‹ Méthode lexicologique. ABC du style et de la composition; petits exercices pour amener insensiblement les élèves à rendre leurs pensées; synonymie des mots; propriété des mots;Chapitre 41 sur 101 · LE JEU 0*ÉCHECS · texte numérisé non relu

LE JEU 0*ÉCHECS

Uélhe remplacera les mots en italique par leurs sj/nonymas^ de manière que le sens soit le moins possible altéré.

Un jeune prince très puissant régnait dans les Indes; il était d'une fierté qui pouvait devenir fatale à ses sujets et à lui-même. On essaya de lui faire entendre que la plus grande force d'un prince est dans Vamour de ses sujets; ces sages remontrances ne servirent qu'à attirer des châtiments sur ceux qui les lui avaient présentées. Un sage, dans le but de les lui faire accepter, sans toutefois s'exposer au même péril, inventa le jeu des échecs, oii le roi, quoique la plus considérable de toutes les pièces, est impuissant pour attaquer, et même pour se défendre, sans Vaide de ses sujets et de ses soldats. Le prince était né avec beaucoup d'esprit; il se fit lui-même l'application de cette leçon adroite, changea de conduite, et par là prévint les calamités qui le menaçaient. Dans sa gratitude, il abandonna au savant le choix de sa récompense. Celui-ci demanda qu'on lui remit autant de grains de blé qu'en pourrait produire le nombre des cases de l'échiquier, en doublant toujours depuis la première jusqu'à la soixante-quatrième; ce que le prince lui accorda sur l'heure et sans examen. Mais il se trouva par le calcul, que toutes les récoltes produites dans les vastes États de l'Inde n'auraient pas suffi à tenir l'en^^agement que le roi venait de contracter. Notre philosophe saisit alors l'occasion pour lui remontrer combien il importe aux rois de se tenii en défiance contre ceux qui les entourent, et combien ils doivent appréhender que Ton n'abuse de leurs plus généreuses intentions.

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