ENFANTS DE FRANCE
mois d'attente, on apprit que la sollicitude de Léon XIII avait enfin désigné l chanoine Paul Napoléon Bruchési pour être le nouvel archevèque de Montréal, ce fut un concert de réjouissances générales et cordiales, non seulement parmi les catholiques, mais parmi tous les chrétiens dissidents du vaste archidiocèse. Elu le 25 juin, en la fête du Sacré-Cœur de Jésus, Mgr. Bruchési voua une dévotion spéciale à ce Divin Cœur. Il en introduisit le précieux emblème en ses armoiries ; il choisit pour devise: /n domino confido : «Je me confie dans le Seigneur » ; il se plut à s'entendre appeler l'évèque du Sacré Cœur.
Dans les premiers jours du mois d'août suivant, Mgr. Bruchési était sacré évèque, en son église cathédrale de Saint Jacques-le-Majeur, à Montréal, par Mgr. Bégin, archevêque de Cyrène, devenu depuis archevêque de Québec assisté de N. N. $S. $. les archevèques Duhamel d'Ottawa et Langevin de Saint-Boniface. Le sermon du sacre fut prononcé par l’évêque de Vallevfield, Mer. Emard, et ce fut une belle page d’éloquence apostolique et fraternelle, rappelant et complétant cet autre sermon mémorable qu'avait prononcé le chanoine Bruchési, au sacre de son frère, le premier évèque de Vallevlield, le 8 juin 1892. A sionaler ici, en passant, la fondation commune de la Semaine Belisieuse de Montréal effectuée par les abbés Emard et Bruchési, quand ils résidaient ensemble à lévèéché de Montréal, vers 1885.
La réponse que fit Mgr. Bruchési à l'adresse de son clergé diocésain, à celles de ses ouailles françaises et irlandaises, et de son frère en épiscopat, qu'il retrouvait au nombre des évêques ses suffragants, en cette journée de son sacre, restera comme un impérissable monument de cette grandiose circonstance. IT ravit d'emblée, ce jour-là, la filiale ou fraternelle affection, avec l'admiration sincère, des vingt évêques, des centaines de prêtres et des milliers de fidèles présents à cette inoubliable cérémonie.
Depuis cette époque bénie, le nouvel archevêque de Montréal a visité Rome, la France et l'Espagne ; il s’est mis en relations plus intimes avec la plupart des paroisses, des