‹ Mgr. de Saint-Vallier et son temps [microforme]Chapitre 18 sur 54 · HER ACTES · texte numérisé non relu

HER ACTES

PS

Ar

‘ke % F4 à

mon désavantage, mais qu'elle donnerait matière de se réjouir à ceux qui en entendraient parler.

« Si M. l’évêque avait voulu me croire, et suivre les conseils que l’amitié qu'il me témoignait alors me donnait souvent la liberté de lui donner sur toutes les choses que lui ou ses ecclésiastiques entreprenaient tous les jours, et à la continuation desquelles je lui représentais qu'il était impossible qu'à la fin on ne s'opposät. il n'aurait pas fait tant de fausses démarches. Mais vous devez le connaitre assez pour savoir qu'il ne suit pas toujours ce que ses amis lui conseillent... »

Il écrit encore un autre jour au ministre :

« Je ne vous parle point de M. l'évêque: vous l'avez pu connaître par ses procédés, et que les portraits que je vous ai faits de lui, lui ressemblent au naturel (4). Les affaires se décideront apparemment avec celles du Conseil: car si la cour ne donne quelque ordre à celle des Récollets, 11 y arrivera d'étranges scandales, les prêtres du séminaire de Montréal ayant fait sur cela des extravagances sans fin et sans nombre, qui se sont même étendues jusque sur moi. Mais je les ai souffertes patiemment; et je me contenterai de m'en plaindre honnètement à M. de Tronson, qui veut que je le croie mon ami, et de longue main, ayant été condisciples au collège pendant plusieurs années...

« J'ai reçu des lettres de M. l'évêque, par duplicata, et je lui ferai réponse avec la même sincérité qu'il m'a éerit: car il n'est pas non plus que moi si scrupuleux qu'était feue Mme Ta princesse de Conty (2), qui disait qu'elle ne voulait pas écrire, parce qu'on mentait toujours dans les lettres. Aussi ne suis-je pas janséniste (3) comme on dit qu'elle était.

(4) Faisait-il allusion, le méchant, aux yeux louches du pieux Prélat? M. Tremblay, dans sa lettre de 1695, nous fait connaitre ce défaut « naturel » de Mer de Saint-Vallier.

(2) Marie-Anne, dite Mademoiselle de Blois, fille naturelle de Louis XIV et de Melle de la Vallière, Le prince de Conti, son mari, mourut de la petite vérole à Fontainebleau le 12 novembre 1685.

(3) Frontenac se défend ici d'être janséniste, évidemment parce qu'on l'avait accusé de l'être, D'où pouvait lui venir cette réputation? Probablement de ce qu'il n'était pas € l'ami » des Jésuites, «€ Frontenac n'aimait pas les prêtres de la Compagnie de Jésus, dit le P, de Rochemonteix, il poussa ses préventions contre eux jusqu'à la calomnie; les Récollets se crurent obligés de suivre leur bienfaiteur jusqu'au bout, et Dieu sait tout ce qu'ils ont dit et écrit

PE

pm = tte tn

« J'ai satisfait pleinement, monsieur, aux conseils que vous me donnez dans votre dernière lettre du 16 juin. On ne peut pas paraitre plus content que je lai paru, après la réception de la lettre que vous m'avez envoyée de M. de Pontchartrain, quoique si opposée à la satisfaction que vous espériez que j'en devais l'eCeVOIr.

« Ce n'est pas trop mon humeur ni ma coutume de faire Île comédien. Mais je vous assure que dans ce rencontre j'ai si bien joué mon rôle que personne n'a pénétré et ne pénètrera mes sentiments.

« Nil ne faut qu'avoir cette conduite pour attendre dans la décision des affaires des satisfactions plus grandes, on ne pourra prendre de là aucun prétexte de me les refuser. On sait le bon droit de ma cause, la malice et Partilice de mes ennemis, l'intérêt que le roi a d'empêcher les usurpations qu'on veut faire sur son autorité, et de soutenir ceux qui sont préposés pour le maintenir. et qui n'ont d’autres vues que le bien de son service. Enfin on est assez informé de cet Odiun theologicum contre les puissances temporelles, qui est plus fort en ce pays qu’en pas un autre endroit... »

de mal sur les enfants de saint Ignace. » (Les Jésuites et la Nouvelle-France, t. I, p. 361).

Ainsi, voilà les Récollets mis sur le même pied que Frontenac vis-à-vis des

Jésuites...

Il en est de même de M, d’Argenson, cet autre gouverneur du Canada, dont la Vénérable Marie de l'Incarnation fait quelque part un si bel éloge : « Ge n'était pas un ami des Jésuites de France, ni de ceux du Ganada, écrit le P. de Rochemonteix; ses sentiments à leur égard s'éloignaient beaucoup de la justice et de la vérité, » I dit plus loin qu'il était « leur ennemi, »

est vrai qu'il ajoute aussitôt qu'il était « intelligent, brave, bon catholique » (Hbid., t. 1, p. 233) : ce qui peut rassurer sur son compte, comme sur celui des Récollets et de quelques écrivains que l'auteur range parmi ceux qui ne sont pas « amis des Jésuites, » parce qu'ils ont différé d'opinion avec quelques-uns d'entre eux sur certains points, Jusqu'au bon et savant Sulpicien Faillon, qui est accusé « d'hostilité de sentiments » à leur égard! (Ibid., tu 1, p. n).

Mais cette manière de classer tout le monde en « amis » où «€ ennemis » des Jésuites, suivant qu'on approuve ou qu'on n'approuve pas absolument tout ce qui s'est jamais dit, ou fait, où écrit dans la Compagnie de Jésus, est-elle digne d'un auteur sérieux? Ne rappelle-t-elle pas le système « de ces écrivains qui, traitant l'histoire à la manière d’un tableau du jugement dernier, elassent délibérément chaque personnage à droite ou à gauche, parmi les élus ou les réprouvés? » (Le Correspondant, 4896, t. 1, p. 751).

PARLE PAGE PR Le ES a TS RE Pa

À pu ë Re" El

Gr. CRAN AS

D LÉ LE Pa x Gr

op

RSS EP 7 STE Ex

Page 1