‹ Méthode-pratique pour faire le catéchismeChapitre 59 sur 74 · SUR LE SACREMENT DE L^EXTRÊME-ONCTION · texte numérisé non relu

SUR LE SACREMENT DE L^EXTRÊME-ONCTION

Après le cantique d'' Invocation , V Oraison dominicale, la Salutation angélique , Je confesse à Dieu , etc. , on fait réciter les Leçons seizième , dix-septième et dix-huitième.

Le C. : Vous savez, mes chers enfants, que j'aime à lier le catéchisme du jour présent avec le précédent, atin que l'un ne vous fasse pas oublier l'autre, comme cela arrive quelquefois. Nous avons dit que le sacrement de pénitence renfermait trois choses essentielles : la contrition, la confession et la satisfaction. Je désirerais savoir quelle est la plus essentielle de ces trois choses. Voyons, qui me répondra ?

( Plusieurs se lèvent; l'un dit : c'est la confession ; l'autre : c'est la satisfaction , c'est l'examen. )

Le C. : Au milieu de tant de réponses différentes y je ne puis pas bien discerner quelle est l'opinion générale. Répondez-moi, François : quelle est la chose la plus essentielle dans le sacrement de pénitence?

R. M., c'est la contrition.

Le C. : Pourquoi crojez-vous quelle est la plus essentielle ?

R. Parce qu'on ne peut pas obtenir le pardon de ses péchés sans la contrition.

Le C. : Ce que vous dites est vrai ; cependant il y a une raison plus forte et plus tranchante. L^apercevez-vous, Joseph?

R. Il me semble qu'il ne peut pas y en avoir de plus forte.

Le C. : Qu'en pensez-vous , Antoine ?

R. M. , le Gros-Pierre me disait qu'on pouvait aller au ciel sans se confesser et sans faire pénitence , mais qu'on ne pouvait pas y aller sans contrition.

Le C. : Ce que vous dites-là, mon cher Antoine , est scandaleux. Comment, vous croyez qu'on peut aller au ciel sans se confesser , quand on est en péché mortel ?

R. Oui, M. , on peut y aller sans se confesser, pourvu qu'on ait la contrition parfaite.

Le C. : Cela commence à s'éclaircir un peu , cependant pas assez. N'avez-vous rien à ajouter ?

R. J'ajoute encore deux choses : qu'il faut avoir la volonté de se confesser.

Le C : Vos réponses ne sont pas si nettes qu'à l'ordinaire. Voyons, Clotilde : combien y a-t-il de choses nécessaires dans le sacrement de pénitence?

R. Il y en a trois : la contrition, la confession et la satisfaction.

Le C. : Quelle est la chose la plus nécessaire dans ce sacrement ?

R. C'est la contrition , parce que rien ne peut la remplacer.

Le C. : Si on est en péché mortel et dans l'impossibilité de se confesser, peut-on èlre sauvé ?

R. Oui , en faisant un acte de contrition parfaite.

Le C. : Si on est en péché mortel et dans l'impossibilité de faire sa pénitence, peut-on être sauvé ?

SACREMENT DE L'exTRÊME-ONCTION'. 401

R. Oui , parce qu'on pourra faire pénitence en purgatoire.

Le C. : Si on est en péché mortel et dans l'impossibilité de faire un acte de contrition , peut-on être sauvé ?

R. Non, parce que Dieu ne pardonne que les péchés dont on a la contrition dans ce monde. Il n'est plus temps de se repentir après la mort.

( Voilà trois questions bien importantes qu'il faut faire à plusieurs enfants, pour que tous comprennent bien que la contrition est absolument nécessaire, et que rien ne peut la remplacer.)

Le C. : Quel est de toutes les confessions que nous faisons dans cette vie , la plus importante ? Voyons , qui va me répondre ?

( Aussitôt plusieurs se lèvent et disent que c'est la confession de la première communion. )

Le C. : Pourquoi cette confession est-elle la plus importante ?

