AMPLIFICATION PAR TROIS
80. Nous avons déjà dit en quoi consiste l'amplification par trois : c'est celle dans laquelle la fondamentale analytique du mètre est égale au triple de l'atome, ou plutôt forme avec lui un intervalle de douzième. De là une complication qui n'existait pas dans l'amplification par octaves. Dans cette dernière, en effet, les deux fondamentales, celle du mètre amplifié, le pied, et celle du pied, l'atome, ont entre elles un rapport d'octave et sont par suite deux notes métriques presque identiques, tandis que, dans l'amplification par trois, ces deux fondamentales sont dans un rapport de douzième, lequel suppose deux notes métriques sensiblement différentes. La fondamentale du pied dans l'amplification par octaves étant do, la fondamentale de la période est un do à une octave différente, mais toujours un do. Au contraire, dans l'amplification par trois, la fondamentale du pied étant do, celle de la période est fa. i9 c'est-à-dire la douzième métrique de do. Cette fondamentale est une tonique par rapport aux ' accents généraux du mètre amplifié, en sorte que nous nous trouvons en présence de deux toniques, celle du pied et celle du mètre, l'une fondamentale, l'autre amplifiée. J'appelle fondamentale la tonique du pied, parce que l'atome reste toujours en dernière analyse l'unité réelle du mètre, qu'il soit primitif ou amplifié.
Ce double rôle du fa lui crée une place à part dans l'échelle des notes métriques : à la fois tonique du mètre amplifié et douzième de la tonique, il a une importance prépondérante qui nous autorise à le désigner sous le nom de note dominante. Dans la gamme des sons, la dominante est le sol, c'est la note qui porte l'avant-dernier accord de cadence sol si re fa, et qui appelle une résolution sur l'accord parfait do mi sol. Dans ces accords, le sol est tonique par rapport aux
notes si, re et fa qui ne sont autres que les notes mi, sol et 5i (, transposées à la quinte ou douzième, et il est la quinte de la tonique générale do. Le sol occupe la première place dans la famille des notes issues de l'amplification par trois, et la seconde parmi celles qui résultent de l'amplification par octaves. C'est grâce à lui que ces deux systèmes d'amplification ont une grande affinité l'un pour l'autre, c'est lui qui sert de lien entre les deux familles, il est l'agent d'une formation supérieure à celle qui est engendrée par chacune des deux amplifications isolées, c'est lui qui nous permet de les fondre ensemble en un nouveau tout que l'on comme tonalité. Les notes des deux familles de do et de sol réunies constituent ce que l'on appelle le ton de do. De même en métrique, les accents de la famille de tonique et ceux de la famille de quinte constituent ce que nous nommerons la tonalité métrique. Partout nous verrons ces deux familles montrer une grande affinité l'une pour l'autre, partout nous verrons l'emploi de la famille de quinte, c'est-à-dire de la dominante métrique, engendrer une forte tendance vers un retour à la tonique. C'est cette tendance qui produit l'attraction et le mouvement tout particulier que l'on remarque dans les phrases du langage parlé. Nous en verrons surtout se manifester les effets lorsque nous traiterons de l'amplification hétérogène, où les changements de pied, c'est-à-dire de mesure, ont lieu non seulement d'une période à l'autre, mais encore dans l'intérieur d'une seule et môme période.
Dans les différentes combinaisons engendrées par l'amplification par trois nous ne trouverons aucun intervalle nouveau ; la valeur relative des accents généraux restera la même que dans l'amplification par octaves, de sorte que nous retrouverons reproduits tous les accords déjà étudiés précédemment, mais transposés à la quinte. Nous nous contenterons, dans chaque période, de donner l'accord obtenu sans entrer dans de plus amples détails. Nous donnerons en outre un ou deux exemples d'amplification.
A. — DlPODIE TRISÈME.