LES CORPS RONDS
Prenons pour modèle un corps rond cette fois, il nous donnera l’occasion d’une nouvelle série d’observations importantes.
Voici un petit pot en verre servant à rincer les pinceaux. Comparez bien entre elles toutes les courbes qu’il présente : la courbe du haut est très serrée (fig. 6), le
Fig. 7.
niveau de l’eau forme une courbe plus ouverte et enfin la courbe du bas affecte une forme encore plus arrondie. Prenez ce petit pot à la main, élevez-le jusqu’à ce que le bord supérieur soit au niveau de vos yeux, ce bord ne présentera plus qu’une ligne droite (fig. 7), la partie antérieure cachant exactement la partie postérieure. Mais le
Fig. 6.
niveau de l’eau sera encore un peu arrondi, — et plus encore la base du petit pot.
Élevez la main jusqu’à ce que le niveau de l’eau se trouve à la hauteur de vos yeux à son tour (fi g. 8). Dans ce cas c’est lui qui se présentera en ligne droite, le bord supérieur formera de nouveau une courbe, mais dont la partie antérieure sera plus élevée que la partie postérieure ; cette seconde partie n’est visible que grâce à la transparence du verre, dans un objet opaque elle ne se verrait pas. La base sera encore un peu arrondie. Si enfin cette base vient à la hauteur de vos yeux, elle apparaîtra à son tour en ligne droite (fig. 9), et les deux autres se
Fig. 8. Fig. 9.
verront en dessous, c’est-à-dire que leur partie antérieure sera plus élevée que leur partie postérieure.
Nous venons de constater ainsi une loi invariable et dont l’observation constante nous sera toujours indispensable pour mettre un dessin en place, à savoir : tout ce qui se trouve à la hauteur de nos yeux se présente en ligne droite et, si je ne craignais de paraître un émule du célèbre M. de La Palice, j’ajouterais : tout ce qui se trouve plus haut que nos yeux se voit en dessous, tout ce qui se trouve plus bas que nos yeux se voit par le dessus.
Ne riez pas. Je soupçonne que plus d’une fois vous me donnerez occasion de rire à mon tour en vous trouvant en
1. U est bien entendu qu'.l ne s'agit ici que des objets placés d’aplomb.