R. Parce qu'on nous a dit que c'était de cette confession que dépendaient toutes les autres.

Le C. : Je conviens que quand on n'a pas bien fait sa confession de première communion , on commet un grand crime ,. on se rend indigne de toutes les grâces du bon Dieu. L'âge des passions arrive, et on fait sottises sur sottises ; plus on en fait , plus on s'enfonce dans le bourbier ; plus on est enfoncé , plus il est difficile de s'en sortir. Cependant, peuton dire qu'il n'y a plus de remède? N'y a-t-il pas des enfants , qui à ré[>oque d'une retraite, d'un mariage , se convertissent sincèrement ?

Vous seriez embarrassés de me répondre, mes chers enfants ; mais je vous assure, par expérience, qu'il y a des personnes qui se convertissent même après avoir fait une mauvaise première communion. Voyons, Clotilde, est-il facile de se convertir quand on a fait une mauvaise première communion ?

R. M., il me semble que cela est très difficile , parce qu'on a fait un énorme sacrilège , qu'on s'est privé des grâces du bon Dieu,

Le C. : Je conviens que cela est difficile, mais cela est-il impossible ?

R. Il me semble que non , M. , parce que tant que nous sommes dans ce monde , nous pouvons nous convertir.

Le C. : J'aime bien votre réponse , M. E. Oui , tant que nous sommes dans ce monde, nous pouvons nous convertir. Cette réponse est un acheminement pour répondre à la nouvelle question que je vais faire. Quelle est donc de toutes les confessions la plus importante , celle après laquelle il n'y a plus de remède?

R. Trois enfants se lèvent et disent que c'est celle qu'on fait au moment de la mort.

Le C. : Je suis bien content que vous ayez trouvé cette réponse ; et alors je vais faire les mêmes questions à plusieurs.

(Tous répondentàpeu près de la même manière.)

Le C. : Que penseriez-vous d'une mère qui donnerait toute sorte de remèdes à son fils , et qui ne voudrait pas qu'on lui parlât de confession, quoique bien malade, dans la crainte de lui faire de la peine ?

R. Je penserais que cette mère aime mieux le corps que l'âme.

Le C. : Que voulez-vous dire par là ?

R. Je veux dire qu'elle cherche à sauver le corps de son enfant et non à sauver son âme.

Le C. : Quand on fait des remèdes pour sauver le corps , est-on assuré de réussir ?

R. Non certainement, il arrive souvent que les remèdes tuent. L'autre jour, nous avions un voisin bien malade ; deux médecins sont appelés : l'un commandait une saignée , l'autre un vésicatoire , et en attendant, le malade mourut au premier coup de lancette.

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Le C. : En est-il de même des remèdes de Tâme ?

R. Non, M., les remèdes de l'âme guérissent tous ceux qui veulent en faire un bon usage.

Le C. : Que penseriez-vous d'une femme qui se dirait fort attachée à son mari, et qui le verrait mourir tranquillement sans se confesser ?

R. Je dirais que cette femme n'a point de foi, point de religion, point d'attachement pourson mari.

Le C. : Si son mari lui avait recommandé de no pas faire appeler un prêtre quand il serait malade?

R. La position de cette femme serait bien embarrassante.

LeC. : Si son mari lui avait dit de ne faire venir aucun médecin ou de ne lui donner aucun remède, que ferait-elle ?

R. Elle aurait recours à ses parents et à ses amis pour le faire changer de résolution.

Le C. : Ne pourrait-elle pas employer les mêmes moyens pour le déterminer à se confesser ?

R. Elle le pourrait certainement, et elle le devrait pour sauver son mari des peines de l'autre vie.

Le C. : Si le médecin lui disait : Je sauverai votre mari de la maladie , pourvu que vous ne lui parliez pas de confession.

R. Celte pauvre femme serait bien embarrassée, mais il n'y a aucun médecin capable d'un pareil crime , ce serait pire qu'un assassinat.

Le C. : Pourquoi dites-vous pire qu'un assassinat?

R. Parce qu'un assassin n'ôte que la vie du corps, que nous perdons tons un peu plus tôt un peu plus tard, au lieu que le médecin qui empêche de se confesser ôte la vie de l'âme qui est éternelle.

