SCÈNE PREMIÈRE
CERVANTES, L’OFFICIER, deux prisonniers, trois gardiens, LE CAPITAINE RIFADOR.
.Rifador cal nul» A droite devint le berce*» . pré» d'une petite table tur laquelle est nn registre, une plume et de l'encre.)
L’OFFICIER, A Rifador, montrant Cervinle» quitta an second plan.
Un prisonnier.
RIFADOR.
Ccst bon! chacun son tour, que diable !
.Montrant uu de* pritunniers que l'on fait avancer ter* lui.)
D’abord, pour celui-ci , logement très-sor table,
Nous avons le cachot numéro trente-six.
11 est tant soit peu bas ; mais, quand on est assis...
(Montrant lu teeond prixonnier qui t'avance à «on tour.)
Pour cet autre . voyons. . le numéro vingt-quatre,
Où quelquefois , dit-on, le» rats viennent s’ébattre.
Bah ! cela fait toujours une distraction ;
Et d’ailleurs, quand ici Ton est en pension ,
Ce n’est pas pour y vivre avec toutes se» aises.
J'ai passé, pour ma part , des heures plus mauvaises Au bivouac où, sans lit, oreiller ni rideau,
On s'éveillait souvent dans la houe et dan* l'eau.
Celait en se battant que l'on soignait son rhume.
(Le* deux prisonnier» «ortrut, immcuét par deux de» g»rdirnv.;
A présent, celui-là , qui, suivant la coutume.
(iroutquemeul.)
A droit, sans aucun doute , à des ménagements!
Cervantes , qui, abuorW dan» K* peeiéei. «Vtt aulx *mr le twuc Or pierre,
te levant. I
Je n’en demande pas ; les destins incléinenl*
(I) Ce* xi* dentier» ver» ne w disent |«x» à la repn ; »ct<talioii,
Cervantes ctt maicnd |*r le* garde» , el le rideau baisse sur celui-ci :
N'arracha rie me* main* mon arme que brlfée
SO
M'ont rendu vos rigueurs d'avance familières.
RIFADOR.
Tiens! il a 1»* ton digne et les allures Aères!
Veuilles du prisonnier m'exhiber le mandat ,
Il ne m'en faut pas plus.
(Jmnl I»» yen» ur le papier que l’officier Ici patente.)
Eh ! mais... avec éclat Ce nom-là par un autre est porté !
CeiTAMCS.
Par un autre?
NI r A DON , K 1 er cul.
Çà! le nom de Miguel étant aussi le vôtre ,
Se pourrait-il qu'en vous, par un hasard flatteur, De Don QukhoAe ici je reçusse l'auteur?
Oui.
HIFADON.
Pardieu! je bénis une si bonne aubaine !
Touchez là!... Vous ave* en mol, — le capitaine Annibal Rifndor, — un ami des plus chauds,
Et qui n'aura pour vous ni grille» ni cachots!
(Au gtrditu qui nt raté.)
Allez!
Un tel accueil, Monsieur...
RIFADOR.
Je suis loin d'être
Un savant, et n'ai pas dessein de le paraître.
Je n'eu» jamais souci des Grecs ni des Romains ;
Je lis peu; mais quelqu’un m’dyant mis dans le» mains Votre livre, moi bleu! j'y trouvai mainte page (Jui m ot allée au coeur on ne peut davantage.
C’est surtout le discours où votre chevalier,
Exaltant du soldat le glorieux métier...
Tenez, j’en puis citer des phrases tout entières!
« Pour défendre l’Étal, pour garder les frontères,
« N’e-t-cc pas le soldat qui... k* jour cl la nuit...
« N’est-cc pas le soldat... » cl tout ce qui s’eu suit! Hier, un procureur, misérable ad'Lrsami,
Osant me soutenir une thèse cor. Il aire,
Ali! sous vos arguments, dont je lirai parti,
Comme il fut écrasé!... comme il fut «aplati C'est à vous que je dois mon triomphe oratoire.
Rien charmé, capitaine...
HIFADON.
Il est pour moi notoire ,
Sans savoir le délit qui vous e»l reproché ,
Que votre honneur, au moins, n'en peut être ébréché.
Oh ! non, verte., et bien loin de rougir de ma faute, Si c’en est une...