‹ Méthodes Spécifiques et Paraspécifiques dans le Traitement de la Maladie du Jeune Âge du ChienChapitre 17 sur 26 · REACTION · texte numérisé non relu

REACTION

Aucune réaction locale ni fonctionnelle.

Comme réaction générale, une légère hyperthermie mise à part, les injections furent bien tolérées, sauf par un seul chien dont les troubles durèrent vingt minutes environ et qui, quelques jours plus tard, fit une poussée d’ictère et d'eczéma, ces accidents dus sans doute à un mauvais fonctionnement du foie el des reins. Une augmentation de poids et de force musculaire est à noter, les atrophies musculaires dans le cas de paraplégie disparaissent en même temps que s'améliorent les troubles locomoteurs., Après la première- et la deuxième injection, on compte 50 à 60 lymphocytes par min° au lieu de 15 à 35.

Sobra dit que « l'injection de son propre sang ou du sang d’un autre sujet à un chien atteint de maladie provoque des changements. numériques dans la composition du sang qui permettent de suivre les effets curatifs du traitement ». Pour avoir de bons résultats il faut appliquer la méthode dès le début aussitôt que là maladie est soupçonnée; à la période d’incubation les injections d'isosérum ont un résultat remarquable.

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HÉTÉROHÉMOTHÉRAPIE

Etant donné les résultats inconstants et si variables avec les expérimentateurs, obtenus avec l’autohémothérapie et l’isohémothérapie, certains auteurs ont eu recours à l’emploi du sang d'animaux d'espèces différentes. =

Considérant que le porc et le chien sont voisins dans l’ordre zoologique, Mglej, pour avoir un maximum de résultats, a utilisé le sang de porc: il ne se servait que du sérum. Il incisait la jugulaire du porc et après avoir laissé couler le premier jet, il recueillait le sang dans des glaçons stérilisés qu’il conservait vingt-quatre à l'obscurité dans un endroit frais et sec. Après ce laps de temps, il extrayait le sérum auquel il

ajoutait 0 gr. 5 d'acide phénique et faisait aux chiens

malades des injections intraveineuses de 20 à 50 cm et parfois même 150 em* sans noter d'accidents.

Les résultats obtenus par Mglej sont variables avec les symptômes. Lorsqu'il n'y avait pas de localisation l’auteur, aussitôt l'injection, note une légère

hyperthermie de 1 à 2/10 suivie dans les vingt-quatre

heures d’une baisse de 1° environ, immédiatement après l'injection le malade présentait un état de dépression générale pendant deux à trois heures. Lors de localisation pulmonaire associée ou non à la forme intestinale, Mglej constate l'échec total du sérum de porc. Il conclut en disant que l'action de 14 sérothérapie non spécifique, très nette dans les affections légères et bien localisées, est anihilée par le

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développement exagéré des éléments virulents. C’est” alors qu'apparaît la supériorité de la sérothérapie spécifique qui apporte avec elle des anticorps capables de lutter de suite contre les éléments virulents. Mais il est parfois difficile de se procurer du sang de porc, et ce-n’est guère possible qu'à la saerification d’un animal, par ce fait même cette méthode n'est pas appelée à être très utilisée. Le cheval étant de beaucoup l'animal qui se prête plus commodément à un prélèvement de sang facile et abondant fut souvent utilisé comme donneur, Malzew et Fechner se sont servi du sérum normal de cheval.

Sur les conseils de notre maître, le Professeur Robin, nous avons eu recours au cheval pour nous procurer le sang nécessaire, Mais alors que tous les auteurs, sauf quelques essais en autohémothérapie, qui ont pratiqué l'hémothérapie, qu'ils aient utilisé le sang du malade lui-même, soit du sang d’un sujet de la même espèce ou d’une espèce différente, ont injecté le sang entier recueilli dans une solution anticoagulente ou simplement le sérum: nous avons utilisé le sang de cheval hémolysé dans de l’eau distillée suivant les indications données par le Docteur Descarpentries de une partie de sang pour deux parties d'eau distillée, la quantité d'eau étant suffisante pour une hémolyse complète; nous avons fait de l’hétérohémolysothérabie. 3 |

HETEROHEMOLYSOTHERAPIE

Descarpentries eut l’idée de substituer l'autohémo-

a ESA) Acte

lysothérapie à lautohémothérapie pratiquée fré-

quemment avant lui par de nombreux auteurs. De cette méthode nouvelle il obtint les mêmes effets thérapeutiques que de l’autohémothérapie sans avoir à subir les accidents à la vérité plus ennuyeux que

graves de cette dernière.

