‹ Méthode de violonChapitre 2 sur 127 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le résultat que nous avons obtenu depuis plus de trente années en appliquant notre méthode à l'éducation des élèves que nous avons eu le bonheur de former, nous oblige, en quelque sorte, à en publier les éléments. Ce travail est tout à la fois , le fruit de l'expérience et de la méditation . Que de soin n'a-t-il pas coûtés à notre amour de la perfection -v mais aussi, quelles récompense n'y avons nous pas trouvée dans les talents que ces. principes ont fait naitre . Nous sommes fier de payer , à notre tour, un tribut à l'étude du Violon. Nous apportons, pour cet Instrument, une méthode établie sur des idées nouvelles. Nous n'avons pas la prétention d'avoir porté l'art d'enseigner jusqu'à ses dernières limites -v mais nous sommes sur d'avoir fait faire un pas à l'enseignement , en en simplifiant la marche .

Cette méthode est divisée en trois parties : la première et la seconde ont pour objet le mécanisme , la troisième est consacrée au style. La fièvre du mécanisme, qui, dans ces dernières années, s'est emparée du Violon, Ta souvent détourné de sa mission véritable , celle d'imiter les accents de la voix humaine, noble mission qui lui a valu la gloire d être appelé le roi des instruments.

Le prestige des grandes difficultés se produit , presque toujours, aux dépens de la belle qualité de son , de la justesse d'intonation , de l'exactitude de la mesure et surtout do la pureté du style.

Le travail immense qu'il faut pour les vaincre jette un grand découragement parmi les amateurs . Les excentricités , qui fascinent , éblouissent un instant, sont loin d'avoir le charme et l'attrait de la mélodie. Or, notre intention est moins d'étendre encore le mécanisme , que de conserver au Violon son véritable caractère : celui de reproduira et d'exprimer tous les sentiments de l'âme.

Nous avons donc pris la musique de chant pour point de départ, pour guide et pour modèle. La musique est lame de la parole:, et par son expansion, elle en fait ressortir le sentiment ; de même que la parole aide à faire comprendre le sens de la musique. C'est cette observation qui nous a fait choisir dans la musique dramatique , la plupart des exemples contenus dans notre troisième partie. La musique étant, avant tout, une langue de sentiment, sa mélodie renferme toujours en elle un sens poétique ; une parole, réelle ou fictive, que le violoniste doit avoir sans cesse dans l'esprit , afin que son archet en reproduise l'accent, la prosodie , la ponctuation, et fasse, en un mol, parler, son instrument.

Plus qu'un mot: nous n'énumérons pas ici, en forme de programme, les vertus didactiques que peut renfermer notre ouvrage. Nous nous sommes appliqué a ce que chaque chose y soit placée en son lieu, et que chaque étude y vienne en son temps . Enfin , nous avons voulu que le raisonnement prit l'élève par la main , et le guidât, à travers les sentiers de notre méthode , pour l'en faire sortir, à un moment donné, sinon grand violoniste, du moins artiste de goût et bon exécutant.

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