(Dans ce moment il se fait un mouvement dans le premier banc des filles qui est ordinairement très calme. ]

Le C. : Qu'est-ce que c'est donc qui vous agite , mes enfants ?

R. Joséphine rapporte qu'un médecin de son quartier, avait assuré qu'il sauverait le malade si on ne lui parlait pas de confession ; on ne lui en

f)arla pas et le malade mourut pendant la nuit : tout e monde dans le quartier était indigné contre U médecin ; on disait que c'était un impie , qu'i ne méritait aucune confiance.

Le C. : Si on avait parlé de confession à ce jeune homme et qu'il fût mort, on n'aurait pas manqué de dire que c'était la confession qui l'avait tué.

R. C'est bien ce que tout le monde disait : certainement la confession n'aurait pas avancé sa mort.

Le C. : Ce jeune homme avait-il de la religion ?

R. Il avait tant de religion, qu'on est persuadé que s'il s'était confessé, il aurait été plus content, les remèdes auraient agi plus efficacement.

Le C. : Dans cette circonstance le médecin étak beaucoup plus coupable. Mais croyez-vous, mes enfants , que même les impies voient de sang froid les approches de la mort? Je pourrais vous citer un médecin qui faisait profession ouverte d'impiété : au moment de la mort il fut assisté par M. de Maccharty, célèbre prédicateur , qui l'excitait à rentrer en lui* même. 11 répondit : je suis trop coupable, moucher abbé, pour que Dieu me pardonne; je donnerais tout au monde pour avoir mené une vie innocente comme vous. C'est M. de Maccharty lui-même qui m'a raconté le fait ; vous en souviendrez-vous, mes enfants, je vous le demanderai prochainement. Maintenant je vous demande si vous croyez que la confession accélère le moment de la mort ?

R. Je crois que non, parce que la confession rend l'ame plus contente.

Le C. : Avez-vous une preuve de cela?

R. Nous en avons la preuve par expérience, mais l'autre jour vous nous avez raconté l'histoire d'un officier de cavalerie , qui ne se possédait pas de joie après s'être confessé au P. Brydaine.

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Le C. : Je suis bien content que vous vous souveniez de cette histoire : l'avez -vous racontée dans vos familles ?

R. Moi , je l'ai racontée à mon oncle , qui est un [vieux soldat , et qui m'a dit avoir éprouvé la même chose ; il m'assure que plusieurs de ses camarades avaient fait la môme expérience. Et il ajoutait : si ioous faisions pour le bon Dieu tout ce que nous avons fait pour l'empereur , nous serions tous des saints.

Le C. ; Outre la confession , qui est si nécessaire au moment de la mort , n'est-on pas obligé de recevoir un autre sacrement, Joseph?

R. Pardonnez' moi, M., il faut aussi recevoir le saint viatique.

Le C. : Qu'est-ce que le saint viatique?

R. C'est la sainte communion.

Le C. : Pourquoi l'appelle-t-on viatique ? On l'appelle viatique comme qui dirait , une provision de voyage: cette provision est d'autant plus précieuse, jue c'est N.-S. J.-C. lui-même qui la fournit. Vous savez , mes enfants, qu'au moment de la mort, nous allons tous paraître devant J.-C. pour être jugés shacun selon nos œuvres. Or, convenez qu'on paraît m tribunal de J.-C, avec plus de confiance , quand )n a le bonheur de le recevoir comme nourriture dans son lit de mort.

( Faites quelques questions sur tout cela. Ne manquez pas de faire observer qu'il n'est pas nécessaire d'être à jeun en recevant le saint viatique , 3t que c'est la différence de cette communion avec es autres qu'on est tou jours obligé de recevoir à jeun . )

Le C. : 1. D. Qu'est-ce que l'extrême- onction ?

R. L^extrême-onetion est un sacrement , etc.

Le C. : 2. D. Quel est le soulagement spirituel que 'extrême-onction procure aux malades ?

