‹ Méthode pour l'enseignement de la langue francaise dans les écoles BerlitzChapitre 42 sur 87 · LES NOUVELLES · texte numérisé non relu

LES NOUVELLES

Savez-vous la nouvelle ? — Quelle nouvelle ? — Mr. Durocher vient de se marier. — Pas possible ! Et avec qui donc ? — Devinez. — Comment voulez-vous que je devine? — Eh bien, je vais vous le dire. Connaissez-vous Melle Blanche Duvernois? — La fille du Dr. Duvernois? — Elle-même. — Vous ne voulez pas me faire croire que Mr. Durocher a épousé Melle Duvernois? — Mais si. — Voyous, me prenez-vous pour un autre ? — Je vous assure que c'est l'exacte vérité. — Quoi ! Mr. Durocher, ce célibataire endurci, cet ennemi juré du sexe ! Incroyable ! — Incroyable, mais vrai, mon cher. Voici comment c'est arrivé : Le Docteur et sa fille sont allés, l'été dernier, passer quelques semaines dans les Montagnes blanches, et sont descendus au même hôtel que Mr. Durocher. Vous savez que Melle Duvernois est jolie ; vous savez qu'elle est riche ; on dit avec cela qu'elle est très-aimable : en faut-il donc plus pour charmer un homme. — Mais Mr. Durocher avait déjà rencontré plus d'une jeune fille riche, jolie et aimable. — Oui, mais elles avaient une mère. — Que voulez-vous dire ? — Que jusque-là Mr. Durocher ne s'était pas marié par antipathie pour les belle-mères ; or Mr. Duvernois est veuf, comprenez-vous maintenant. — Peut-être. Puisque vous paraissez si bien informé de tout, dites-moi donc ce qu'il y a de nouveau en politique? — Ne lisez-vous pas les journaux? — Je ne les ai pas lus depuis 15 jours; je viens de la campagne. — Eh bien, le candidat démocrate a beaucoup de chances pour être nommé gouverneur. — Je ne suis pas de votre avis ; cet état a toujours donné une grande majorité aux candidats républicains. — Oui, mais il y a eu un revirement d'opinion. — Pas aussi considérable que vous le prétendez. — Je vous assure que si. — Il vaut mieux ne pas discuter là-dessus nous ne nous entendrions jamais. — Je crois, en effet que c'est préférable. Mais on m'a parlé d'un grand sinistre maritime; qu'est-ce donc? — Le steamer " Roumania " a fait naufrage près des côtes d'Irlande. — Quelle est la cause de l'accident? — Ce steamer a été abordé par un grand voi-

lier ; le choc, paraît-il, a été terrible, car 5 minutes après l'abordage le "Roumania" sombrait, engloutissant avec lui 800 passagers. — C'est horrible ! Et tous les passagers se sont noyés? — Non, l'équipage de l'autre navire a réussi à en sauver 350. C'est d'ailleurs la semaine des accidents, car j'ai lu ce matin dans le journal qu'un train de voyageurs avait déraillé et que 10 vagons avec 150 personnes avaient été précipités dans un ravin. Le nombre des morts est de 55 et les 95 autres voyageurs sont tous plus ou moins blessés. — C'est épouvantable! Dans quelle anxiété doivent se trouver ceux qui avaient quelques parents ou amis dans ce train ! — On dit qu'une mère voyageant avec ses 4 enfants est devenue folle en retrouvant leurs cadavres au milieu des décombres. — Quel malheur ! Mais parlons de choses moins tristes. Savez-vous ce qu'est devenu Pierre Prévost? — Je ne saurais vous dire ; il y a un siècle que je ne l'ai vu. — Tiens, voilà Auguste, excusez-moi, j'ai besoin de lui dire deux mots.

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