‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 140 sur 162 · PAS UN MOMENT A LE FAIRE · texte numérisé non relu

PAS UN MOMENT A LE FAIRE

Le général Coffinières, qui se sentait coupable au moins de faiblesse, voyait bien à quelle adresse allaient ces manifestations* Il se plaignait tout bas du maréchal Bazaine, auquel il fit même semblant de donner une démission qui fut naturellement refusée.

Sur ces entrefaites, retour du général Boyer arrivant de Versailles, d'oU il rapporte les plus désolantes nouvelles. Ces nouvelles, dont on ne juge pas à propos d'instruire les habitants, le maréchal autorise tes généraux de division à les porter à la connaissance de l'armée.

I. Fabert, maréchal de France, est né à Metz en 1699 et mort à Sedan en 1662.

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Tout le monde sait quelle était la valeur de ces prétendues nouvelles, recueillies seulement de la bouche de nos ennemis par le général Boyer. Le maréchal Bazaine n'était pas assez naïf et connaissait trop bien les règlements militaires pour accorder créance à des communications fournies par Tennemi dans le but de nous effrayer, et néanmoins, avec un empressement étrange, il les fait transmettre verbalement aux officiers et même aux soldats. La France était, disait-on, en proie à l'anarchie; le gouvernement de la Défense nationale en dissolution; plusieurs villes, entre autres Rouen, avaient demandé des garnisons prussiennes pour les protéger contre le désordre; Tarmée de Lyon avait été battue à Orléans. On ajoutait que les Prussiens étaient disposés à traiter de la paix, mais seulement avec la dynastie napoléonnienne et la régence, représentée par le maréchal Ba\aine, et que le général Boyer repartait pour aller de mander à l'impératrice d'acquiescer à cette combinaison.

Plusieurs officiers avaient de concert rédigé une de ces notes en commun, et elle portait en outre ces indications : « L'armée ne touchera pas de vivres demain, et, après-demain, on lui donnera du pain et de la viande. On engage les soldats à ne pas crier. Dans trois jours ils quitteront Metz, avec le consentement des Prussiens, pour aller rétablir l'ordre en France. — On demande aux chefs de corps de faire de nombreuses propositions pour la croix et la mé-

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