D. Pourquoi disons-nous que Dieu est notre père
R. Ce n'est pas seulement parce qu'il nous a créés , mais principalement parce qu'il nous a adoptés en Jésus-Christ, en nous rendant , par le baptême , les membres de son fils unique et les cohéritiers de sa gloire.
8. D. Pourquoi Jésus-Christ veut -il que nous disions Jiotre père plutôt que mon père ?
R. C'est pour nous avertir que nous sommes tous frères , et que nous devons tous prier les uns pour les autres.
9. D. Pourquoi ajoutons-nous qui êtes aux deux'? R. C'est pour nous exciter à élever nos esprits et
nos cœurs vers le ciel , où Dieu manifeste sa gloire avec plus d'éclat, et où nous espérons être réunis à
10. D. Que demandons -nous à Dieu par ces paroles : Que votre nom soit sanctifié ?
R. Nous lui demandons qu'il soit connu, aimé et servi par nous et par tous les hommes, et que tout contribue à sa gloire.
11. D. Que demandons-nous à Dieu par ces paroles ; Que votre règne arrive P
R. Nous lui demandons qu'il règne dans nos cœurs par sa grâce , et qu'il nous fasse régner éternellement avec lui dans la gloire.
12. D. Que demandons-nous à Dieu par ces paroles : Que votre- volonté soit faite en la terre comme au ciel ?
R. Nous lui demandons la grâce de nous soumettre en toutes choses à sa volonté , et de lui obéir sur la terre , comme les Anges et les Saints lui obéissent dans le ciel.
13. D. Que demandons-nous à Dieu par ces paroles : Donnez-nous aujouviThui notre pain de chaque jour ?
SLR l'oraiso?? domlmcale. 445
R. Nous le prions de nous accorder chaque jour tout ce qui nous est nécessaire pour la vie de l'àme et du corps.
14. D. Que demandons-nous à Dieu par ces paroles : Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceiur qui nous ont offensés?
R. Nous le prions de nous pardonner nos péchés , comme nous pardonnons au prochain les offenses et les injustices qu'il peut nous avoir faites.
15. D. Que faut-il donc penser de ceux qui ne pardonnent pas de tout leur cœur lesoffenses qu'on a commises à leur égard ?
R. Qu'ils prononcent eux-mêmes leur condamnation toutes les fois qu'ils récitent l'oraison dominicale.
16. D. Que demandons-nous à Dieu par ces paroles: Ne nous induisez point en tentation?
R. Nous demandons à Dieu quMl ne permette pas que nous soyons tentés ; ou que , s'il le permet , il nous soutienne dans la tentation , et nous empêche d'y succomber.
17. D. Que demandons-nous à Dieu par ces paroles : Délivrez-nous du mal?
R. Nous demandons à Dieu de nous délivrer du démon, du péché, de nos mauvais penchants, et de tous les maux qui seraient un obstacle à notre salut.
SUR l'oratson dominicale.
Après le cantique d'' Invocation, VOmison dominicale et la Salutation angélique récités par un seul et distinctement , on fait réciter les leçons vingtdeuxième et vingt-troisième selon la méthode ordinaire ; vous ferez ensuite une récapitulation de la leçon vingt-unième , en faisant les principales demandes et les observations qui étaient plus propres à fixer l'attention des enfants. Qu'est-ce que la prière mentale et vocale? est-ce un grand honneur pour nous de pouvoir parler à Dieu dans la prière? comment peut-on prier toujours comme le recommande N.-S. J.-C. ? comment faut-il prier ? que faut-il demander avant tout ? vaut-il mieux prier en commun ?
Le C. : \. \). Quelle est la meilleur prière que nous puissions adresser à Dieu ?
R. C'est l'oraison, etc.
Le C. : 2. D. Pourquoi l'oraison dominicale estelle la meilleure prière que nous puissions adresser à Dieu?
R. C'est 1" parce que J.-C. , etc.
Le C. : Joséphine, n'avez- vous pas des heures de prière pour aller â la messe et à vêpres ?
R. Pardonnez-moi, M. : quand on a le bonheur de savoir lire , on est bien aise d'avoir un livre pour soutenir son attention et sa dévotion.
Le C : Avez-vous encore d'autres livres de piété ?
R. Oui , M. , j'en ai plusieurs et particulièrement l'Ame élevée à Dieu , l'Ame embrasée et quelques
SLR l'oraison dominicale. 4V7
autres livres du même genre , qui sont bien jolis , qui excitent bien à la dévotion.
Le C. : Pourriez-vous me dire qui est-ce qui a fait vos heures et les livres de piété dont vous me parlez ?
R. On m'a dit que l'Ame élevée à Dieu était du P. Baudrand, jésuite; pour les heures je ne lésais pas, ce sont les Evoques qui les publient.
