‹ Michel Cervantes drame en cinq actes, en versChapitre 6 sur 90 · V I RALES · texte numérisé non relu

V I RALES

Cervantes a subi ce comble de revers!

Cinq ans de ces forbans il a porté les fers :

Oui, vendu comme esclave, il a connu le bagne Où souffraient comme lui tant de fils de l'Espagne.

L’n récit, en passant dans son livre jeté,

Vous a dit les douleurs de sa captivité.

Les fils de Mahomet se souviendront peut-être Comment leur prisonnier, dénoncé par un traître,

Après qu'il eut du bagne ébranlé les ban-eaux,

Sut, devant le supplice, imposer aux bourreaux.

VIRALES.

Mais du noble soldat, en des jours plus propices.

N’a-t-on par aucun prix reconnu les services?

Lorsque s’ouvril enfin sa cruelle prison...

Le captif délivré n’avait plus de maison.

De si lourde rançon, à grand’peine complète,

Sc»n humble patrimoine avait payé la dette.

Reprenant l'arquebuse, il reçut de l'État,

Tout comme auparavant, l’obole du soldat.

Puis sa main à l'épée associait la plume,

C'est du milieu des camps que son premier volume, (ialatlue, affronta les destins orageux; fie* là que de sa muse il essayait les jeux ,

Mêlant la poésie aux guerrières alarmes.

Plus tard, trop fatigué pour le fardeau des armes,

Il lui fallut ailleurs chercher quelque métier.

A de chétifs emplois forcé de se plier,

Car le bruit, non l'argent, rémunère ses livres.

Il fut l'obscur commis d'un intendant des vivres.

Là, quand la calomnie ose encor l'insulter,

Contre ses ennemis oblige de lutter,

De Séville à Madrid, pénible et long voyage.

Il s on vient demander, sur le déclin de l’âge,

Un destin moins amer, et la justice, hélas'.

Qu'au dernier des humain» on ne refuse pas.

’ VIRALES.

Certe , il doit l’obtenir, ou bien c'est une honte !

Il pourrait «e tromper, cependant, s’il y compte.

Plus d'un fort sous ses yeux fut enlevé d’assaut ;

Mais ici...

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