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Mgr. Charlebois: le saint missionaire

s Er nous ne devenons pas ir nous sommes des insensés » ‘ (Paroles de Mgr Charletsis }

Mgr Charlebois était persuadé que le zèle apostolique resterait inefficace, s'il n'était fondée sur la sainteté de l'apôtre. ‘Aussi, ne cessait-il d'exciter ses missionnaires à acquérir cette sainteté personnelle, indispensable à l'efficacité de leur zèle. Dès les premiers temps de son épiscopat, il leur écrivait: « Tout d'abord, mes bien chers Pères et Frères, tournons notre zèle vers nousmêmes. Travaillons avec une nouvelle ardeur à notre propre sanctification. Si le mal augmente, que notre sainteté augmente en proportion. Constatons-nous que l'esprit de prière diminue dans notre population? Prions davantage et mieux. Une diminution de foi se manifeste-telle? Vivons d'un plus grand esprit de foi et d'amour de notre perfection. L'amour des jouissances et des plaisirs augmentet-il? Aimons et pratiquons la mortification avec plus d'ardeur.… Avec de tels sentiments et une telle conduite, nous serons forts et puiësants.. Nos paroles auront une vertu salutaire pour convertir et sauver. » (Circul. no 5.)

Mais il ne faut pas se contenter d'un amour platonique de la perfection: « Ne nous contentons pas de lire et de dire: C'est vrai: c'est bien beau, etc Mais, disons-nous: puisque la vie intérieure est si importante, je veux, mais d'une volonté déterminée, d'acquérir le plus parfaitement possible. Si nous nous y mettons sérieusement, en peu de temps, nous constaterons des effets merveilleux dans notre apostolat: les pécheurs se convertiront:; les tièdes deviendront bons chrétiens: et les bons passeront à l'état de ferveur. Ambitionnons ce résultat: mais sachons que nous ne l'obtiendrons que par une vie véritablement intérieure. » (Circul.

no ]2.)

Or, comme, à notre connaïissance, Mgr Charlebois n'a jamais commandé ou demandé à ses missionnaires quelque chose qu'il ne pratiquait pas lui-même, ces simples prescriptions montrent Yintensité de sa propre vie intérieure.

Cette vie intérieure était entretenue et nourrie par une applica-

Le Rév. Père O. Charlebois, nouveau prêtre (1887).

Li] .

tion coristante à la pratique de toutes les vertus chrétiennes et religieuses.

Et d'abord, les vertus commandées por les trois vœux de religion: pauvreté, chasteté, obéissance.

. La lecture de son testament nous fera voir la perfection avec laquelle il a pratiqué la pauvreté: non seulement quand il était

= - -simple-religieux; mais aqussi, après son élévation à l'épiscopat, et même après sa mort; cherchant à imiter en tout Celui que, dès la première année de sa vie religieuse, il avait pris pour modèle sous ce rapport: « J'aurai pour modèle de‘ pauvreté Notre-Seigneur Jésus-Christ. » (Retr.

ann. 1883.)

Ses notes de retraites au scolasticat ‘nous font connaître les précautions prises par lui, pour conserver toujours intacte la belle vertu de pureté.

Dans ses résolutions de retraite de 1883, il trace son programme de vie, par rapport à l'obéissance:

« Je serai très ponctuel à faire sur-le-champ ce que l'on me dira Je m'appliquerai à recevoir les or- . dres de la part du Christ

lui-même. Je conformerai

. toujours ma volonté et / mon jugement à la volon- L. té et au jugement de celui qui me commandera, sans chercher à faire valoir mes opinions. » Cela, nous pouvons affiner qu'il l'a toujours pratiqué exactement avant son élévation *f l'épiscopat, et même après.

