‹ Méthode dé̀quitation basée sur de nouveaux principes augmentée de documents inédits; de rapports officiels en faveur de làpplication de la méthode aux chevaux de troupesChapitre 28 sur 61 · LE RENDRE SAGE AU MONTOIR, ETC., ETC · texte numérisé non relu

LE RENDRE SAGE AU MONTOIR, ETC., ETC

Avant de commencer les exercices de flexions, îl est essentiel de donner au cheval une première leçon d'assujettissement et de lui faire connaître toute la puissance de l'homme. Ce premier acte de soumission, qui pourrait paraître sans importance» servira promptement à le rendre calme, conûant, à réprimer tous les mouvements qui détourneraient son attention et feraient obstacle au succès de notre commencement d'éducation.

Deux leçons d'une demi-heure suffiront pour obtenir l'obéissance préparatoire chez tous les chevaux ; le plaisir que Ton éprouvera à se jouer ainsi avec le cheval portera naturellement le cavalier à continuer cet exercice tous les jours pendant quelques minutes, et à le rendre aussi instructif pour le cheval qu'utile pour lui-même. Voici comment on s'y prendra : le cavalier s'approchera du cheval, sa cravache sous le bras, sans brusquerie ni timidité, il lui parlera sans trop élever la voix,

et le flattera de la main sur le chanfrein et sur l'encolure, puis, avec la main gauche, il saisira les rênes de la bride, à 16 centimètres des branches du mors, en soutenant le poignet avec assez d'énergie pour présenter autant de force que possible dans les instants de résistance du cheval. La cravache sera tenue à pleine main de la main droite, la pointe vers la terre, puis elle s'élèvera lentement jusqu'à la hauteur du poitrail pour en frap- J>er délicatement cette partie h une seconde d'intervalle* Le premier mouvement naturel du cheval sera de fuir en séloignant du côté opposé à celui où il ressentira la douleur. C'est par le reculer qu'il cherchera à éviter les atteintes. Le cavalier suivra ce mouvement rétrograde sans discontinuer toutefois la tension énergique des rênes de la bride, ni les petits coups de cravache sur le poitrail ; il les appliquera toujours avec la même intensité. Le cavalier devra rester maître de ses impressions,' afin qu'il n'y ait dans ses mouvements et dans son regard aucun indice de colère ni de faiblesse. Fatigué de ces effets de contrainte, le cheval cherchera bientôt par un autre mouvement à éviter la sujétion, et c'est en se portant en avant qu'il y parviendra; le cavalier saisira ce second mouvement instinctif pour l'arrêter et flatter l'animal du geste et de la voix. La répétition de cet exercice donnera des résultats surprenants même à la première leçon. Le cheval , ayant bien compris le

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moyen à l'aide duquel il peut éviter la douleur, n'attendra pas le contact de la cravache, il le préviendra en s'avancant forcément au moindre geste .

I^e cavalier en profitera pour opérer avec la main de la bride, par une force de haut en bas, l'affaissement de l'encolure et des effets de mise en main (1), il disposera ainsi de bonne heure le cheval pour les exercices qui doivent suivre. Ce travail, d'ailleurs très-récréatif, servira de plus a rendre le cheval sage au montoir, abrégera de beaucoup son éducation, et accélérera le développement de son in» telligence. Dans le cas où, par suite de sa nature inquiète ou sauvage, le cheval se livrerait à des mouvements désordonnés, on devrait avoir re~ cours au caveçon, comme moyen de répression, et l'employer par petites saccades. J'ajouterai qu'il faut une grande prudence et beaucoup de discernement pour s'en servir avec tact et modération.

(1 ) MM. les écuyers allemands ne verront pas- sans quelque surprisa la position affaissée que je fais prendre foroément à la tête et à l'encolure, tandis qu'ils recommandent exactement l'opposé. C'est ce qui prouve jusqu'à l'évidence que nous ne comprenons pas l'équilibre ni l'éducation du cheval de la même manière.

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