Ces écoles professionnelles remplaçant l'apprentissage
Les Etats-Unis possèdent un grand nombre d'écoles professionnelles qui cherchent à remplacer l'ancien apprentissage ou à y suppléer ; une catégorie de ces écoles se prescrivent pour but de mettre les jeunes gens à même d'être reçus comme ouvriers complets dans certaines professions après la terminaison des cours, c'est-à-dire dans l'espace de six mois; elles se bornent à enseigner exclusivement la pratique manuelle de ces métiers. Elles remplacent l'apprentissage. A cette catégorie appartiennent la "New-York Trade School," la '^ Baron Hirsch Trade School," la «Hebrew Technical School," à New- York," la "Lewis Training School," à Chicago, etc.
D'autres, de création plus récente, sont basées sur une conception plus large et visent la formation complète de l'homme de métier par les études pratiques et théoriques approfondies; de ce genre sont : la "Williamson Free School of Mechanical Trades" à Media près de Philadelphie, le «Girard Collège," de Philadelphie. Elles préparent l'apprentissage par une forte éducation scientifique et professionnelle.
Toutes ces écoles org-anisenl leur enseignement pratique suivant (les systèmes identiques à ceux de l'atelier ; elles cherclient ainsi à écliapper à l'objection qui leur est faite, i\c uc pas être en mesure d'enseigner la pi'ofession avec la même elticacité qu'au chantier ou à l'atelier, de ne pouvoir oi'ganiser le travail dans l'esprit des atïaires en tenant compte des conditions de temps, de coût, qui sont essentielles dans les ti'avaux l'éels.
La plupart de ces écoles se confinent, en général, dans l'industrie du bâtiment. Elles ont été créées par des pèrsonnaliti's ou par des Associations philanthropiques ; elles vivent de minervals et de revenus de fondations.
Les Ti-ades-Unions combattent les écoles de la première catégorie, j)arce qu'elles forment de toute pièce des ouvriers ; elles soutiennent au contraire celles qui ne s'appliquent qu'à compléter les connaissances des jeunes gens engagés dans les métiers, en accordant aux diplômés une réduction de la durée sul)S(^quente de l'apprentissage.
Dans les règlements de l'Union des constructeurs et maçons de (Chicago, nous lisons, par exemple: «l'entrepreneur, (jui ••prend un apprenti, s'engage à le tenir au travail pendant ••neuf mois consécutifs chaque année, et veillera à ce que, ■pendant les trois mois restants, il suive les cours de l'école '•teclmique.
•L'apprenti sera tenu de suivre pendant les mois de "janvier, février et mars, et cela pendant toute la durée de "Son apprentissage, les cours d'une école technique agréée •■par rUniiMi ; il devra produire un certificat d'études complètes ••avant d'être admis à travailler aux conditions d'un ouvrier •• formé •' .
Aux Etats-Unis comme dans les pays européens, on est d'avis que l'apprentissage ne peut être parachevé que par un stage dans les ateliers réels, malgré les conditions défectueuses dans lesquelles y sont placés les jeunes apprentis. Les écoles professionnelles sont à l'apprentissage professionnel réel ce que l'élevage artificiel des enfants est à l'allaitement maternel.
Un enseignement bien conçu peut établir avec soin les principes du métier et donner à l'éducation professionnelle des fondements plus larges que l'apprentissage dans les
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ateliers. Mais il présente un défaut capital : le manque d'applications et d'exercices faisant entrer dans les nerfs et les muscles les aptitudes techniques et le sens commercial qui doit dominer la production ; seule la pratique réelle peut les donner.
2- Cq "Hew-Vorf^ ZxQbe 6cbool„ (École professionnelle 5e Îlew-Vo^^^)
Les écoles professionnelles qui répondent au type de la «New-York Trade School", des "Barbers Schools- (écoles pour barbiers) n'on pas d'équivalent en Europe. Elles ont pour ])Ut de remjilacer l'apprentissage réel ; elles donnent à leurs élèves dans le temps le plus court les aptitudes nécessaires pour exécuter les travaux du métier et gagner de hauts salaires.
Ces écoles sont nettement caractérisées par leur origine. Il y a une trentaine d'années, le Colonel Auchmuty, richissime propriétaire foncier de New-York, voulut couvrir ses terrains d'habitations de rapport. Il fut entravé dans l'exécution de ses projets par la pénurie de maçons, de plafonneurs, de i)lombiers, etc. Suivant un procédé traditionnel chez les Américains, il y porta un remède par une solution radicale : il fonda une école professionnelle, la New York Trade School, destinée à lui fournir des ouvriers du bâtiment en nombre considérable et en peu de temps ; la durée des études du jour fut fixée à quelques semaines pour toutes les spécialités ; celles du soir à quelques mois. Leur succès fut considérable. La pénurie de la main d'œuvre fit surgir bientôt des écoles semblables dans quelques autres villes.
Les Trades-Unions combattirent avec acliarnement ces écoles qui jetèrent à flot continu, sur le marché des liommes de métier incomplètement formés pesant sur les taux des salaires ; sous la pression des Unions et, à mesure que disparaissaient les causes directes qui avaient fait naitre ces écoles, les Administrateurs et Directeurs augmentèrent la durée des
LES INSTITL'JIO.NS 1) ENSEIGNKMKN'J' PROFESSIONNEL
études; luiiis, en ce inoiiiont encore, cette durée ne dé[)asse généralement pas six mois et les études, purement manuelles et exclusivement pi'ati(pies, se ressentent toujours de leur ori<^ine, comme le lecteur le verra dans la suite de l'exposé.
La Xew-York Trade Scliool qui est installée dans des ateliers sans étages, bien appropriés (flg. 241), situés 67'' et 68^ rues, 1''' avenue, met les principes fondamentaux suivants à la
hase des études : la théorie des métiers n'est enseignée que pour autant qu'elle soit nécessaire à la compréhension des opérations. L'école n'a pas à son programme des brandies générales; les explications du professeur se rattachent aux travaux mêmes.
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