‹ Michel Cervantes drame en cinq actes, en versChapitre 71 sur 90 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

De la prison pour moi s'ouvre la porte.

JOSEFA

O bonheur! loin de moi ce seul moment emporte Les tourments si cruels que pour vous j’ai sou [Te rts.

LA COMTESSE

Et dont j’ai pris ma part.

Oh ! que de vcbiix offerts Devront être acquittés par nu reconnaissance!

Je dois te prévenir, cependant, qu'une absence...

JOSÉFA.

Une absence?

Déjà vas-tu feu effrayer?

Les mêmes, MIRA LÉS.

MIAAI.ES.

Ah! seigneur!...

Ici! vous!

mirai.es.

Oui, grâce au commandant.

En vain je caressais un espoir imprudent :

L'exil pour vous ! l'Afrique et su funeste plage !...

Silence !

JOSÉFA.

Voilà doue quoi était ce voyage!

MIRAt.ÉS.*

Vous ne le saviez pas?

JOSEFA

Eli ! non! Il me trompait!

ÏO

f Av«s un ion de re^roebt-)

Mon père !

En le cachant le coup qui me frappait.

Je pouvais contre lui trouver en moi des armes ;

Mais s'il foui endurer tou désespoir, le» larmes...

JOSÉFA, avec éMi?'*.

Mou désespoir?... non pas, car se désespérer,

C'est faiblir! Moi, grand Dieu! loin de vous demeurer Ici, tranquillement, heureuse et bien choyée,

Ave* -voua pu le croire? Avec art employée,

La nue, en contenant mes larmes dans mes yeux.

Eût adouci pour mot le moment des adieux ;

El puis, tout était dit! Non, le voile s'écarte!

Vous sente* qu’avec vous il faut bien que je parte.

Je le veux! c'est mon droit, mon devoir! Vous iriez Seul vers ce morne exil!... seul vous y languiriez, Tandis... Mais quelle peine ai-je doue méritée Pour me voir à ce point par vous déshéritée ?

LA COMTESSE, * f»r1.

Noble entant!...

Pense donc à mon affreux chagrin De le voir à Ceula, sur ce rocher d'airain,

Souffrir, à me* côtés , pauvre fleur languissante !

JOSÉFA.

Je souffrirais bien plus, de mon devoir absente!

CERVANTES, prêt à »'èluigo«r, A U eomlitM.

Ganiez-la... pour toujours !

LA COMTESSE

Non... mais comme un dépôt Qu'à vos mains je rendrai, je l’espère, et bientôt.

JOSÉFA, t'allâcbacl A ton [ère.

Laissez, laissez venir votre consolatrice I

Laisse-moi de ta lèvre écarter ce calice !

JOSÉFA.

Ce devoir, désormais plus cher et plus sacré,

Laisscz-moi le remplir!

LA COMTESSE, à pari.

Mon cœur est déchiré!

Saint et cruel débat !

JOSÉFA.

Ces funestes piérides

Naîtront point de rochers, point de sable* arides Qu'un rayon de bonheur ne puisse féconder,

Si Dieu bénit rues soins et daigne les guider]

Chacun succomberait sous b peine isolée;

Mais de quelque douceur elle est parfois mêlée.

Et l'on sent bien moins lourd le fardeau de sa croix , Quand on est deux ensemble!...

su MA LÉS.

Et mieux encore trois.

Jr pars aussi !

Qui? Vous?

MIRALES.

Oui... pour m'ouvrir l'entrée D'une carrière ici de rivaux encombrée.

Mon projet est parfait.

Détour trop généreux,

Pour lier vos beaux jours à mon sort malheureux!

NIRALKS.

El moi. si c'est par goût que là je prétends vivre?

Et >i c’est 1c bonheur que je veux y poursuivre?

Si ce lieu mlputé, loin de m'être cruel,

M'attire sur vos pas comme un chemin du ciel?

Je vous aimais, seigneur, as ant de vous connaître:

D'un antre sentiment si je ne suis pas maître,

Ils *e sont tous les deux à loi point confondus,

Que pour les séparer vos soins seraient perdu*. Pardonne» de mon coeur l'élan trop téméraire!

En ce moment suprême il ne peut plus se taire,

Et peut-être l'exil vous serait allégé,

I Quand le poids par un fils en serait partagé!

JOSÉFA, »<oc au tuprime cR».rt.

Non... non... à mouldier... c'est moi qui vous convie. Votre mère!...

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