsqu'il affecte la région lombaire, on l’appelle lumbago ; enfin il prend le nom de scialique, ete... « En mé-

decine, comme en beaucoup d’autres sciences, on est souvent la dupe des mots. »

nb LR L’altération de la circulation nerveuse doit nécessairement engendrer la douleur (névralgie), ou un trouble de l’innervation (névrose); sa diminution, la faiblesse musculaire ; son abolition, la paralysie.

2° Que les muscles ne reçoivent leur sensihilité et la faculté de se contracter que du libre exercice des fonctions des nerfs. Lorsqu'il y a douleur dans les muscles et obstacle à la contraction, on dit qu'il y a rhumatisme; mais le moyen curatif doit toujours être dirigé de manière à modifier la circulation nerveuse entravée, sinon il est inefficace. Le rhumatisme n’est donc qu’une affection qui peut se compliquer d’accidens inflammatoires, sans doute, mais qui, primitivement, n'était que nerveuse. Nous prouvons cette assertion en faisant remarquer qu'il ne se manifeste jamais de rhumatisme dans les parties paralysées, à cause de l’abolition des fonctions des nerfs.

3° Que les articulations sont entièrement composées de tissus fibreux, cartilagineux, membraneux et ligamenteux, qui sont naturellement peu sensibles et constamment abreuvés de fluides blancs. L'inflammation s’y développe très difficilement, parce qu'elle n’y a point d'élément naturel (le fluide san-

guin). Cependant les affections des articulations

sont extrèmement douloureuses ; et à quoi donc attribuer les désordres qui se manifestent dans les accès de goutte et les rhumatismes articulaires, si ce n’est au trouble et à l’altération de la circulation lymphatique, qui est, pour ainsi dire, le seul phénomène vital appréciable dans toutes les régions articulaires ?

4° Enfin l'expérience a prouvé que les évacuations sanguines où un traitement débilitant, sont plutôt contraires que favorables à la guérison des affections rhumatismales, goutteuses, nerveuses et lymphatiques. Il faut donc reconnaître, car il n’est plus permis d'en douter, que les douleurs permanentes et intermittentes qui se manifestent dans ces maladies, ne résultent pas d’une inflammation des tissus, mais bien d’un trouble constant ou accidentel de la circulation lymphatique ou nerveuse. Les succès que nous obtenons par l'emploi de notre procédé justifient cette opinion qui n’est pas théorique, mais pratique, et qui est généralement celle des médecins observateurs. Comment n'en serait-11 pas ainsi, quand nous pouvons citer, à l'appui de ce que nous avançons, des guérisons aussi nombreuses qu'extraordinaires. (Voir les Observations détaillées.)

C'est d’après les données que nous venons de ré-

Sumer, que nous expliquons les avantages de notre Méthode curative externe, qui a pour but de modifier profondément la nature des fluides blancs et de faciliter leur circulation ; la théorie découle de la pratique que nous allons exposer sans autre préambule. On trouvera dans les observations où sont relatés les moyens mis en usage pour opérer la guérison des affections graves dont nous publions l’histoire, des développemens théoriques et pratiques importans que nous recommandons à l’examen de nos lecteurs, parce qu'ils appuient, éclairent et expliquent très bien les succès obtenus.

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Si nous nous abstenons d'indiquer plusieurs centaines de personnes qui ont éprouvé les heureux effets de notre médication externe, c’est que la position médicale que nous occupons doit être une suffisante garantie de la véracité de nos assertions. il serait indigne de nous d'employer un moyen dont les charlatans ont toujours abusé, et qui, en définitive, ne fournit généralement que des preuves fort suspectes. Nous nous bornerons donc à rapporter un certain nombre de faits et d’attestations qui ont un caractère tout-à-fait concluant,

Cependant nous avons fait tous nos efforts pour faire constater d’une manière authentique l'efficacité de nos procédés thérapeutiques. Quelques mauvaises raisons réglementaires viennent encore mettre obstacle à l'acceptation de la preuve

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que nous en pourrions fournir, en dehors des faits tirés de notre pratique particulière, si nous étions admis, dans les hôpitaux, pour traiter seulement les cas rebelles aux moyens ordinaires. Mais, hélas’ en fait de philanthropie, les administrateurs se cramponnent aux règlemens comme les savans aux théories. Et puis, n’a-t-on pas récriminé de toutes façons contre l'introduction des spécialités dans les établissemens nosocomiaux? Le libéralisme médical ne le cède à aucun autre pour l'exécution rigoureuse de la loi écrite. À toutes les demandes que nous avons adressées, depuis 4836, à MM. les Ministres de l'intérieur et des travaux publics, pour être autorisé à traiter des malades dansles hôpitaux, il nous a été répondu par des refus constamment motivés sur l'impossibilité de s’écarter des règlemens établis.

Périsse l’humanité plutôt qu'un principe!

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