Les premières expériences de Descarpentries sur ce sujet remontent à 1918 et ses premières publications à 1920.

Descarpentries utilise très souvent la méthode qu'il préconise, il en recommande l'emploi avant toute intervention chirurgicale afin d'augmenter la coagulabilité du sang, d’où diminution des épanchements sanguins, il est plus facile d’avoir une plaie non souillée de caillots, la cicatrisation en est rendue plus rapide et il est rare que la suppuration survienne.

Mais c'est surtout en otorhinolaryngologie que sa

méthode fut largement appliquée dès son apparition:

il fait remarquer que dans les infections aiguës de

l'oreille moyenne l'injection de sang lysé « jugule la

crise, évité la paracenthèse, dans la mastoïdite, elle

facilite l'intervention en séparant le mort du vif ». Au 31° Congrès de Chirurgie, en 1922, Descarpen-

tries considère l'autohémolysothérapie « comme un

des moyens les plus actifs de combattre l'infection, et

cela d'autant mieux qu'elle est exempte de danger ». et il énonce les conclusions suivantes :

a) dans les cas simples les injections d’autosang

lysé déclenchent la crise de guérison;

PE

‘b) dans les cas graves elles favorisent cette crise en l’amenant par étapes;

c) elles limitent l'infection, localisant les foyers dans les phlegmasies diffuses et réduisent au minimum l'acte opératoire;

d) elles améliorent les suites de opérations septiques et en préviennent les complications.

A la Société de Médecine du Nord en 1923, il en recommande l'emploi dans le cas d'infection puerpérale où l’abcès de fixation avait été négatif.

Descarpentries a obtenu grâce à l’autohémothérapie la guérison dans le cas d’arthrites gonococciques, alors que les autres traitements étaient restés sans effet : car Farthrite n’étant qu'une manifestation locale d’une gonococcie sanguine, il est naturel d'appliquer le traitement des infections sanguines en général.

Descarpentries conseille :

1° Un prélèvement de sang de 5 ou 10 cm°, y ajouter 10 à 30 cm° d’eau distillée et injection de 10 cm° toutes les deux ou trois heures (écarter le coagulat).

2° Trois prélèvement de 3 cm° de sang qu'on hémolyse dans 8 em° et réinjection immédiate.

Le dernier mode opératoire n’a pas. d’après l’auteur, les propriétés vaccinales du prélèvement unique quand on a la précaution de conserver le sang hémolysé en milieu aseptique.

Tarterat conseille un maximum de 30 cm? par jour et d'attendre au moins deux jours entre deux séries consécutives d’injections: de plus, lorsque les

injections restent sans effet, inutile de APR au sie dela"5 où 6”série.

TECHNIQUE

Nous avons procédé tous les deux ou trois jours à l'injection de 15 à 25 cm° de sang hémolysé suivant lataille du chien; les injections furent faites dans le

tissu conjonctif sous-cutané après avoir coupé les

poils et aseptisé la peau à la teinture d’iode. Nos

expériences se poursuivirent d'une part sur dix chiens

atteints soit de la forme respiratoire, soit de la forme

digestive ou les deux associées et, d'autre part, sur cinq chiens qui avaient contracté la forme nerveuse de la maladie.

Nous allons exposer la marche des injections pratiquées; puis à la lumière des résultats obtenus nous apprécierons la méthode comme moyen thérapeutique dans le traitement de la maladie du jeune âge.

Berger allemand 4 mois, présenté à la consultation de pathologie interne le 23 mai, hospitalisé le même jour; température : 38°8. Diagnostic : maladie du jeune âge forme respiratoire (bronchite aiguë), la respiration est courte, la dyspnée intense, toux quinteuse-au timbre bas étrétoufté>

À la percussion, zones irrégulières de submatité.

A l’auseultation, respiration soufflante, râles muqueux, conservation du murmure respiratoire.

Le 24 : température : 39°1. Jetage abondant. Injec-

tion sous-cutanée de 15 cm? de sang de cheval hémolysé, application d’un sinapisme à la farine de moutarde.

Le 25 : température : 39°3. Etat général sensiblement plus alarmant que la veille. Injection de 20 em de sérum physiologique caféiné, le jetage est aussi abondant qu'avant l'injection.

