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Méthode-pratique pour faire le catéchisme

Eq publiant, il y a quelques années, un pelit ouvrage intitulé ; Méthode pratique pour faire le Catéchisme , nous n'avions pas l'inlention de donner une explication du Catéchisme, mais seulement d'indiquer les moyens qu'on peut employer pour faire passer dans l'intelligence et surtout dans le cœur des enfants , les vérités les plus importantes de la Religion. C'est pour cela que nous nous étions borné à prendre pour base les quatre premières leçons du Catéchisme de Belley et de Lyon , qui renferment un abrégé de ce qu'il faut croire sur les perfections de Dieu , sur la création , sur le péché originel, sur les mystères de la sainte Trinité , de l'incarnation , de la rédemption du genre humain . Pour fixer l'attention des enfants sur des vérités si relevées et si peu propres, ce semble, à les captiver, nous avons cherché à les intéresser par des comparaisons en quelque sorte prises autour d'eux et dans le foyer domestique, par des paraboles et des faits historiques, par des raisonnements simples mis à leur portée, et qui leur persuadent que la doctrine chrétienne est moins difficile à comprendre qu'ils ne se l'imaginent ordinairement.

Cette méthode n'a rien de nouveau sans doute pour beaucoup de Catéchistes expérimentés : c'était celle que suivait et que conseillait Fénélon , celle

que suivaient les saints Pères dans leurs homélies , mais particulièrement celle que suivait le grand modèle des Catéchistes, N.-S. J.-C. ; car l'Evangile dit qu'il instruisit ses Apôtres et tous ceux qui l'entouraient par de nombreuses paraboles , sine parabolis non loquebatur illis. Math. 13, Si. Docebat eos z'n parabolis miiltis. Marc. 4, 2.

La rapidité avec laquelle se sont écoulées en peu de temps plusieurs éditions de notre ouvrage a pu nous persuader qu'il était de quelque utilité; nous avons dû être conGrmé dans cette idée par les demandes réitérées qui nous ont été faites dans notre diocèse et ailleurs de donner suite à cette manière d'expliquer le Catéchisme, et d'en faire l'application aux autres parties de la doctrine chrétienne.

Nous avons hésité jusqu'à présent pour répondre à ce vœu , soit parce que nous étions absorbé par d'autres occupations, soit parce que nous sommes persuadé qu'on ne parvient à se faire comprendre aux enfants que par des répétitions multipliées , répétitions qui faites de vive voix au milieu d'eux , en forme de conversation , leur sont agréables et les intéressent, mais qui, mises par écrit, deviennent fastidieuses. Cependant, plusieurs instances nouvelles nous ayant été faites , nous nous sommes déterminé à donner l'explication de la partie du Catéchisme qui traite de la grâce , des sacrements et de la prière , parce que c'est celle qui présente le plus de difficultés, qui est la moins connue, et que les fidèles ont plus d'occasion et d'obligation de mettre en pratique.

Conformément à la marche que nous avons suivie dans la première partie (1) , nous conseillons d'employer une demi-heure à faire réciter la lettre du Catéchisme , en suivant la méthode des frères. Quand on s'est assuré que les enfants savent bien la lettre d'une ou deux demandes, si ces demandes ne sont pas bien difficiles, il est à propos de savoir l'idée que les enfants se sont faite de la réponse, soit d'après leur intelligence^ soit d'après les idées qu'ils ont reçues dans leurs familles ou à l'école ; l'initiative de la réponse venant d'eux , ne fût-elle pas bien exacte, on la rectifie plus aisément et ils retiennent mieux les explications qu'on leur a données ; quand au contraire les demandes sont difficiles , on commence par en donner une explication bien claire et bien courte ; après cela il faut se hâter d'interroger les enfants pour savoirs'ils ont compris : on s'adresse d'abord aux plus intelligents et successivement à ceux qui sont plus faibles ; mais nous regardons toujours comme essentiel , infiniment essentiel , que le Catéchiste parle peu , qu'il fasse parler beaucoup les enfants et les fasse reprendre les uns par les autres.

Nous pensons qu'il est très utile de faire la récapitulation du Catéchisme précédent, de remonter même à des leçons antérieures pour lier ensemble toutes les parties de la doctrine chrétienne. Les

(J) Nous ne la rappelons ici que fort brièvement. Nous conseillons de la lire dans noire premier ourrage oiXcUe est développée plus au long.

explications données anlérieurement mûrissent dans la tête des enfants pourvu qu'on y revienne plusieurs fois.

