DISTIQUE OU STROPHE ÉLÉGIAQUE
Aussi ne convient-il guère aux grands sujets, au récit héroïque, par exemple, et l'on a peine à s'expliquer qu'Ovide l'ait choisi pour ses Fastes, Lui-même, du reste, s'en plaint :
Quid volui démens! elegis iraponere tantum Ponderis? heroi res erat ista pedis.
Properce a mieux réussi peut-être (m, 5, 25, 5^^. IV, 6); mais c'est en lui donnant plus de liberté, et en mêlant encore le sentiment personnel au récit héroïque, ou aux problèmes de la poésie didactique.
109- — 3. Influence de la mesure sur le fond et sur la langue. Chose digne de remarque, non seulement le mètre a, de par sa forme, certains caractères particuliers d'expression; mais la forme, à son tour, réagit sur le fond, sur la marche du développement, et jusque sur la langue. C'est le cas pour le distique.
D'un côté, les limites étroites de la strophe interdisent le mouvement si ample et si varié de l'hexamètre; de l'autre, le pentamètre, trop petit pour recevoir une idée nouvelle, amène à joindre un trait accessoire à l'idée exprimée dans l'hexamètre. Le distique favorise donc l'analyse, l'observation du détail dont on a besoin pour remplir la strophe.
iiO. Pour l'influence de la forme sur la langue, nol(jns un seul fait :
Les pronoms meus, tuus, swî^s, finissent bien le pentamètre. Aussi sont-ils beaucoup plus fréquents, surtout dans Ovide, que dans la prose ou dans l'hexamètre.
Cette influence de la forme ne fait du reste que servir le caractère du rythme. Car l'analyse, le détail, l'emploi du pronom personnel vont bien à la passion et aux pièces dont le sujet ordinaire est moi ou toi.