I.A COMTESSE
Moi , jalouse?
LE MAHQCtS.
Au fait , je le conçois :
On m’a, sur ce terrain, querellé bien des fois.
Partout oh deuz beaux yeux lancent leurs étincelles.
On croit que, de ma part, des ardeurs infidèles...
On fait suivre me» pas... oh! j’en suis coutumier!...
Tout s'explique à présent : afin de m’épier.
Cette visite, eh! oui... faite à la dérobée...
Dans quelle erreur bizarre étiez-vous donc tombée !
Celle enfant, j'en conviens, a d’aimables attraits.
LA COMTESSE
Joséfa?.,.
LE MARQUIS
Mais, d'honneur, je me reprocherais...
LA COMTESSE
Quoi! Monsieur?...
LE N ARQVIS.
Par le ciel, comtesse, je vous jure...
LA COMTESSE
Que celte jeune tille est innocente et pure?
Que le souffle du mal , s’il osait l’approcher,
Passerait sur son front sans pouvoir y toucher?
Oerte, il n'est pas besoin que votre voix l'atteste.
LE MARQUIS
Que ma tidélité soit aussi munileste!
Tenez, ce sont vos yeux que j'en prends pour garants. Vos yeux, qui fixeraient jusqu'aux astres errants,
Comme un nuage au veut que toute ombre s’envole !
Si de ma bouche, enfin, une seule parole,
A pu vous offenser, uccord ex-moi le don D’un indulgent sourire et d’un complet pardon! Coupable repentant, à vous je m'abandonne.
On n'est pas comme vous belle sans être bonne.
Dans ce soupçon, d'ailleurs, votre amour a parlé :
Son injustice même a pour moi révélé L'effet d'un sentiment qui me transporte d'aise.
11 n'est point, dans ce cas, de preuve qui ne plaise, Fût-ce uii coup de poignard... pourvu qu’il soit léger. De mon propre bonheur, triomphant messager,
Au grand couvert du roi Je vais , à mon étoile,
Annoncer le beau jour qu’à présent rien ne voile.
(U tort.)