On trouvera peut-être que nous mettons quelquefois dans' la bouche des enfants des réponses qu'ils ne sont pas capables de faire ; nous pouvons assurer que nous avons rencontré beaucoup d'enfants , môme parmi ceux qui ne savent pas lire , qui nous ont fait les réponses que nous indiquons ; mais au reste quand on craint que les enfants ne puissent pas répondre , le remède est facile : le Catéchiste peut prendre les réponses que nous supposons données parles enfants, pour texte de la petite allocution qu'il fera et d'après laquelle ensuite il les interrogera ; c'est surtout dans les premiers jours de Catéchisme qu'il faut prendre ce parti, parce que les intelligences sont moins développées, au lieu qae plus tard on observe des progrès sensibles, soit par un effet de leurs réflexions , soit par les souvenirs des conversations qu'ils ont entendues, soit spécialement par les lumières que Dieu leur donne , quand ils ont soin de les demander avec ferveur et qu'ils ont l'àme pure. On ne fait peut-être pas assez d'attention à l'action de la grâce dans l'enseignement de la Religion , on le regarde trop comme une espèce de mécanisme où la mémoire joue le principal rôle.

On pourra nous dire que notre manière de faire le Catéchisme demande beaucoup d'attention et beaucoup de préparation: beaucoup d'attention, oui sans doute, il faut bien connaître les enfants,

les classer selon leur degré d'instruction et (Wnlelligence , les encourager beaucoup et faire en sorte qu'ils se forment des idées justes sur les vérités de la Religion ; à l'égard de la préparation , elle est plus nécessaire qu'on ne croit communément : feu Mgr. Borderie , prédicateur distingué , mort Evêque de Versailles, s'était acquis une réputation par sa manière de faire le Catéchisme ; pendant qu'il était vicaire à Paris dans la paroisse de St-Thomasd'Aquin , les personnes âgées venaient avec empressement pour l'entendre : il fut appelé un jour pour remplir une autre fonction qui devait avoir lieu à l'heure du Catéchisme, il pria un de ses confrères de le remplacer et lui indiqua les sources où il pourrait puiser pour se préparer; son confrère parut étonné qu'on l'engageât à faire cette préparation, se croyant suffisamment instruitpour donner aux enfants les explications nécessaires. « Je ne doute pas de votre instruction , répondit M. Borderie, mais je crois nécessaire de prévoir ce qu'il est à propos de dire pour intéresser les enfants ; sans cela le Catéchisme languit, il faut faire des efforts de mémoire qui ne sont pas toujours heureux ; j'en ai fait l'expérience et c'est ce qui me détermine à la préparation que je fais et que je vous prie de faire ; elle n'est pas nécessaire pour expliquer le Catéchisme d'une manière savante , vos connaissances Ihéologiques suffiraient pour cela , mais pour se mettre à la portée de ces jeunes intelligences dont les imaginations sont volages , les idées frivoles , les impressions vives, on a<besoin de quelque chose

de plus ; le grand art est de mettre à profit les défauts de Vase et de fournir un aliment à leur euriosité , à leur sensibilité , et c'est l'effet que produisent les comparaisons , les traits historiques et les applications morales qu'on emploie et qu'il faut prévoir. »

Nous sommes tenté de regarder comme un temps perdu la peine qu'on prend de citer des textes de l'Ecriture et des saints Pères , pour prouver aux jeunes enfants que telle vérité est de foi ; que J.-C . a institué tel sacrement à telle époque : c'est ce qui nous a déterminé à supprimer ces citations et toutes discussions , à moins qu'elles ne soient formellement indiquées dans la lettre du Catéchisme , et même alors nous insistons peu, réservant celte manière d'instruire plus profonde pour les Catéchismes de persévérance : ce qui nous tient à cœur, c'est d'apprendre aux enfants ce qu'ils doivent croire comme catholiques, et les conséquences pratiques qu'il en faut tirer pour remplir leurs devoirs de chrétien.

On pourrait nous demander dans quelle source il faut puiser pour suivre la marche que nous indiquons : le premier mot de noire réponse est qu'il faut puiser dans son cœur, dans son expérience, dans les lumières de l'Esprit-Saint. Nous trouvons beaucoup de textes et de raisonnements savants dans le Catéchisme dit de Montpellier , mais nous le croyons au-dessus de la portée des enfants. Le Catéchisme de la Persévérance, par M. Gaume, a une destination particulière qu'il est propre à rem-

plir, en inspirant une grande idée de la Religion aux personnes déjà instruites et qui veulent donner à leur instruction un plus grand développement ; il en est de même de l'Explication du Catéchisme de Genève j par M. Duclot.

Les Projets d'instruction, en 4 vol. par un prêtre du diocèse de Ghambéry , renferment une mine féconde : c'est l'ouvrage dans lequel nous avons trou\é le plus d'indications de raisonnements , de traits historiques et de comparaisons propres à fixer l'attention des enfants ; mais il faut l'étudier et faire un choix. Le Catéchisme de Couturier est plein d'idées pieuses et morales exprimées avec onction, mais il a peu de comparaisons et de traits historiques ; l'explication du Catéchisme du Mans, inédit. , en 4 volumes, par M. Guillois, est celui qui renferme le plus de traits historiques et le plus de notions analogues aux circontances présentes. Le Catéchisme dont la méthode nous a toujours fait le plus grand plaisir, c'est celui qui est intitulé Instructions de Constance , ou vulgairement Catéchisme de Constance, en 4 volumes, qui a eu un très grand succès au commencement du 19*^ siècle. Il nous semble cependant que le développement donné par le Catéchiste est trop long pour que les enfants puissent le retenir et faire toutes les réponses qu'on leur met dans la bouche ; c'est ce qui nous a déterminé à ne donner que des explications courtes qui n'aient qu'un seul objet, et à recommander après chaque explication , quoique très courte, d'interroger plusieurs enfants pour s'assurer