R. 1® Elle achève de les purifier , etc.

Le C. : Au moment de la mort, mes chers enfants, nos forces s'affaiblissent et celles du démon augmentent d'autant; il fait son possible pour nous décourager , surtout si nous avons vécu peu chrétiennement; nous avons besoin, par conséquent, de grâces particulières pour ces derniers moments de la vie. Or, c'est pour cela que ce sacrement a été institué. Il augmente en nous la grâce sanctifiante si nous l'avons déjà. Tl peut même effacer les péchés mortels que nous aurions oubliés.

(Faites quelques questions aux enfants sur cela , afin de développer dans leur esprit les heureux effets que produit dans l'âme ce sacrement. )

Le C. : 3. D. Quel est le soulagement corporel que Textrême-onclion procure aux malades?

R. Elle contribue à leur rendre la santé , etc.

Le C. : Oui, mes enfants, il arrive souvent qu'après avoir reçu l'extrême-onction , les malades se trouvent mieux. On attribue ce changement à l'effet des remèdes , tandis qu'il est quelquefois l'effet du sacrement. On rapporte qu'un homme fort riche, à qui il en coûtait beaucoup de mourir quoiqu'il eût de la religion , refusait toujours de recevoir l'extrême-onction , parce que, disait-il, quand on a reçu ce sacrement il n'y a plus de remède, il faut mourir. Quelqu'un lui rappella cette demande du catéchisme : Quel est le soulagement corporel que l'extrême-onction procure aux malades? et la réponse : Elle contribue à leur rendre la santé. Eh bien , dit-il , je suis disposé à recevoir l'extrême-l onction quand on voudra ; il la reçut et il guérit. Cependant, mes enfants, en recevant ce sacrement il laut toujours avoir le désir de recevoir la santé de l'âme plutôt que celle du corps.

( Faites quelques questions sur tout] cela pour fixer l'attention des enfants. )

LeC. : k. D. Par qui le sacrement de l'extrêmeH onction doit-il être conféré ?

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R. Il ne peut être conféré que par les prêtres.

( Faites observer que ce sont ÂIM. les curés ou les vicaires de la paroisse qui doivent donner l'extrême-onction. )

Le, C. : 5. D. Pourquoi le prêtre qui confère ce sacrement fait-il des onctions sur différentes parties du corps des malades ?

R. C'est pour obtenir de Dieu , etc.

Le C. : Nous offensons Dieu par nos regards, en jetant les yeux sur des objets indécents; par nos oreilles , en écoutant de mauvais discours, des médisancesetc. ; par notrelan^ue, en tenant nous-mêmes de mauvais discours, en disant des mensonges, etc.; par les narines, en respirant des odeurs sensuelles ; par notre bouche, en faisant des excès dans le boire et le manger ; par nos mains , en prenant le bien d'autrui ou faisant des choses mauvaises ; par nos pieds , en allant dans des lieux défendus.

C'est pour nous faire souvenir de ces différentes manières d'offenser Dieu , que l'Eglise fait des onctions particulières sur chacun de nos sens. Pour entrer dans les vues de l'Eglise, il faut faire des actes de contrition sur toutes les fautes particulières commises par chacun de nos sens. Il y a beaucoup de Sersonnes pieuses qui n'attendent pas le moment e la mort, pour faire des actes de contrition particuliers , de tous les péchés commis par chacun de leurs sens.

Le C. : 6. D. Dans quelles dispositions faut-il être pour recevoir l'extrême-onction ?

R. Il faut, 1° s'il est possible, etc.

Le C. : Vous dites s'il est possible , est-ce qu'il ne faut pas toujours se confesser avant de recevoir rextrôme-onclion ?

R. nie faudrait bien, mais on ne le peut pas toujours, parce que souvent la maladie prive de l'usage de la parole.

Le C. : Est-ce qu'on ne peut pas donner l'absolution aux malades qui ne peuvent pas parler? Pardonnez-moi , mes enfants , on la donne par précaution , mais c'est une absolution bien hasardée, parce qu'elle ne peut-être utile qu'autant que le malade a la contrition de ses péchés; c'est pourquoi il faut entretenir les malades dans des sentiments de foi, de confiance, d'amour, de résignatiofi qui les disposent à recevoir utilement l'absol u tion et l'extrême-onction , quand même ils auraient perdu la connaissance.