Le C. : Tous les auteurs de ces livres sont des hommes : et l'oraison dominicale , qui est-ce qui Ta faite?
R. C'est N.-S. J.-G. vrai Dieu , vrai homme.
Le C. : Il y a donc une grande différence entre les auteurs de vos livres de piété et l'auteur de l'oraison dominicale ?
R. Oui, M., la différence est bien grande, et j'avoue que je n'y avais pas fait attention.
Le C. : Je vous sais bon gré de cet aveu, il pourrait être fait par beaucoup d'autres qui récitent cette prière par habitude et sans en pénétrer le sens. Une personnne qui ne sait pas lire, mais qui possède bien l'oraison dominicale est aussi heureuse que celles qui ont les plus beaux livres de piété. C'est pourquoi je vous invite, mes chers enfants, à faire beaucoup d'attention à tout ce que dit le Catéchisme sur l'oraison dominicale ; je ne donnerai pas beaucoup d'explications , parce que je ne les crois pas nécessaires ; mais je désire ardemment que votre cœur se nourrisse bien des paroles qui composent l'oraison dominicale, et que vous les prononciez lentement et fervemment. Récitez l'oraison dominicale.
( Faites-la réciter à plusieurs, et faites des questions sur les auteurs des livres de piété , et l'auteur de l'oraison dominicale; il pourrait être utile de demander aux enfants l'idée qu'ils se sont faite de cette prière , soit d'après la lecture du Catéchisme , soit d'après ce qu'ils ont entendu dire à l'école ou dans leur famille. )
Le C. : k. J). De combien de parties l'oraison dominicale est-elle composée ?
R. Elle est composée , etc.
Le C. : 5. D. Quelle est la préface ?
R. Elle est renfermée, etc.
Le C. : Pourquoi l'oraison dominicale commencet-elle par ces paroles : Notre père ?
R. C'est pour nous exciter à la confiance , etc.
Le C. : On rapporte qu'une bonne femme de la campagne était si touchée de ces premières paroles , qu'elle s'en occupait sans cesse, et souvent ne pouvait pas aller plus loin ; l'idée que Dieu était son père, qu'il l'aimait comme son enfant, qu'il voulait la faire participer à son bonheur l'absorbait entièrement. Je vous embarrasserais peut-être, mes enfants, si je vous demandais combien de fois pendant votre vie vous avez fait attention à ces paroles ? Faites-y plus attention à l'avenir.
7. D. Pourquoi J.-C. veut-il que nous disions notre père et non pas mon père ?
R. C'est pour nous avertir, etc.
Le C. : Par conséquent tous tant que nous sommes ici, nous sommes enfants du même père, nous devons nous aimer et nous secourir comme des frères.
8. D. Pourquoi ajoutons-nous qui êtes aux cieux'i R. C'est pour nous exciter, etc.
Le C. : Marin , pourquoi les arlisants , par exem-
Îde les charrons , les maréchaux et autres , travailent-ils toute la journée et quelquefois toute la nuit comme des malheureux ?
R. M. , c'est afin de gagner de quoi vivre.
Le C. : Pourquoi les cultvateurs supportent-ils le froid et la chaleur ?
R. C'est pour recueillir les fruits et les moissons qui doivent les récompenser de leurs travaux.
Le C. : Eh bien, mes enfants, l'oraison dominicale nous rappelle que Dieu est dans le ciel afin d'encou-
SUR l'oraison dominicale. 449
rager nos travaux , nos sacrifices , et de nous faire souvenir que nos prières et nos peines trouveront leur salaire , leur moisson , leur récompense dans le ciel.
Le C. : 9. D. Que demandons-nous à Dieu par ces paroles : Que votre nom soit sanctifié ?
R. Nous demandons qu'il soit connu, etc.
Le C. : Charles , que faut-il penser de celui qui le matin a dit ces paroles : Que votre nom soit sanctifié et qui toute la journée jure , blasphème et mêle le saint nom de Dieu aux paroles les plus indécentes ou les plus impies ?
R. M. , je pense qu'il a bien tort et qu'il est bien coupable.
Le C. : Oui , M. E. , il a tort , il est bien coupable, et malheureusement il y a beaucoup de chtétiens, surtout parmi les artisants et les cultivateurs, qui se livrent à ces excès. Faites-y attention, mes enfants, et reprenez-vous les uns les autres , lorsqu'il y en a qui se livrent à des jurements : ce désordre règne surtout parmi les garçons. Mais voyons : que fautil penser des filles qui ont dit le matin : Que votre nom soit sanctifié , et qni ensuite donnent de mauvais exemples, ont de mauvaises fréquentations, s'habillent d'une manière indécente, prononcent même quelquefois des jurements? Qu'en dites-vous, Claire?
