‹ Michel Cervantes drame en cinq actes, en versChapitre 66 sur 90 · LA COMTESSE, CERVANTES · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, CERVANTES

Quel que soit le séjour que l'arrêt me destine.

Ma tille me suivra. Partout une orpheline Trouve bien d'un couvent l'abri mu- et pieux.

LA COMTESSE

Pensez-vous donc. Monsieur, quelle y puisse être mieux Qu auprès de moi? Sa place e.-.! assez indiquée.

Au giron maternel , oui , Dieu l'avait marquée.

Mais qui de José fa soigna les premiers ans?

Qui cultiva son cœur et ses penser* rai»sans ?

Pardon, si voire esprit à ce mot se rê voile;

Mais c'est à qui sema qu'appartient la récolte.

LA comtesse.

Quoi que vous en disiez, il n’est jamais trop tard Pour qu’un droit si sacré revendique sa part.

CCAVANTES.

On la réclame alors hautement , sans réserve,

Sans songer si le monde est là qui vous observe ,

Et sans ménager rien et sans rien calculer.

Mais des le premier pas je vous vois reculer;

A l'élan filial vous imposez silence,

Et ce n'est pas vers lui qu'a penché l«x balance,

Quand le respect humain, ce fantôme glacé ,

Eu un pareil moment devant vous s’est dressé 1 LA COMTESSE.

Man cœur...

CEA VANTE*.

A volonté s’ouvre ou bien se resserre.

LA COMTESSE

De ces ménagement; la loi trop nécessaire Permet...

De cette erreur il faut que vous sortiez.

On se. dit : De mon cœur je ferai deux moitiés ,

— Oh ! ne prétendez pas que celte idée est fausse! —

Puis, l’une de ces parts, — et non pas la moins grosse, — Sera pour les grandeurs, la cour, les dignités,

Pour tout ce qui reluit à vos yeux enchantés,

Pour ces hochets dorés dont vous êtes sujette :

L'autre part, bien fermée ainsi qu'une cachette.

Pour l'amour maternel onia ménagera ;

Cet amour clandestin, on l'y retrouvera,

Quand on sera bien seule et suie du mystère;

Alors ou reprendra sa qualité de mère,

Au xirtir de l'éclat, de lu foule et du bruit.

Comme on prend en rentrant sa toilette de nuit!

Qu’à cet arn.mr furtif la pauvre enfant réponde,

Et vous la renierez après... devant le monde!

LA COMTESSE

Ces traits sont bien amers, et tant de cruauté...

Alors, comprenez mieux votre maternité !

Oh! non, Madame, oh! non, ce serait trop commode ,

Que l'on pût au besoin s’en faire une à sa mode.

11 faut, là comme eu tout, suivre le droit sentier;

Ce grand et saint devoir veut le cœur tout entier.

Lis doux soins quelle envie et quelle revendique,

Une mère à huis clos par le fait les abdique!

Oui , les abdique, et rien, Madame, ne l’absout :

Quand on n'est qu'un peu mère, on ne l’est pas du tout.

LA COMTESSE

Oh ! je l'aimerai tant, cette enfant, et ma dette S’acquittera si bien, tout en iv*lanl secrète!

Je lui rendrai si bien, dans notre intimité,

L'effort qu’à toutes deux il en aura coûté!

Pris, votre affection si profonde et si tendre Jusqu'à d'autres pensers devrait un peu s’étendre.

Je suis eu une place où déjà m'apparait Pour celte chère enfant uu avenir tout prêt.

Comprenez donc, Monsieur, ma réserve discrète :

Ce rang, il ue faut pas que je le compromette;

C'est, lorsqu'un mot fatal peut m’en déposséder.

Pour ma tille, surtout, que je dois le garder, j La reine, en lui tendant une main secourable,

I D'avauce, à mon dessein se montra favorable.

Eh bieu! de Joséfa suivons b» «ni penchant.

Dans le fond de son cœur qu'clle-mème cherchant,

Y trouve un conseiller qui l'éclaire et la guide.

Et que spontanément sa seule voix décide.

La voici.

LA COMTESSE , k part.

Fais, mon Dieu! fais que ce libre choix...

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