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Méthode pour tirer les bombes avec succès

Quoiqu’il soit constant que la théorie jointe à la pratique forment le plus haut point pour atteindre à la perfection des arts, néanmoins l’expérience m’a fait connaître que la théorie était d'une très petite utilité dans l’usage des mortiers.

, Le livre de M. Blondel nous a décrit avec assez de justesse ..la distance des lignes p8raboliques,sclou les différents degrés d’élévation du quart de cercle, mais la pratique a démontré qu’il n’y a aucune théorie dans les effets de la poudre ; car m’étant attaché à pointer les mortiers avec toute l’exactitude possible conformément é ces calculs, je h’ai jamais pu établir aucun fondement sur IcnCs principes.

Je ne prétends pourtant pas avancer que si les bombes se trouvaient toutes d'un poids égal; que si l’on ponvnK tous les coups donner le même arrangement à la poudre, et qUe la plate-forme fût si solide, qu’elle ne change, At jamais de situation, que l’on ne pût se servir utilement de fa théorie;

■ F.Tiiori: rouK Timn ici loiiois. I

MéTHOÜE

mais il arrive un si grand nombre d’inconvénients , tant dans la manière de charger les mortiers, que dans les différents poids des bombes, et dans la qualité des poudres, que le plus habile et expérimenté des bombardiers ne peut pas répondre de tirer trois coups de suite avec justesse , s’il ne prend;les précaution ci-après , qu'une longue pratique m’a fait découvrir.

Je commencerai par faire connaître tous ces inconvénients, lesquels je divise en trois classes, en faisant consister huit dans la bombe, treize dans le mortier et quatre dans la poudre. Traitant d’abord de ceux de la bombe, je dirai :

1° Qu’elles diffèrent de poids entre elles, parce qu’étant coulées chacune séparément dans des chapes, il s’y fait toujours quelque altération, soit en recuisant ces chapes, soit en recuisant le noyau, qui est ce qui 'en réserve le vide , lequel noyau se trouve quelquefois plus gros, d’autres fois plus petit, soit parce que la gueuse est coulée quelquefois fort chaude et par conséquent fort liquide , et d’autres fois moins chaude et plus épaisse , ce qui dépend du temps sec ou humide , et qui fait que des bombes faites dans le même fourneau et par les mêmes ouvriers diffèrent communément de 15 livres en poids les unes aux autres.

2° Parce que les chapelets qui soutiennent le noyau ne sont pas toujours si égaux qu’ils ne soient plus longs ou plus courts les uns que les autres de quelques lignes , d’où provient que la bombe se trouve plus riche de mëtail d'un côté que de l'autre , défaut qui la fait dériver en l’air du côté qu’elle pèse le plus, comme serait une boule chargée de plomb en roulant.

POCR TIABR LES BOMBES.

'■ 3” ‘La différente situation des onses de la bombe qui ne se mettent qu’à l’estime de l’œil de l’ouvrier, et qui étant de quelques lignes plus près ou plus éloignées du centre de la bouche ,de la bombe, lui nuisent dans la route par la résistance de l’air qui est plus ou moins graïuk, selon les différentes positions des anses. , , . >

4° Parce qu’il se trouve très souvent des soufflures ou ' cavités dans le métail , ce qui change l’équilibre de la bombe, et que l’air entrant dans ces cavités lorsqu’elles se trouvent en dehors (ce que l’on entend par le sifflement qu’elle fait), cela retarde la route de la bombe. ,i

5° Parce que' les moules ou chapes se gerçant souvent an feu en séchant, causent des. coutures et inégalité sur la superficie de la bombe. • , . j ;i i: I .

' 6" Parce que le noyau se trouve quelquefois situé ou trop avant ou trop en arriére, ainsi réserve le vide ou' trop avant ou trop en arrière, ce qui en change la proportion et l’équilibre. .. ... i

70 Parce que les fusées qu’on met dans la bombe ne pouvant être faites avec assez de justesse pour qu’elles n’aient qu’un pouce'de saillie (comme il serait à désirer), il n’arrive' que trop souvent que les unes ne sortent que de demi-pouce, les autres de 8 lignes, les autres d'un pouce, d’autres de 15 lignes et les autres, de 2 pouces;., de manière que., selon leurs différentes longueurs, elles font en l’air de différents effets auxquels l’on ne peut remédier, quelque application qu’oii y 'apporte, parce qu’une fusée étant chassée à son point, né peut être poussée plus avant, de crainte qu’elle ne

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