R. M. , je ne voudrais dire du mal de personne.
Le C. : Sans doute, il ne faut pas dire du mal, mais approuvez -vous cette conduite ?
R. Non , M. , Dieu m'en préserve.
Le C. : 10. D. Que demandons-nous à Dieu par ces paroles : Que votre règne nous arrive , Nicolas ?
R. Nous lui demandons qu'il règne, etc.
Le C. : Désirent-ils le règne de Dieu dans leur cœur ceux qui sont avares, ceux qui sont débauchés, ceux qui sont haineux ?
R. Non, M. , ces sentiments déréglés ne peuvent pas régner avec la grâce de Dieu.
450 XXXIV. JOUR DE CATÉCmSME.
Le C. : Désirent-ils le ciel, ceux qui ne s'occupent que de la terre , qui vivent comme s'ils ne devaient jamais mourir ?
R. Non , M. , ils ne pensent pas au ciel et malheureusement il y en a beaucoup qui sont comme cela.
Le C. : Oui, malheureusement il y en a beaucoup ; tâchons de ne pas en augmenter le nombre.
11. D. Que demandons-nous à Dieu par ces paroles : Que votre volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel , Marin ?
R. Nous lui demandons la grâce de nous soumettre, etc.
Le C. : Si les Anges étaient sur la terre , désobéiraient-ils à leurs père et mère? manqueraient-ils la messe le dimanche ? travailleraient-ils les jours défendus ?
R. Non certainement : ils observeraient tous les commandements de Dieu et de l'Eglise.
Le C. : Oui, mes enfants, si nous voulons accomplir la volonté de Dieu comme les Anges, il faut observer exactement les commandements de Dieu et de l'Eglise ; mais cela ne suffit pas : il faut nous souvenir que Dieu veille sur nous, qu'il n'arrive rien sans sa permission, et alors il faut nous résigner à toutes les souffrances , à toutes les persécutions , à toutes les contradictions qui nous arrivent comme venant de Dieu et pouvant nous conduire à Dieu. Croyez-vous cela bien facile, T-ouise ?
R. Cela n'est pas facile humainement , mais avec le secours de la grâce nous pouvons pratiquer toutes les vertus.
Le C. : C'est très bien. 12. D. Que demandonsnous à Dieu par ces paroles : Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien 1
R. Nous lui demandons de nous accorder, etc. Le C. : Qu'est-ce qui nous est nécessaire pour la vie du corps ?
SUR l'oraison DOMIMCàLE. 4ûl
R. Nous avons besoin de la nourriture et des \êteraents.
Le C. : Faut-il attendre que Dieu nous donne tout cela sans rien faire ?
R. Non, M., il faut travailler comme si tout dépendait de nous, et ensuite il faut se confier au bon Dieu.
Le C. : C'est très bien. Qu'est-ce qui nous est nécessaire pour la vie de Tàme ?
R. Ce qui nous est nécessaire , c'est la grâce du bon Dieu.
Le C. : De quelle manière pouvons-nous obtenir la grâce?
R. Nous l'obtenons parles sacrements et la prière.
Le C. : Quel est le sacrement qui nous procure plus de grâces, et qu'on peut appeler le pain quotidien ?
R. Le sacrement qui nous procure plus de grâce , c'est la sainte eucharistie qui renferme J.-C . l'auteur et la source de toutes les grâces.
Le C. : Quel est le grand obstacle à la grâce ?
R. Le grand obstacle à la grâce c'est le péché.
Le C. : 13. D. Que demandons-nous à Dieu par ces paroles : Pardonnez-nous nos offcmes comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ?
R. Nous le prions de nons pardonner, etc.
Le C. : On peut regarder ces paroles comme un acte de contrition quand elles sont prononcées du fond du cœur, et avec une sincère douleur de ses péchés ; cependant il est à propos de faire un acte plus formel et plus détaillé ; mais il ne faut pas ouîilier la condition à laquelle J.-C. attache notre pardon , c'est â condition que nous ne conserverons de rancune contre personne , que notre cœur sera plein de charité pour le prochain.
Le C. : H. D. Que faut-il penser de ceux qui ne pardonnent pas de tout leur cœur les offenses qu'on a commises à leur ésrard ?
4o2 XXXIV. JOUR DE CATÉCHISME.
R. Qu'ils prononcent , etc.
Le C. : 15. D. Que demandons à Dieu par ces paroles: Ne nous induisez pas en tentation?
