LA SANTE
Enfin ! Vous voilà déjà debout. — M'attendez-vous depuis longtemps?' — Depuis une heure au moins. — Veuillez m'excuser, j'ai mal dormi la nuit passée ; je ne me sens pas trèsbien. — Vraiment! Qu'est-ce que vous avez donc? — Je ne sais pas moi-même : depuis plusieurs jours j'ai souvent mal à la tête et quelques accès de fièvre. — Mais ordinairement vous êtes en très-bonne santé; avez-vous de l'appétit? — Non, je mange, mais je n'ai pas d'appétit. — Il faut consulter un médecin. — Je l'ai fait, mais jusqu'ici ce qu'il m'a prescrit ne m'a pas soulagé. — Que vous a-t-il donc ordonné?
— D'abord il m'a fait prendre des pillules de quinine, et après quelques jours, il m'a écrit une ordonnance que j'ai fait exécuter chez le pharmacien ; malgré tout cela aucune amélioration ne s'est produite. — Quel est le médecin que vous avez consulté ? ■ — Le médecin de notre famille, le Dr. Herbault. — C'est le même qui a soigné ma mère. — Comment va Mme. votre mère maintenant? — Elle va beaucoup mieux, je vous remercie. — Est-elle encore obligée de garder le lit? — Oh! non, elle peut se lever et même sortir un peu dans le jardin quand il ne fait pas froid. — Je suis bien aise d'apprendre qu'elle est presque complètement rétablie. Mais à propos de malades, avez-vous entendu parler de Mr. Dumas, savezvous comment il va? — Oh ! il ne va pas mieux du tout ; il n'y a pour lui aucun espoir de guérison. — Vraiment ! alors il restera aveugle? — C'est du moins ce que pense le médecin qui le traite. — Comment sa maladie a-t-elle commencé? — Mr. Dumas a toujours eu mal aux yeux depuis son enfance.
— Pourquoi ne cousulte-t-il pas le Dr. Paulet, qui est un spécialiste pour les maladies des yeux et qui a fait des cures merveilleuses. — Je ne sais pas s'il l'a consulté ou non : je
le lui demanderai. — Vous sentez-vous assez bien pour sortir maintenant? — Oui, mon mal de tête s'est dissipé. — Alors partons.