EVEQUE D ORLEANS
Monsieur l'Abbé,
Je vous remercie de m"avoir adressé votre excellent ouvrage intitulé : Méthode Je direction des Œuvres de jeunesse. Cet ouvrage, je ne crains pas de le dire, est une œuvre de zèle de premier mérite, et il sera lu avec intérêt et grand profit, nonseulement par les directeurs des établissements, dans le genre du vôtre, qui commencent à être très nombreux en France, mais par tous les hommes, prêtres ou laïques, qui s'occupent de l'éducation de la jeunesse. Ce qui m'a le plus frappé, dans votre méthode, c'est la rare connaissance des enfants qui s'v révèle à toutes les pages. Je me disais à chaque instant, en vous lisant, « Voilà bien un homme du métier qui sait ce qu'il dit, et qui n'écrit que ce que l'expérience lui a appris. » Vous êtes très riche en détails pratiques. C'est ce qu'il fallait par dessus tout dans un ouvrage de cette nature. Je ne saurais assez applaudir aux moA'ens simples, profonds que vous indiquez pour former les jeunes gens à la vraie piété et les faire servira l'édification lesuns des autres par l'exercice du zèle. Ce fut le principal secret du Aénérable M. Allemand, fondateur de l'Œuvre de la jeunesse de Marseille, comme on peut s'en convaincre en lisant sa vie ; et je bénis Notre-Seigneur de vous avoir fait l'un des héritiers et aujourd'hui le propagateur de l'esprit et des idées de ce Père de Jeunesse par excellence. Vous avouez humblement que vous n'avez rien fait tant que vous avez voulu marcher par vous-même dans la direction de votre Œuvre et que le succès n'a couronné vos eflforts et dépassé même de beaucoup vos espérances que du jour où vous vous êtes mis à copier à la lettre M. Allemand. Cet aveu honore votre modestie, en même temps qu'il atteste de la manière la plus décisive la supériorité et l'efficacité de la méthode de cet homme
de Dieu. Puisse cette méthode être suivie partout, autant que la ditîérence des lieux, des personnes et des œuvres pourra le permettre. Si votre livre, comme je l'espère, contribue à produire ce résultat, vous aurez rendu à l'enfance et lajeunesse, dans notre pays, un vrai et éminent service. Je ne puis mieux, d'ailleurs, M. l'Abbè, vous témoigner l'estime que je fais de cet ouvrage, qu'en vous priant d'en mettre un dépôt au grand séminaire d'Orléans. Je désire qu'il soit entre les mains de tous les supérieurs et directeurs de mes petits séminaires et je le recommanderai à tout le clergé dans notre prochaine retraite ecclésiastique.
Veuillez agréer, M. l'Abbé, l'expression de mes bien dévoués sentiments en X.-S.
-;■ FÉLIX, Evcquc d'Orléans.
Orléans, le lô Juin 18-59