Quant à la charité fraternelle, vertu caractéristique de l'Oblat, la sensibihté de sa nature, sa tendance naturelle à s'attacher à quelques-uns, et, par conséquent, à s'éloigner des autres, était un obstacle à la pratique surnaturelle de cette vertu. Dès les premiers'temps de sa vie religieuse, il sent sa faiblesse sous ce rapport, et la nécessité de réagir vigoureusement: « Une grande charité envers tout le monde: mais surtout envers ceux que je me sens portée à détester», lisons-nous dans ses notes de retraite de 1883, première année de son scolasticat. Et ensuite, dans *

- L'« héritier » et l'oncle

chacune de ses retraites, même les retraites du mois, il revient là-dessus: « Mon patron sera saint Francois-de-Sales. Comme lui, je veux être la douceur même. Qu'on me dérange souvent, ou qu'on me demande des services auxquels je ne suis pas obligé, toujours je veux rendre ces services et recevoir les ‘importuns

‘avec bonté et amabilité. » (Retr. du mis, juin 1885.)

Tout cela nous montre. les efforts surhumains qu'il a dû faire pendant sa vie pour arriver à être l'homme bon, chantable et serviable, mais en apparence insensible, que-nous avons connu.

Naturellement, cela ne pouvait se pratiquer sans une profonde humilité et une grande mortification. Aussi voyons-nous, par ses notes de retraite, que Mgr Charleboïs s'est constamment applique à acquérir et à pratiquer de plus en plus parfaitement ces deux vertus, fondement de toute sainteté véritable. « Je m'efforcerai de supporter avec joie les humiliations. Je me considererai comme le dernier de mes frères J'éviter…ai de parler de moi...» (Retr. 1883.) « À table, j'en aurai toujours assez, et ce sera toujours. assez bon; jamais une parole sur la nourriture. De méme pour le vêtement; par conséquent, toujours satisfait de ce qu'on me donnera. » (Retr. 1886.) - ‘

Et il ne s'en tient pas à ces données genérales, il entre dans les détails: sur la pauvreté, l'humilité et la mortifhicahon, il s'impose des pratiques qui sembleraient minutieuses à dés âmes peu avides de leur perfection, maïs que les saints-onf toujours aimées et estimées comme indispensables.

Tout cela ne pouvait se maintenir sans le secours de la priore. Aussi, comme le vénéré Mgr Grandin, Mgr Charlebois fut:1l un. homme de prière, avant une ardente dévotion au Sacré-Cœur

En attendant le souper, AMonscigneur péche .: à la trlen

de Jésus et une tendre confiance envers ja Sainte Vierge. Dans ses notes, 1l l'appelle constamment « sa bonne Mère ». À sa protection 1] a confié le succes de son episcopat, enr prenant pour

devise: « Ad Jesum per Mariém », et la prospérité de son Vicariat

en le dédiant à Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Mar Charlebois remerciot Dieu sans cesse de l'avoir appelé a entrer dans la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée. Ïl regardait la grâce de cette vocation comme la source de toutes ls faveurs qu'il avait recues plus tard. Aussi, son amour pour sa chere famille rehgieuse a-t1l toujours été très vil ei l'a-t1l fat se derenser rour frocurer son extension.

Des les premiers temps de son épiscopai. la Congrégation ne rouvant lui fournir tous les sujets dont il avait besoin pour l'évanehsation de son vicanat, il se mit à foire du recrutement dans la province dgOuébec, et même en France: et 1l y fit beaucoup - de recrues poùr sa Congrégation. Une partie de ces recrues passa dans son Vicanat: mous beaucoup resterent dans les autres pro-

-inces et vicariats. Dans un cas comme dans l'autre, Mgr Charlelons se féhotait, et remerciait Dieu des bons résultats de son recrutement, parce que c'était toujours la Congrégation qui en profitait et l'œuvre de Dieu qui se faisait.

Travaller a l'œuvre de Dieu, malgré toutes les fahiques, toutes

‘l&s dificultés, toutes les contradictions et tous les déboires, tel

+ foujours été ls programme de Mgr Charlebois, parce qu'il regardait cela comme son devoir. Et ce devoir, 1l F'accomphissait tout simplement, sans phrases et sans vaine discussion.