Le C. : L'extrême- onction est-elle un sacrement des vivants? qui va me répondre ?

R. Plusieurs se lèvent et disent que c'est un sacrement des vivants.

Le C. : Oui, mes enfants , c'est un sacrement des vivants , il faut être en état de grâce pour recevoir ce sacrement avec fruit; cependant , si on avait un

{)éché mortel sur la conscience qu'on eût oublié, 'extrême-onction l'effacerait.

( Faites quelques questions aux enfants sur cela etsurce qui précède, afin deles accoutumer de bonne heure à attacher un grand prix à ce sacrement, soit pour eux-mêmes, soit pour leurs parents. )

Le C. : 7. D. Faut-il attendre, pour recevoir l'extrême-onction , que l'on soit à la dernière extrémité ?

R. Non , il faut la recevoir, etc.

Le C. : Pourquoi relire-t-on plus de fruit de l'extrême-onction quand on reçoit ce sacrement avec connaissance? Parce qu'on a soin d'unir ses prières avec celles du prêtre et de faire des actes de contrition, qui nous assurent de plus en plus le pardon de nos péchés. C'est ce qui arriva à Louis xiv , qui voulut recevoir ce sacrement avec toute sa connaissance , et répondre aux prières que récite le prêtre en l'administrant. Un autre motif qui doit nous en-

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gager à ne pas attendre les derniers moments pour recevoir l'extrême-onction , c'est qu'en différant , on s'expose à ne pas la recevoir du tout, et à être privé des grâces qui sont si précieuses dans les derniers moments de la vie.

( Faites répéter aux enfants les motifs qui doivent empêcher d'attendre les derniers moments. Insistez sur l'exemple de Louis xiv , un des plus grands rois qui aient gouverné la France. )

Le C. : Mes chers enfants , il n'est aucun de vous qui n'ait entendu parler de Bonaparte, qui n'était d'abord que simple officier dans l'armée, et qui par sa valeur devint un des plus vaillants guerriers dont l'histoire fasse mention. Il devint empereur, et remporta les plus éclatantes victoires sur tous les rois de l'Europe ; si bien qu'il disposa successivement de plusieurs couronnes en faveur de sa famille. La prospérité l'aveugla , au point qu'il crut pouvoir faire arrêter le Pape et s'emparer de Rome et des biens de l'Eglise. On a observé que depuis cette époque, c'est-à-dire en 1810, ses affaires étaient toujours allées en déclinant. En 1812, il avait réuni l'armée la plus forte et la plus redoutable qui eût jamais existé : il part pour faire la conquête de la Russie ; mais la Providence suscite un froid rigoureux et inattendu qui fait périr la majeure partie de son armée. On vit des compagnies entières de grenadiers mourir de faim et de froid. J'ai connu un officier, qui, voyant des soldats qui mangeaient une eau bouillie, offrit cinq francs de chaque cueillerée ; on ne lui en laissa prendre que deux. A la suite de ce désastre , Bonaparte donna sa démission ; il fut envoyé en exil dans l'île de Ste-Hélène; et là, après avoir médité longuement sur la frivolité des grandeurs humaines, il tomba malade et demanda que les sacrements lui fussent administrés ; son médecin ayant souri en lui voyant tenir ce langage, il le regarda d'un œil sévère

et lui dit : Vous autres médecins , vous êtes pour la plupart matérialistes, parce que vous ne brassez que de la matière ; pour moi je suis catholique, et je veux mourir en catholique. Il mourut en effet danscesbonnesdispostionsetlaissaungrandexemple du respect qu'il faut avoir pour la religion, surtout au moment de la mort. Je vous engage, mes enfants, à vous en souvenir.

Demain nous réciterons la seconde et la dix-neuvième Leçon de la quatrième partie du catéchisme. Dites les actes de foi , (ï espérance et de charité , et Je confesse à Dieu tout-puissant , etc. ; chantez le cantique : La mort toujours peut nous surprendre , p. 39.

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