‹ Méthode des Grands Lavages Dans Le Traitement De L'Ophtalmie PurulenteChapitre 6 sur 32 · HISTORIQUE ET AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

HISTORIQUE ET AVANT-PROPOS

La méthode des cautérisations avec le nitrate d’argent réglée par Desmarres et ses successeurs a régné sans conteste jusque dans ces dernières années. Son efficacité incontestable, les insuccès de la méthode antiphlogistique pure, telle qu’elle était employée dans le traitement de la blennorrhagie uréthrale, avaient confirmé de nombreuses générations d’oculistes dans cette idée que le caustique lunaire, pour employer l'expression de Desmarres, était le spécifique de la purulence conjonctivale. Actuellement encore on peut dire que l'opinion de la généralité des médecins, n’a pas varié sur ce point.

Des tentatives nombreuses furent faites pour appliquer au traitement des uréthrites spécifiques, si voisines de la conjonctivite purulente par leur étiologie et leur évolution, les bienfaits de la médication caustique.

Loue

On sait que ces tentatives dirigées contre l'affection déclarée ont dû être abandonnées en raison des accidents d’obstruction du canal urinaire qu’amène la cautérisation. Force fut donc de s'adresser à des solutions faibles peu irritantes et parmi ces dernières le nitrate d'argent et le permanganate de polasse avaient acquis il y a plus de 15 ans déjà une réputation méritée.

Survint en 1881 la découverte du gonocoque par Neisser. L'agent virulent était connu, c'était un microbe que l’on devait chercher à atteindre avec des solutions antiseptiques tout en respectant des tissus vivants. Dans les années qui suivront, nous constaterons des tentatives nombreuses faites dans ce sens avec des microbicides divers et quelques oculistes, rares il est vrai, n’hésiteront pas à déclarer que les antiseptiques à dose faible employés dans le traitement des uréthrites, étaient suffisants pour guérir la blennorrhagie conjonctivale à la condition de les porter au contact de la muqueuse toute entière.

Bien avant la découverte de Neisser, l'utilité des lavages destinés à entraîner le pus qui séjourne entre ces paupières avait été reconnue. On se servait généralement de solutions légèrement astringentes qui étaient projetées entre les paupières avec une éponge et une seringue. Le traitement pouvait donc se résumer ainsi :

Dès le début, à la période de gonflement, applications de glace en permanence, antiphlogistiques sous forme de sangsues à la tempe.

Lorsque la purulence était manifeste, cautérisations soit avec le crayon pur où mitigé, soit avec des solutions concentrées de nitrate d'argent, répétées une, rarement

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