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qu'ils ont compris. On peut consulter, avec beaucoup de profit, le Pasteur apostolique, V£jcpUcation du Catéchisme de Bourges qu'on vient de réimprimer, avec celledu Catéchisme deV Empire, parM. la Sausse. Il y a peu de temps que deux ouvriers s'entretenaient sur la religion en travaillant : il y en avait un qui était plus instruit et qui mettait ses connaissances en pratique ; l'autre négligeait ses devoirs religieux, ce que lui reprochait amicalement le premier , en lui disant qu'il ne connaissait certainement pas sa religion et que c'était pour cela qu'il la négligeait. — Tu te trompes , répondit celui-ci , je sais parfaitement mon Catéchisme , et la preuve c'est que j'étais toujours le premier que mon Guié interrogeait à l'époque de ma première communion . — Mais pourquoi donc n'approches-tu pas des sacrements surtout à Pâques ? tu es bon père de famille , tu ne vas pas au cabaret, la pratique de la religion te consolerait, ferait plaisir à ta femme et serait utile à tes enfants. — Veux-tu que je te dise la vérité? c'est que je n'ai jamais rien compris au Catéchisme et à la Religion : j'apprenais des mots i3t rien de plus; M. le Curé s'égosillait pour nous les expliquer sans nous faire aucune question sur ce qu'il avait dit pour s'assurer que nous l'avions compris , il finissait presque toujours par ces paroles : c'est bien cela, mes enfants, n'est-il pas vrai? Noi'S répondions oui, sans savoir ce que nous disions : depuis que mon fils et ma fille se préparent à faire leur première communion , ils parlent entr'eux des explications qu'on leur donne au Catéchisme et

qu'on leur fait répétci- ; je les écoute sans faire semblant de rien, et j'apprends beaucoup de choses que j'ignorais entièrement.

Que de chrétiens pourraient tenir le même langage ! il suffit de les voir à la messe sans livre , sans

. 11.1 ' remuer les lèvres, sans se mettre a genoux a i élévation , pour comprendre que s'ils ont la foi elle est bien languissante; mais s'est surtout après avoir reçu la sainte communion que cela paraît davantage, quand ils sortent de l'église immédiatement après avoir reçu la sainte hostie, sans faire d'action de grâces; ce qu'ils ne feraient certainement pas, s'ils comprenaient bien ce qu'ils peuvent attendre de la précieuse faveur qu'ils viennent de recevoir. Aussi quoique notre explication soit destinée aux personnes qui font le Catéchisme , nous ne serions pas éloigné de croire qu'on pourrait en faire la lecture dans les familles pendant les soirées d'hiver, comme on assure que la chose est faite avec fruit pour la première partie où nous expliquons les mystères.

Pour la facilité des Catéchistes, nous avons cru devoir insérer chaque Leçon du Catéchisme avant de l'expliquer ; nous avons numéroté chaque demande aûn qu'on puisse la retrouver facilement quand on l'adresse aux enfants. Les demandes devant lesquelles il n'y a pas de chiffre, sont des sous-demandes qui servent au développement.

Nous recommaudons chaque jour de Catéchisme de faire réciter alternativement V Oraison dominicale, la Salutation angélique ,\& Symbole des Apôtres, les Actes de foi , d'espérance , de charité et de contrition

par un enfant seul, bien haut et distinctement ; c'est le moyen le plus sûr pour accoutumer les enfants â réciter ces prières intégralement et avec intelligence; quand ils les récitent en commun, ils vont trop vite, tronquent beaucoup de mots et passent quelquefois leur vie toute entière sans comprendre ce qu'ils disent. Nous ne croyons pas exagérer en tenant ce langage : il y a beaucoup de personnes âgées, à la campagne surtout, qui ne savent pas comme il faut ces prières et ces actes de première nécessité. Ce sont les jeunes gens plutôt que les filles que nous conseil- Ions d'employer pour les réciter, parce qu'ils ont la voix plus forte et se font mieux entendre. Lorsqu'on en trouve quelques-uns qui s'acquittent mal de cette commission, il faut les engager à s'exercer devant une personne charitable , et au bout de quelque temps, les charger encore de faire ces prières tout haut: cette mesure engagera plusieurs autres à se préparer d'avance.

Quand il n'y a qu'un seul Catéchisme pour les deux sexes , il faut mettre les garçons vis-à-vis des garçons et les filles vis-à-vis des filles; nous préférerions môme qu'on mit tous les enfants vis-à-vis la chaire, sur des bancs destinés aux garçons et aux filles séparément. Pour nous faire mieux comprendre, nous croyons devoir reproduire ici le second tableau que nous avons placé dans la première partie où nous indiquons notre pensée plus au long et indiquons la manière de prendre des notes sur les réponses des enfants.

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