DES BRODERIES OU FIORITURES
Nous avons démontré plus haut que la mélodie n'était autre chose que l'ornement raisonné de l'harmonie.
Examinons maintenant une autre espèce d'ornementation plus de'taillée, plus légère, qui est a la mélodie ce que celle-ci est à l'harmonie
Ces sortes de fioritures s'emploient a remplir les espaces vides du chant, produits par les mouvements lents.
La mélodie qui comporte le mieux les embellissements dont nous voulons parler est celle qui a pour but de plaire par sou caractère aimabje, fleuri., gracieux et dont l'accompagnement est léger et simple d'harmonie. Mais toute mélodie qui porte en elle un sentiment bien arrêté, soit profond., grave ou sérieux.) celle qui fait avec son accompagnement de l'harmonie compliquée,exclut, en partie, toute espèce d'ornementation.
13e là vient que la musique allemande, plus serrée d'harmonie que la musique italienne, se prête moins à la fioriture. A mesure que cet lu-, complication harmonique a gagné toutes les écoles modernes, l'ornementation est devenue plus rare, tandis que la mélodie ancienne, plus simplement accompagnée, s'y prête bien davantage.
Ces changements sont dus plus au progrès qu'à la mode. C'est à l'exécutant à accepter ces diversités de nuances, et à assouplir, son jeu avec habileté, en n'embellissant que la musique dont le caractère s'y prête: Cela est ime question de goût .
Or, le goût qui préside a l'arrangement de ces broderies doit être homogène avec celui qui a aidé à la citation d'une mélodie bien conçue. Trop généralement on croit que le goût, comme toutes les belies facultés de famé, échappe à l'analyse et qu'il suit en esclave les caprices de la mode., tandis qu'au contraire c'est lui qui la dirige.
Presque toujours la mode paraît en extravagante, grâce au défaut de goût de ceux qui l'exagèrent. Mais bientôt le goût, s'empara nt d'elle I» rend plus aimable e* la fait accueillir partout.
Nous avons dit de l'ordre qu'il était la reproduction des- mêmes choses placées à des distences égales; cela doit être la première règle de l'ornementation, c'est-à-dire que les groupes de même espèce doivent, autant que possible, être distancés d'une façon rationnelle. Ainsi, deux ornements compliqués et qui occuperaient la même étendue de notes du grave à l'aigu, ne peuvent se succéder immédiatement sans manquer au bon goût.
Il faut, en thèse générait», que le petit ornement succède au grand, le grand au petit et qu'ils se fassent mutuellement cette opposition., qui donne au style la variété désirable.
EXEMPLE
Ornementation trop charjféfi Préférable.
Chant simpl
Il faut excepter de celte règle les groupes échelonnés, soit en montant, soit en descendant, dont la progression exclut la mono tomie.
A. d agio
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En second lieu, l'ornementation ne doit occuper que les temps faibles ou la partie des temps faibles.
il faut éviter avec soin de trop compliquer la fioriture pour l'espace qu'elle occupe,, afin de ne pas être obligé de 1 exécuter avec, trop de précipitation. Le degré de vitesse à donner à la série de notes qui composent une broderie, ne doit guère dépasser le mouvement des roulades dans la vocalise.
Nos devanciers de la fin du dernier siècle multipliaient tellement la quantité de leurs petites notes, qu'ils avaient souvent de la peine a arriver à -temps pour reprendre la mesure. De nos jours, le goût s'est épurée on a compris que la sobriété était une des principales qualités dans la manière d'ornementer.
D'ailleurs., la pluspart des compositeurs moderne» écrivent leur musique telle qu'ils veulent qu'elle soit, exécutée. Cette précision, ne laissait rien d'arbitraire au goût de l'exécutant, lui 6 te la possibilité de dénaturer la pensée de l'auteur.
On a compris aussi que toutes les firmes gracieuses demandent un peu de lenteur dans Fachèvemént de leur* contours.
lin toutes choses se presser c'est manquer de grâce.- Prendre son temps est une des règles essentielles du gout,qui s'applique smfout au ^t)le de la mélodie.
Enfin, nous terminons ce chapitre en recommandant à l'élève d'apporter dans ces ornementations la gradation qui en soutient l'intérêt Ainsi lorsqu'un motif revient plusieurs fois dans le même adagio, on l'exposera d'abord dans toute sa simplicité pour en bien laite comprendre le dessin, ou augmentera peu à peu les fioritures chaque fois que le même chant se reproduira, comme il est dit an dernier article de la Méthode: de la gradation.
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