‹ Méthode élémentaire de plain-chant, à l'usage des séminaires, des chantres et organistesChapitre 23 sur 37 · SIX · texte numérisé non relu

SIX

De l'application des tous dit plain-cliaiit aiBX tons de Torsue*

(Pour l'îisage des organistes.)

78. L'orgue était autrefois accordé beaucoup plus bas que le ton d'orchestre. Il y avait à cet égard plusieurs systèmes. Le plus ancien et le plus singulier était celui de Vorgne lombard, en usage dans une partie de l'Italie, en Espagne et en Portugal, et qui consistait à accorder l'instrument une tierce mineure au-dessous du ton du diapason moyen.

Le second système était celui de Y orgue romain , accordé d'après les proportions canoniques des longueurs de tuyaux de 32 pieds, ou 16, ou 8, pour Vin grave de l'instrument. Celui-là, plus généralement en usage, constituait ce qu'on appelait le ton cC orgue , pour le distinguer de ton d'orchestre, plus haut d'environ un demi-ton-, il y a cinquante ans (1790), et maintenant plus élevé de plus d'un ton.

Insensiblement, les facteurs d'orgue ont été obligés de modifier les proportions des tuyaux, pour suivre le mouvement ascensionnel du diapason, et dans ces derniers temps, ils ont assimilé le ton de leurs instruments à celui de l'orchestre, en sorte que le to?i d'orgue a disparu.

79. Dans les anciens temps , l'organiste , se conformant à la tonalité du plain-chant, accompagnait ce chant par une harmonie non modulante, semblable à celle dont faisaient usage les compositeurs de messes et de motets, en l'ornant seulement de fioritures. Les oreilles , alors accoutumées à cette tonalité, et à l'harmonie qui en était la conséquence, ne trouvaient ni trop monotone une musique qui ne modulait pas, ni trop dures certaines cadences, dont nos habitudes de la tonalité moderne rendent aujourd'hui la préparation nécessaire.

80. Les conséquences de cette différence dans l'accompagnement du plamchant par l'organiste, étaient que certains tons n'étant jamais employés autrefois, les facteurs d'orgues ne faisaient point usage du tempérament dans l'accord de leurs instruments, rejetant toutes les imperfections de l'accord sur les notes des tons dont on ne se servait pas, et accordant d'une justesse absolue celles qui appartenaient aux tons du plain-chant. De là vient que les tons où il y avait beaucoup de bémols ou de dièses n'étaient pas jouables sur les anciennes orgues, et que la modulation y était en quelque sorte interdite.

Insensiblement, on a essayé d'appliquer la tonalité moderne à l'accompagnement du plain-chant sur l'orgue , et cet usage s'est étendu de jour en jour ; par suite de cet usage, l'accord tempéré de l'orgue a été adopté; en sorte que les règles prescrites autrefois pour l'accompagnement du chant par l'organiste ne peuvent plus être conservées , et que de nouvelles indications doivent être données pour opérer dans l'accompagnement et dans la modulation la fusion des deux tonaUtés, sans altérer toutefois la gravité du chant par de trop fréquentes transitions accidentelles.

81. Et d'abord, il est nécessaire de dire que les usages particuhers des églises et les genres de voix qu'on y trouve servent de règlespourlatransposition des tons du plainchant dans lestons de l'orgue. Ainsi, pour la commodité du chœur, on transporte souvent un ton plus haut, ou un ton plus bas, le ton réel du chant; sorte de transposition qu'il ne faut pas confondre avec celle qui est l'objet du chapitre précédent. Par exemple , h Paris, on transpose en général les pièces du premier ton en iit mineur , ou même en si mineur, au lieu de ré mineur, qui devrait être le ton de l'orgue. De même, le cinquième ton transposé, qui devrait répondre à ut majeur , se transpose en 5i bémol. Les usages à cet égard varient à l'infini. Je me souviens qu'à Saint-Pierre-de-Douay j'étais obhgé de donner le ton de fa dièse mineur à l'hymne Sacris solcnmisyi^om la commodité des chantres. Le diocèse de Paris est celui où il y a plus fréquemment perturbation dans l'analogie des tons du plain-chant avec ceux de l'orgue; en Belgique, au contraire , cette analogie est en général conservée.

82. Sauf les considérations particulières des localités , cette analogie s'établit de la manière suivante ;

1" tonduplain-chant, ton de l'orgue, jy' mineur.

2me

id. . . .

id. . .

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