R. Nous demandons à Dieu qu'il ne permette pas, etc.
Le C. : Les tentations nous viennent du démon qui cherche toutes les occasions pour nous faire tomber dans le péché ; il se sert pour cela des mauvaises compagnies, des mauvais discours , des mauvais exemples, des mauvais livres, des parties de plaisirs ; il se sert aussi de nos passions, de l'inclination que nos avons pour le mal. Le bon Dieu nous laisse exposés aux tentations, pour nous faire pratiquer la vertu, la vigilance , la pénitence, l'humilité, la foi, l'espérance, la charité, etc.; ce sont les sacrifices que nous faisons, qui nous procurent du mérite et la récompense du ciel ; comme nous avons à craindre notre faiblesse, nous demandons à Dieu d'éloigner ces dangers ou de nous accorder beaucoup de grâces pour les surmonter.
Le C. : 10. D. Que demandons-nous à Dieu par ces paroles : Délivrez-nous du mal ?
Le C. : Nous demandons à Dieu qu'il nous délivre , etc.
Le C. : Après avoir demandé la grâce d'être préservés des tentations qui sont si nombreuses et si dangereuses, comme il arrive souvent que nous succombons plus ou moins , ou que nous sommes dans la crainte et l'incertitude, nous nous hâtons de demander à Dieu qu'il purifie notre âme et la délivre du mal qu'elle pourrait avoir contracté ; mais nous demandons aussi d'être délivrés de tous les malheurs temporels et spirituels, et particulièrement du péché qui est le plus grand de tous les maux.
( Faites des questions aux enfants sur toutes les demandes de l'oraison dominicale pour les accoutumer à la prononcer avec plus d'attention , plus
SUR l'oraison dominicale. 453
d'intelligence et plus de fruit. Ne manquez pas de dire aux enfants qu'il vaudrait mieux savoir moins de prières et s'accoutumer à dire l'oraison dominicale lentement. Faites-leur observer, ce qui n'est que trop vrai , que c'est de toutes les prières que nous faisons celle qui fixe le moins notre attention et qui remue le moins notre cœur ; qu'il arrive même souvent qu'on retranche des mots et qu'on change le sens des paroles : c'est pour éviter cet inconvénient, que nous avons recommandé tous les jours de faire réciter l'oraison dominicale par un seul enfant et bien distinctement. 11 est bon de choisir plus particulièrement ceux qui ne savent pas lire et qui emploient cette prière plus souvent que les autres. On rapporte qu'un évêque ayant demandé à une jardinière si elle savait quelque prière, elle répondit qu'elle n'en savait qu'une. Et laquelle, dit le prélat? C'est, dit-elle, l'oraison dominicale qui me suffit pour méditer le malin, le soir, pendant la messe, pendant mon travail. Craindriez-vous, dit Monseigneur, de me faire part de la manière dont vous la récitez? Oh I non, répondit naïvement la jardinière , ce que je dis au bon Dieu, je puis bien vous le dire , à vous ; et aussitôt elle récite l'oraison dominicale avec des explications équivalentes à celles que nous avons données. C'est ce qu'on appelle le Pa/er de la jardinière, qu'on trouve dans la Journée chrétienne et dans plusieurs autres livres de piété.
Demain , mes enfants , nons reviendrons sur l'oraison dominicale , et nous expliquerons la vingtquatrième Leçon , sur la Salutation angélique. Récitez l'une et l'autre prière , Régis , mais lentement et bien distinctement ; chantez le cantique sur les vertus théologales : Sans hésiter et d'une foi soumise j p. 113.
4o4 XXXV. JOUR DE CATÉCHIS3IE.
LEÇON VEXGT-QUATRIEME
DE LÀ IV™e PARTIE DU CATÉCHISME DE BELLEY.
Sur la Salutation angélique.
1. D. Quelle est la prière la plus autorisée dans l'Eglise pour honorer et invoquer la Sainte Vierge?
R. C'est la prière qu'on appelle la Salutation angélique , ou VJve , Maria.
R. Je vous salue , Marie , etc.
3. D. Pourquoi appelle-t-on cette prière la Salutation angélique ?
R. Parce qu'elle commence par les paroles que l'Ange Gabriel adressa à la Sainte Vierge pour la, saluer , et lui annoncer qu'elle allait devenir la Mère de Dieu.
4. D. Qu'entendez-vous quand vous dites que la Sainte Vierge est pleine de grâces et bénie entre toutes les femmes?
R. J'entends que Dieu a rempli la Sainte Vierge de toutes sortes de grâces dans un degré qui n'appartient à aucune autre créature.
5. D. Que signifient ces paroles : Jhm le fruit de vos entrailles est béni?
R. Ces paroles signifient 1° que la grandeur de Marie consiste principalement à être la Mère de Jésus-Christ qui est Dieu, béni dans tous les siècles; 2° que Jésus-Christ est la source de toutes les bénédictions dont la Sainte Vierge elle-même a été remplie.
