OBSERVATIONS RELATIVES A LA PREMIERE PARTIE
La marche adoptée par nous dans l'enseignement de cette partie, de notre méthode a eu pour but de ne point négliger un seul des éléments essentiels qui constituent le mécanisme du Violon. Nous présentons un à un ces éléments et en petites doses mélodiques , de ma nière à en déguiser la sécheresse et à les rendre accessibles aux élèves.
Les éléments principaux du Violon sont, les différentes tonalités, les diverses positions, les coups d'archet, les doubles cordes etc....
Nous n'avons pas voulu nous appesantir sur une seule de ces difficultés primordiales , au détriment des autres. Nous nous sommes appliqués, au contraire, à les taire marcher de front, en n'en prenant que la substance indispensable à la pratique de l'enseignement . Ainsi nous n'avons pas dépassé les tons marqués de 4 dièses ou 4 bémols, afin que l'élève ait toujours les cordes à vides, comme point de comparaison nécessaire pour conserver la justesse dmfonation.il nous a paru utile de nous arrêter à la 5uie position , ayant considéré ce travail suffisant pour cette première par tie élémentaire .
Afin que le maniement de l'archet ne soit pas en retard, ou négligé par un travail uniforme , nous avons jugé convenable de varier le caractère de la gamme, sans augmenter pour cela la difficulté des doigts ; ce qui n'empêchera pas l'élève d'exécuter toutes les gammes en rondes, lorsque le maître le jugera à propos.
L' élève retirera de cette façon de procéder l'avantage d'exercer son archet à tous les rhyfhmes ; et ce travail se classera insensiblement dans son jeu, et, pour ainsi dire, sans effort. Nous avons suivi la même marche pour l'enseignement des coups ' d'archet détachés; nous ne présentons a l'élève que ice qui est absolument nécessaire d£tre appris . ainsi qu'on pourra en juger lorsqu'on travaillera nos exercices.
Pour dernière observation : nous recommanderons de ne point travailler nos études avec trop de vitesse; la lenteur donne la précision et la facilité. Il faut donc, à cet effet, se munir d'un métronome et suivre la rigueur des mouvements , que nous avons indiqués en doubles numéros ; d'abord, celui qui convient au premier travail; et qui conduit, ensuite, avec gradation, au mouyement réel du morceau.
Ce qui manque généralement au jeu des jeunes violonistes , c'est la demi -teinte. Pour obvier à ce défaut, nous nous sommes attachés à donner une grande variété au caractère des mélodies qui résument les éléments de notre méthode. Elles sont tour a four d'une expression douce 'et énergique, afin d'accoutumer l'élève à cette élasticité de jeu , si difficile à acquérir lorsqu'on ne s'est habitué qu'à jouer fort dès ses premières études. Cette manière de procéder gale chez l'élève la sensibilité de l'ouïe: une force lourde et mat entendue domine son jeu au défriment de la grâce, qui seule sait charmer et fixer l'attention du public.