Le 26 : température : 38°9. Aucune amélioration de l’état général. Injection de 15 cm° de sang hémolysé.

Le 27 : température : 38°9, Bon appétit, jetage à peu près disparu complètement, seul un liquide séreux s'échappe des cavités nasales.

Le 28 : température : 39°4. Conjonctivite purulente soignée par des mayens appropriés. Etat général moins satisfaisant, l’animal est moins gai, n’a pas mangé sa ration. Injection de 15 cm? de sang hémolysé et 20 cm de sérum physiologique caféiné.

Le 29 : température : 39°2.

Le 30 : température : 39°. La conjonctivite est atténuée. |

Le 31: température : 38°8. Très bon appétit; on a l'impression que le chien marche vers la guérison.

Le 1‘ juin : température : 39°.

Le 2 : température : 39°3. Le chien est gai néanmoins; Ja conjonctivite est guérie; injection de 15 cm° de sang hémolysé. - &

Le 3 : température : 39°4. La toux apparaît à nouveau.

Le 4 : température : 39°8. La voix est enrouée; injection de 15 cm° de sang hémolysé.

Le 5 : température : 39°7. Diarrhée traitée par administration de sous-nitrate de Bismuth.

emo température : 39°3. Chien morne, abattu.

15 cm? de sang hémolysé et sérum caféiné.

Le 7 : température : 39°5.

Le 8 : température : 38°7.

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Le 9: température : 38°8. Le jetage apparaît à nouveau; huile goménolée et fumigations.

Le chien redevient gai et a bon appétit; température

. uniforme jusqu’au 15 juin, date de la sortie du chien,

considéré comme, guéri. Au total 6 injections de sang hémolysé.

Chienne gronendael, 18 mois.

Hospitalisée le 24 mai. Formes respiratoire et digestive. 40°6.

Le 25 : température : 39°1. Jetage rouille abondant, Inappétence totale, sinapisme, fumigation, antidiarrhéiques. Injection de 20 cm de sang hémolysé.

-Le 26 : température : 39°3. Jetage disparu presque totalement, amélioration très sensible de l’état général. Le 27 : température : 39°1. Jetage totalement disparu, diarrhée moins prononcée.

Le 28 : température : 88°9. Bon état général; la chienne ne demande qu’à jouer, les excréments sont redevenus normaux, le chien mange sa ration complète.

Le 29 : température : 39°.

Le 30 : témpérature : 38°9.

Le 31 : température : 38°5.

Le 2 juin : la chienne quitte le chenil guérie.

Le 8 : elle est ramenée à la consultation par son propriétaire avec une forte diarrhée datant de la veille. Température : 40°7. Anorexie; admise à nouveau dans le service, nous procédons immédiatement à l’injection de 20 cm° de sang hémolysé.

Le 9: température : 40°5. Diarrhée hémorragique,

antidiarrhéique, chlorure de calcium; la chienne est

trouvée morte le 10 au matin.

A l’autopsie : bronchopneumonie massive, congestion

= de

du foie, hématémèse dans la dernière partie de l'intestin; les reins sont normaux.

Chien beauceron, 6 mois. Hospitalisé le 25 mai. Forme respiratoire (bronchopneumonie), conjonctivite. Température : 40°6.

A la percussion, submatité dans parties antérieures du poumon: à l’auscultation, respiration soufflante, souffle labial permanent, parfois l’air expiré a une odeur nauséabonde.

-Aussitôt admis dans le service, le chien reçut 20 cm? sérum polyvalent, sinapisme, huile camphrée et 20 emÿ de sang hémolysé.

Le 26 : température : 40°3. Etat général moins satisfaisant; appétit légèrement diminué.

Le 27 : température : 40°1. Etat général tout à fait mauvais, l’animal est complètement abattu. Injection de 20 cm? de sérum physiologique caféiné et 20 cm° de sang hémolysé. |

Le 28 : le chien est trouvé mort.

À l’autopsie : poumons hépatisés, vacuité complète du tube digestif, aucune trace d’altération rénale.

Berger allemand 6 mois, malade depuis 4 jours, forme respiratoire, toux. Température : 39°6. Hospitalisé le 30 mai.

Le 31: température : 39°6. Injection de 15 cm sang hémolysé.

Le 1° juin : température : 39°6.

Le 2 : température : 39°. Le chien est gai, mange bien.

Le 3 : température : 39°5. Sang hémolysé 15 em.

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