6. D. Que demandons-nous à la Sainte Vierge par ces paroles : Sainte Marie , mère de Dieu, liriez pour nous, etc.?
R. Nous lui demandons d'employer sa puissante intercession auprès de Dieu pour nous obtenir la grâce de vivre et de mourir saintement.
7. D. Devons-nous avoir beaucoup de dévotion à la Sainte Vierge, et beaucoup de confiance dans son intercession ?
R. Oui : tous les chrétiens doivent honorer avec un grand respect la Sainte Vierge , et recourir avec une grande confiance à son intercession.
8. D, Sur quoi est fondée celte dévotion et cette confiance ?
R. Elle est fondée principalement sur le pouvoir que lui donne sa qualité de mère de Dieu.
9. D. N'y a-t-il pas quelques abus à éviter dans la dévotion à la Sainte Vierge?
Oui : 1° il faut éviter de l'égaler à Dieu et à Jésus- Christ en la regardant comme la source des grâces que nous recevons ; 2° il ne faut pas croire qu'en observant les pratiques extérieures établies pour l'honorer , on puisse être sauvé sans se mette en peine de vivre selon l'Evangile.
Après le cantique d'' Invocation , la récitation de VOraison dominicale et de la Salulation angélique faite par un seul bien distinctement, il faut faire réciter les vingt-deuxième et vingt-troisième Leçons à bâton rompu, comme on dit, en faisant des questions à droite et à gauche, sans beaucoup d'ordre ; en faisant reprendre les enfants les uns par les autres, en leur faisant donner les explications qui ont été faites
4o6 XXXV. JOUR DE CATÉCHISME.
dans le dernier catéchisme. Après avoir fait cela pendant demi-heure ou trois quart-d'heure, faites réciter la vingt-quatrième Leçon selon la méthode ordinaire.
Le C. : 1. D. Quelle est la prière la plus autorisée dans l'Eglise pour honorer et invoquer la Sainte Vierge ?
R. C'est la prière qu'on appelle, etc.
Le C. : 2. D. Récitez la Salutation angélique.
(Faites-la réciter à plusieurs bien lentement. )
Le C. : ^. D. Pourquoi appelle-t-on cette prière la Salutation angélique?
R. Parce qu'elle commence, etc.
Le C. : Pourriez-vous me dire en quoi consiste le péché originel , Eugène ?
R. Oui , M. , c'est le péché que nos premiers parents commirent dans le paradis terrestre en mangeant du fruit défendu.
Le C. : Quelles furent les suites de cette désobéissance ?
R. A la suite de cette désobéissance, ils furent chassés du paradis terrestre.
Le C. : Cette punition ne fut-elle que pour eux?
R. Elle fut aussi pour toute leur postérité.
Le C. '. Après avoir exercé sa justice sur eux en les chassant du paradis, n'exerça-t-il pas sa miséricorde en leur faisant des promesses ?
R. M. , je ne saurais pas dire.
Le C. : Et vous, Antoine , pourriez-vous répondre à cette question?
R. Oui , M. , lorsque Adam et Eve furent chassés du paradis terrestre , Dieu leur promit un Sauveur.
Le C. : Comment leur fit-il cette promesse?
R. Il maudit le serpent qui les avait entraîné dans le mal et lui annonça qu'une femme lui écraserait la tête.
Le C. : Et de quelle manière cette femme devaitelle lui écraser la tête ?
R. La femme devait écraser la tête du serpent en mettant au monde un Sauveur.
Le C. : Et quelle est la femme que Dieu a choisie pour mettre au monde le Sauveur des hommes?
R. C'est la Sainte Vierge.
( Il faudrait faire ces mêmes questions à plusieurs enfants pour leur faire mieux comprendre la place que la Sainte Vierge occupe dans la rédemption du genre humain. )
Le C. : De quelle manière la Sainte Vierge futelle avertie qu'elle était destinée à devenir la Mère du Sauveur? Elle en fut avertie par un Ange du premier ordre, par Tarchange Gabriel, qui lui adressa ces paroles : Je vous salue, pleine de grâces., le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes. Il est dit dans l'Evangile que la Sainte Vierge fut troublée en entendant ces paroles. Elle fut troublée parce que l'Ange avait la forme d'un homme , et qu'aucun homme étranger ne pénétrait dans sa chambre ; elle fut troublée parce que les paroles qu'on lui adressait pouvaient flatter l'amour propre, ce qui blessait son humilité. L'Ange lui dit de ne pas se troubler parce qu'elle avait trouvée grâce devant Dieu , et qu'elle mettrait au monde un fils qu'elle appellerait Jésus , c'est-à-dire Sauveur. Que cet enfant serait grand et Fils du Très-Haut.
( Faites raconter ces particularités à quelques enfants et répéter à un Je vous salue , etc. )
Le C : Pourquoi appelle-t-on cette prière la Salutation angélique ?