Les emma frères | Jean, prètre secuher, décédé, 2 Guillaume, om. 3 Ovide. om

Charles, omi, 5 Emmanuel, prêtre séculier, décédé

Un festin en tournée de mission

I trouvait cola s1 naturel, qu'il ne comprenait pas que chacun Le n'en fit pas autant. C'est ce qui le fit paraître parfois un peu sec y ds et un peu exeant pour les faiblesses et les infrmités de ses 4 sl) collaborateurs. Mais mon expériènce personnelle me permet, 7, d'afhrmer que lorsqu'on avait la franchise de lui exposer tou simpiement la situation exacte, jamais pere n'a éte aussi compar- ‘hssant, m aussi complaisant envers ses enfants, qu'il l'etait envers ses mussionnaures: Car, il les aimait tendrement, bien que cette ‘endresse lül'cachse au premier abord par ja rigidité apparente de sc nature. e

R. P. Pénard., (Avant-propos de sgn hvre:

aLe R. P. Pénard, OM, a recueilli des notes Àt souvenirs sur un grand evèque missionnaire (Mgr Charlebois) qui doit | cccuper une place a part dans l'histoire des missions cmadiennes. ' Sans pretention litteraire, l'auteur fait revivre au jour le jour la vie, de ce chercheur d'ämes. Amis lecteurs, vous serez épris de la vie de cet Oblat de Marie Immaculee, isolé dans notre Nord-Ouest, tenant Jusqu'au bout pour conduire les Indiens au Christ et sauver les blancs qui allaient cherchefffortune en ces conlrées. »

(Appréciation du livre de « Mgr Charlebois » par M. l'abbe Philippe Perrier.)

cils

Tel fut son martyre

Une page de la « Vie de Mgr Ovide Charlebois, O.M.I. », premier vicaire qpostolique du Keewatin, par le Père J.-M. Pénard, O©.M..

Fu ent au pre nussionnaire au Cumberland devait durer dou longues anrezs, pendant lesquelles il ne vit de confreres que de leinps #11 tetnps, lorsque les Pères du lac Caribou ou du jac Pelican rasseuent par la, pour se rendre à Pnnce-Albert Ju en reven: où que luiiéme se rendait au lac Péhcæi pour se confesser, ‘41 «1 Prince-Albert, our y traiter les affaires de SI INISSION.

C'etait sans Aout pour le sanctiñier, que Dieu lui imposait cette térnble à; reuve: mime, dans la suite, il lui en imposa hien d'autres qu» nous ne nourrons pas rapporter toutes. Mais, comme le hu digut Mur Grandin, en 1887: « Le bon Dieu le savait à la hauteur d= l'er rauve: autrement il ne l'y aurait pas exposé. »

De font, nous ne l'entendrons plus se plaindre des misères de son isolement; nas plus que de la pauvreté et, de l'insuffisance de la nourriture: 1 cs runs que de la fatigue des voyages, ou de kr uyrossereto st À Liuaabtude des sauvages.'Toutes ces misères,

nt

il les acceptera de bon cœur comme faisant pure des fonctions de son ministère. Bien mieux, 1l en fera des moÿens de sanctifis cation, pour lui-même et pour les àmes au salut desquelles il travaille.

Nous lisons, en effet, dans les notes inumes que, vers cette époque, il adressait à son frere Guillaume: « Depuis ma dermère retraite, une pensée occupe mon.esprit: c'esi de. devenir martyr. Ce n'est pas'une petite prétention, n'est-ce pas? Vous me demanderez' tout de suite: quèéls seront rs prayeaux? — C'est bien simple..Ce seront les maringouins: éelééront®mes enfants du caté -chisme:; ce serônt mes délauts, mes tentations, mes peines, mes - . privations, etc., etc. Ce M'est pas un petit martyre de quelques heures que je veux; mais un martyre de toute la vie.-{Comme on n'est jamais un seul instant säns avoir a souffrir, .jeme suis dit: pourquoi n'accepterais-je pas tout en vue du martyre? Cela ne sera-t-il pas aussi agréable à Dieu que les souffrances momentanées des vrais martyrs! Ainsi, je me considere comme sur un bûcher, dÿ l'on me brûle à petit feu, de manière à me conserver longtemps l4 vie. Je vous assure que cette pensese aide beaucoup à tout souffrir avec patience. » *

Nous avouons que ces lignes ont été pour nous une véritable

révélation, et qu'elles nous font comprendre l'insensibilité appa-

* ru

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