SCÈNE XIV
De la prison pour moi s'ouvre la porte.
JOSEFA
O bonheur! loin de moi ce seul moment emporte Les tourments si cruels que pour vous j’ai sou [Te rts.
LA COMTESSE
Et dont j’ai pris ma part.
Oh ! que de vcbiix offerts Devront être acquittés par nu reconnaissance!
Je dois te prévenir, cependant, qu'une absence...
JOSÉFA.
Une absence?
Déjà vas-tu feu effrayer?
Les mêmes, MIRA LÉS.
MIAAI.ES.
Ah! seigneur!...
Ici! vous!
mirai.es.
Oui, grâce au commandant.
En vain je caressais un espoir imprudent :
L'exil pour vous ! l'Afrique et su funeste plage !...
Silence !
JOSÉFA.
Voilà doue quoi était ce voyage!
MIRAt.ÉS.*
Vous ne le saviez pas?
JOSEFA
Eli ! non! Il me trompait!
ÏO
f Av«s un ion de re^roebt-)
Mon père !
En le cachant le coup qui me frappait.
Je pouvais contre lui trouver en moi des armes ;
Mais s'il foui endurer tou désespoir, le» larmes...
JOSÉFA, avec éMi?'*.
Mou désespoir?... non pas, car se désespérer,
C'est faiblir! Moi, grand Dieu! loin de vous demeurer Ici, tranquillement, heureuse et bien choyée,
Ave* -voua pu le croire? Avec art employée,
La nue, en contenant mes larmes dans mes yeux.
Eût adouci pour mot le moment des adieux ;
El puis, tout était dit! Non, le voile s'écarte!
Vous sente* qu’avec vous il faut bien que je parte.
Je le veux! c'est mon droit, mon devoir! Vous iriez Seul vers ce morne exil!... seul vous y languiriez, Tandis... Mais quelle peine ai-je doue méritée Pour me voir à ce point par vous déshéritée ?
LA COMTESSE, * f»r1.
Noble entant!...
Pense donc à mon affreux chagrin De le voir à Ceula, sur ce rocher d'airain,
Souffrir, à me* côtés , pauvre fleur languissante !
JOSÉFA.
Je souffrirais bien plus, de mon devoir absente!
CERVANTES, prêt à »'èluigo«r, A U eomlitM.
Ganiez-la... pour toujours !
LA COMTESSE
Non... mais comme un dépôt Qu'à vos mains je rendrai, je l’espère, et bientôt.
JOSÉFA, t'allâcbacl A ton [ère.
Laissez, laissez venir votre consolatrice I
Laisse-moi de ta lèvre écarter ce calice !
JOSÉFA.
Ce devoir, désormais plus cher et plus sacré,
Laisscz-moi le remplir!
LA COMTESSE, à pari.
Mon cœur est déchiré!
Saint et cruel débat !
JOSÉFA.
Ces funestes piérides
Naîtront point de rochers, point de sable* arides Qu'un rayon de bonheur ne puisse féconder,
Si Dieu bénit rues soins et daigne les guider]
Chacun succomberait sous b peine isolée;
Mais de quelque douceur elle est parfois mêlée.
Et l'on sent bien moins lourd le fardeau de sa croix , Quand on est deux ensemble!...
su MA LÉS.
Et mieux encore trois.
Jr pars aussi !
Qui? Vous?
MIRALES.
Oui... pour m'ouvrir l'entrée D'une carrière ici de rivaux encombrée.
Mon projet est parfait.
Détour trop généreux,
Pour lier vos beaux jours à mon sort malheureux!
NIRALKS.
El moi. si c'est par goût que là je prétends vivre?
Et >i c’est 1c bonheur que je veux y poursuivre?
Si ce lieu mlputé, loin de m'être cruel,
M'attire sur vos pas comme un chemin du ciel?
Je vous aimais, seigneur, as ant de vous connaître:
D'un antre sentiment si je ne suis pas maître,
Ils *e sont tous les deux à loi point confondus,
Que pour les séparer vos soins seraient perdu*. Pardonne» de mon coeur l'élan trop téméraire!
En ce moment suprême il ne peut plus se taire,
Et peut-être l'exil vous serait allégé,
I Quand le poids par un fils en serait partagé!
JOSÉFA, »<oc au tuprime cR».rt.
Non... non... à mouldier... c'est moi qui vous convie. Votre mère!...