R. Parce qu'elle commence par les paroles, etc.
Le C. : Ces premières paroles étant descendues du ciel, ayant été prononcées par un Ange, nous devons les adresser à Marie avec respect et avec confiance, persuadés qu'elles lui seront agréables. Il serait à désirer que nous prissions l'habitude de prononcer les mêmes paroles toutes les fois que
nous apercevons une image de la Sainte Vierge. Il y a (les personnes qui le font non pas toujours de bouche, mais du fond du cœur, dont la Sainte Vierge pénètre les dispositions. Cette habitude serait-elle bien pénible , Julie?
R. Non, M., il n'y a que quatre mots : Je vous sahc 31arie , c'est bientôt dit.
Le C. : Mais, en disant ces paroles, que devrait-il y avoir dans le cœur?
R. Il devrait y avoir des sentiments analogues ; c'est-à-dire des sentiments de respect, de soumission, de désir ardent de mériter la protection de la Sainte Vierge.
Le C. : Et comment peut-on mériter la protection de la Sainte Vierge ?
R. Ce ne peut être qu'en imitant les vertus dont elle nous a donné l'exemple.
Le C. : De quelles vertus nous donne-t-elle l'exemple au moment où elle est saluée par l'Ange?
R. Elle nous donne l'exemple de l'humilité et de la crainte des compliments qui flattent notre amour propre.
Le C. : 4. D. Qu'entendez-vous quand vous dites que la sainte Vierge es? pleine de grâces et bénie entre toutes les femmes'!
R. J'entends que Dieu à rempli , etc.
Le C, : Joséphine, quand est-ce que nous recevons la grâce sanctifiante pour la première fois ?
R. M., c'est en recevant le baptême que nous recevons la grâce sanctifiante.
Le C. : La Sainte Vierge avait-elle reçu le baptême lorsque l'Ange lui apparut.
R. M. , je n'oserais pas répondre à cette question, parce que je ne le sais pas.
Le C. : G'estbien, M. E. , il ne faut répondre que ce que l'on sait. Mais voyons : qui est-ce qui a institué le baptême?
R. C'est N.-S. J.-C. qui a institué tous les sacrements.
Le C. : N.-S. J.-C. n'existait pas encore quand l'Ange vint saluer Marie et lui annoncer qu'elle en serait la Mère. Ce n'est donc pas le baplême qui remplit de grâces la Sainte Vierge. Ces grâces lui furent accordées d'une manière extraordinaire au moment où elle fut conçue. Voilà pourquoi nous célébrons la fêle de l'immaculée Conception.
( Faites quelques questions sur tout cela aux enfants pour leur donner une grande idée des privilèges particuliers de la Sainte Vierge. )
Le C. : 5. D. Que signifient ces paroles : Jéms le fruit de vos enirailles est béni ?
R. Ces paroles signifient 1° , etc.
Le C. : Le plus beau privilège de ]\[arie, c'est d'être la Mère du Fils de Dieu: toutes les autres grâces qu'elle a reçues se rapportent à celle-là ; ainsi elle a été conçue sans péché, parce qu'il ne fallait pas que le démon eût jamais été le maître du cœur de la mère de celui qui venait dans le monde pour détruire son empire ; elle fut déclarée pleine de grâces , parce qu'elle devait donner la vie à celui qui est la source de toutes les grâces , et qui devait avant tout enrichir sa mère; elle fut appelée Marie qui signifie lieitie , parce que J.-C. son fils étant le Roi du ciel, elle devait partager sa puissance et sa grandeur ; c'est par la même raison qu'elle occupe la première place dans le ciel après J.-C.
( Interrogez les enfants sur cela, afin qu'ils y fassent plus d'attention. )
Le C. ; 6. D. Que demandons -nous à la Sainte Vierge parées paroles : Sainte Marie, mère de Dieu, etc.
R. Nous lui demandons d'employer sa puissance, etc.
Le C. : Julie, pourriez-vous me dire pourquoi Rous commençons celte prière par ces paroles : Sainte Marie, mère de Dieu ?
R. C'est pour engager la Ste Vierge ànous exaucer.
Le C. : Ce que vous dites est vrai , mais ce n'est pas la réponse à ma demande : pourquoi ajoutonsnous au nom de la Sainte Vierge sa qualité de Mère de Dieu?
R. C'est parce que la Sainte Vierge est Mère de Dieu.
Le C. : Comprenez-vous l'objet de ma demande, Joséphine ?
R. Oui , M. , vous demandez pourquoi nous ajoutons au nom de la Sainte Vierge sa qualité de Mère de Dieu ; il me semble que c'est pour exciter notre confiance , parce que la qualité de Mère de Dieu lui donne la puissance de tout faire et à nous l'espérance de tout obtenir.
