‹ Metz depuis Dix-huit siècles. Son peuple, ses institutions, ses rues, ses monuments; Récits chevaleresques, religieux et populaires. Par Émile Bégin. Troisième volumeChapitre 41 sur 53 · SCEL ET CONTRE-SCEL DE L'OFFICIALITÉ MESSINE · texte numérisé non relu

SCEL ET CONTRE-SCEL DE L'OFFICIALITÉ MESSINE

Ce dessin, qui m'est doublement précieux parce qu'il me vient de mon ami M. de Saulcy , présente dans l'original plus de finesse encore et de rectitude linéaire que n’en rend la gravure *.

Les premiers sceaux de la cité messine étaient en bois,

* Sigillum officialis curie Metensis. Presbyter Hasso de Noweroit. On lit au bas du titre auquel est appendu ce scel : Zn cujus rei testimontium sigillum curie Metensis ad supplicationem memorati presbyterr, hits litteris est appensum, datum anno dom. m. cc. Lx quarto, feriä secundä, an. fest. beati Benigni confessoris. 5 octobre 1264.

fortement taillés en creux. On coulait dessus un gâteau de cire molle dont la main pressait la surface plus ou moins réguliérement, et quand la cire se trouvait réfroidie, on la détachait pour l'appliquer au parchemin. D'un tel procédé résultait une grande imperfection dans le tirage sigillaire. Aussi, rien n'était-il moins commun que de rencontrer des empreintes bien venues parmi celles qui s'opéraient avec des matrices en bois. Pour les matrices en cuivre, c'était tout différent. D'abord , la gravure avait plus de netteté, plus de profondeur dans les petits traits ; ensuite l'impression du sceau ‘se faisait

mieux, car on l’employait comme nos cachets ordinaires*.

* Au xni.® siècles, les sceaux s'étaient bien multipliés dans nos contrées : nous avons donné ceux qui nous ont paru le plus remarquables par leur importance administrative ou par leur exécution; mais il en existe plusieurs autres dignes d'intérêt. La léproserie de S.t-Ladre , près Montigny, possédait un sceau représentant un abbé debout, crossé, mitré, et autour cette légende : siGiLLuM. sANGT. Lazari. MErT. La léproserie des Bordes, près Vallières , avait , en 4279, un sceau représentant une vierge, et pour légende : s. BE. MARIE. DOM. LEPROS. D& VALIERES, Srgillum beatæ Mario domäs leprosorum de Valeriaco ; en 1798 , le sceau de la même léproserie portait un saint Etienne debout, ayant à la main droite une palme; à la main gauche un livre, et pour légende : Sigillum comvne domvs le— pros. de Bvrdes svppra Vallieres. Tous les chapitres de Metz possédaient leur sceau particulier; le chapitre diocésain en avait même deux : un grandet un petit. Celui du chapitre de S.'-Pierre-aux-Images a cela d'intéressant qu'il contredit l'opinion étymologique de Martin Meurisse, en consacrant l'expression adimagines. Ce scel porte Le buste de saint Pierre, et, au pourtour, SANCTUS... PETRUS AD IMAGINES. Je m'étonne qu'en 1222 l’abbaye de S.t-Martin manquant de sceau, quia ver ca pitulum nostrum proprium sigillum non habet, ait été obligée de prier les abbés de S.t-Symphorien et de S.t-Vincent d’apposer le leur à une charte au profit de ce dernier monastère,

Le maître échevin n'avait d’autre sceau que celui de la ville ; encore ne pouvait-il pas en user pour confirmer ses sentences personnelles. Quant au scel secret de la ville dont nous donnons le specimen , p. 207, il demeurait entre Îles mains d’un des six abbés électeurs pour le maîtreéchevinat.

ÉTAT SOCIAL. 205 Quelques différences existent entre les monnaies épiscopalies de tel règne et celles de {el autre ; mais généralement ce sont

des deniers d'argent d'un même type quoique dissemblables par le coin.

Les deniers de Bertram, fort communs , pesant depuis 7 jusqu'à 12 à 14 grains *, représentent : de face , soit une simple croix, soit un buste d'évêque, tête nue, mains jointes ou non jointes, et pour légende BERTI..., BERTRAND MS, BER-— TRANNO; au revers, main tenant une crosse, ou croix cantonnée, tantôt des lettres ME-rE-Ns-1s, et chargée d’une main qui bénit; tantôt des lettres SPINAL; ou bien encore, buste de saint Étienne avec la légende s. sreprn.

Les deniers de Conrad r.®, trés-rares, ont beaucoup d’analogie avec ceux de l’évêque précédent ; de face , buste d'évêque mi-corps, tête nue ou mitrée, mains jointes, avec ou sans collier de perles ; quelquefois trois besans placés derrière la nuque et le motkONRADVS; au revers, croix pattée cantonnée des lettres ME-TE-NS-1s et chargée d’une main qui bénit, ou bien dextre tenant une crosse épiscopale; ou bien encore, Croix Cantonnée d’un croissant et d’un soleil.

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