Le C. : Comprenez- vous bien cette raison, Julie?
R. Oui, M., je crois la comprendre, c'est pour exciter notre confiance et notre dévotion.
Le C. : 7. D. Devons-nous avoir beaucoup de dévotion à la Sainte Vierge et beaucoup de confiance dans son intercession ?
R. Oui, tous les chrétiens, etc.
Le C. : 8. D. Sur quoi est fondée cette dévotion et cette confiance ?
R. Elle est fondée principalement, etc.
Le C. : Quel est le pouvoir que lui donne sa qualité de 3Ière de Dieu ? Voilà un joli petit livre pour celui ou celle qui m'expliquera bien cela.
( Aussitôt trois ou quatre garçons et autant de filles se lèvent : l'un dit que la mère de Dieu doit avoir autant de puissance que Dieu , et le Catéchiste se récrie et demande à François si cela est vrai : François répond, oui , Joséphine répond, non.
Le C. : N'y a-t-il pas une grande différence entre le pouvoir de la Ste Vierge et celui de Dieu, François?
R. Oui , M. , il y a une différence bien grande, en ce que Dieu est tout-puissant par lui-même, au lieu
que la Sainte Vierge tient sa puissance du bon Dieu.
Le C. : C'est très bien : cependant il faut encore un petit éclaircissement. La Sainte Vierge est-elle obligée de demander à Dieu les grâces que nous demandons par son intercession.
R. Oui , M. , elle les demande à Dieu ; mais elle les demande avec l'assurance de les obtenir.
Le C. : D'où lui vient cette assurance?
R. Celte assurance lui vient précisément de sa qualité de Mère de Dieu.
Le C. : Mais il reste toujours à dire pourquoi sa qualité de Mère de Dieu rend ses prières plus eflicaces. Je suis persuadé que vous le comprenez , M. E. , mais que vous êtes un peu embarrassé pour le dire. Je vais donc vous aider. Quand N.-S. J.-C. était sur la terre tout petit enfant, il obéissait à la Sainte Vierge. Elle avaituneautorilésur lui comme une mère en a sur son enfant ; aussi ce fut à la sollicitation de sa mère qu'il fit son premier miracle aux noces de Cana ; elle n'eut qu'un mot à dire, et N.-S. changeal'eauen vin. Or, pourriez-vous croire que la Sainte Vierge ait perdu dans le ciel l'ascendant qu'elle avait sur son divin Fils? serait-ce eii la récompensant de ses vertus , en la comblant de gloire et de bonbeur qu'il aurait moins d'égard pour ses prières ? Non sans doute. Elle est donc une suppliante toute puissante, comme dit un saint Père. D'un autre côté, la Sainte Vierge avait une charité tendre et compatissante sur la terre pour le prochain , et ce n'est pas dans le ciel , dans le sein même de la charité , que son cœur sera moins sensible à nos maux et à nos prières. Elle a donc tout à la fois le pouvoir et la volonté de nous exaucer. Qu'en pensez-vous, Clotilde? Pourriez-vous croire que la Sainte Vierge soit moins bonne et moins puissante dans le ciel que sur la terre ?
R. Non , M. , je ne puis le croire, et je le crois
d'autant moins que nous faisons tous les jours Texpérience de sa puissante protection.
Le C. : Pourriez-vous me citer quelques traits particuliers de la puissance et de la bonté de la Sainte Vierge.
R. Je pourrais en citer mille anciens ou modernes ; il y en a même qui me sont personnels, mais dont je n'oserais pas parler , parce qu'ils sont trop peu de chose en apparence, quoique dans la réalité, j'en aie tiré un grand profit et une grande consolation. Nous avons dans notre voisinage une femme dont la fille était percluse de tous ses membres ; elle la fit porter dans une chapelle rurale dédiée à la Ste Vierge et cette enfant y a laissé ses béquilles et en est revenue bien portante. Une autre voyant que sa fille allait perdre la vue, demanda instamment à la Sainte Vierge de conserver à sa fille un de ses yeux; elle l'obtint dans la même chapelle. De ces iraits, il y en a sans nombre, surtout à N.-D. des Victoires à Paris.
Le C. : 9. D. N'y a-t-il pas quelques abus à é\iter dans la dévotion à la Sainte Vierge?
R. Oui : 1° il faut éviter de l'égaler, etc.
Le C. : Les protestants nous reprochent d'égaler la Sainte Vierge à Dieu , ce reproche est-il fondé ?
R. Certainement non, nous savons bien que la puissance de Marie vient uniquement etentièrement du bon Dieu.
Le C. : Peut-on compter sur la protection de Marie quand on croupit volontairement dans le péché ?
R. Non, M. , cela ne se peut pas, parce que les pécheurs sont ennemis de J.-C. , et par là même , ils sont ennemis de la Sainte Vierge.
Le C. : Cependant , nous disons: Priez pour nous, pauvres pécheurs.
R. Oui, mais en disant cela, pour être exaucé,
il faut être dans la disposition de se convertir et de mettre à profit les grâces que la Sainte Vierge demande pour nous.
Le C. : Quel est le moment où nous avons plus besoin de la protection de la Sainte Vierge ?
R. C'est surtout à l'heure de la mort, au moment où nous allons paraître au tribunal de J.-G. son Fils. Il serait consolant pour nous de l'avoir alors pour protectrice et médiatrice , et c'est la grâce que nous demandons par ses paroles : Priez pour nous , pauvres pécheurs ^ maintenant et à V heure de noire mort. Ainsi soit-il.
Le C. : D'après ce que nous venons de dire , mes cbers enfants , sur l'oraison dominicale et la salutation angélique , nous devons conclure que ces deux prières sont les plus précieuses et les plus efficaces que nous pouvons adresser au bon Dieu et à la Sainte Vierge. Or, comme il est facile à tout le monde de les apprendre , les personnes qui ne savent pas lire peuvent les rendre aussi agréables à Dieu en disant le chapelet , que celles qui savent lire ; car vous savez que le chapelet se compose principalement du Pater et de VJve Maria. On commence par le symbole des Apôtres , et on ajoute le Gloria Patri à chaque dizaine. Voyons, Alexandrine, savez-vous dire le chapelet ?
R. Pas trop bien , Monsieur.
Le (7. ; Et vous, Régis, le dites-vous quelquefois?
R. Non , M. , je n'ai point de chapelet.
Le C. : Je vous en donnerai un , et à tous ceux et celles qui n'en ont pas. En avez- vous un, Clotilde ?
R. Oui , M. , et je le dis tous les jours.
( Plusieurs autres filles font la même réponse. )
Le C. : Je vois avec plaisir, mes enfants, que les filles sont exactes à dire le chapelet ; les jeunes gens y attachent moins d'importance ; cependant c^est
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une dévotion très précieuse et à laquelle sont attachées beaucoup de grâces. Saint François de Sales récitait son chapelet tous les jours ; on pourrait citer des rois qui le disaient aussi ; par exemple, Louis xiv, le plus grand de nos rois de France. J'ai entendu parler d'un jeune homme qui disait son chapelet fort exactement : un jour qu'il était en voyage et un peu fatigué, il voulut dire son chapelet le soir avant de se coucher; mais accablé de sommeil, le chapelet glissait de ses mains et tombait sur le plancher ; après l'avoir relevé plusieurs fois, il s'aperçut que dans l'endroit où le chapelet tombait, il existait des tâches noirâtres ; il prend la lumière et s'aperçoit que c'était des tâches de sang. Comme il était logé dans une auberge de campagne , il prit peur et résolut de ne pas se coucher et de se promener toute la nuit; vers les une heure, il entendit ouvrir une porte qu'on ferma tout de suite, dès qu'on aperçut la lumière ; celte porte était dans la ruelle du lit et servait à assassiner les voyageurs. Il apprit plus tard que plusieurs avaient disparu dans cette maison , et fut convaincu que l'habitude de dire son chapelet lui avait sauvé la vie. On pourrait citer plusieurs traits du même genre qui doivent engager à réciter le chapelet. On peut le faire en allant au travail ou au retour, mais je voudrais savoir si les personnes qui le récitent le font sans distraction. Qu^en pensez-vous, Louise?
R. ^I., c'est de toutes les prières celle oùj'aile plus de distraction.
Le C. : Je vais vous indiquer le moyen de les diminuer : P il faut bien se pénétrer de l'explication que nous avons donnée de l'Oraison dominicale et de la Salutation angélique; 2° il faudrait changer d'intention à chaque dizaine ; par exemple, dire la première dizaine pour demander la foi; la seconde, pour demander la confiauce en Dieu , et ainsi des
Sm LA SALUTATION ANGÉLIQUE. 463
autres dizaines ; on pourrait aussi direla première dizaine pour soi ; la seconde, pour son père et sa mère ; la troisième, pour ses frères et sœurs ; la quatrième, pour ses amis et les personnes qui prient pour nous; la cinquième, pour les ûmes du purgatoire; 3° la méthode la plus utile et la plus conforme à l'esprit de l'Eglise, c'est de penser aux mystères du Rosaire et avoir des images.
( Le Catéchiste fera bien d'exposer et d'expliquer les mystères du Rosaire; il pourrait aussi parler du Scapulaire et des faveurs et indulgences qui sont attachées à ces deux dévolions. )