ACTE III, SCÈNE III
Notre double influence, — honorable, d'ailleurs, Verra petits et grands invoquer son égide.
LA COMTESSE, à part.
Oh ! mon rêve exaucé !
LE MARQUIS
Dans sa vertu rigide,
La reine a le regard perçant et scrutateur;
Son choix, quand on l'obtient, n’en est que plus flatteui Mais naguère une dame, — et très-bien appuyée,
Qui s’était, autrefois, tant soit peu... fourvoyée,
Pour cet unique tort, sans merci ni quartier.
Par ordre souverain se vit congédier.
Un fâcheux accident, histoire singulière ,
Avait sur le passé fait jaillir la lumière ;
Le galant oublié qui soudain surgissant...
LA COMTESSE, mal à l'aise.
Monsieur...
LE MARQUIS
Votre beau front, comtesse, en rougissant, Me montre clairement à quel point tout scandale,
Tout acte, quel qu’il soit, dont se plaint la morale, Vous froisse, vous révolte, et je m’en réjouis.
Les noirs crêpes du deuil se sont évanouis :
Fixons-nous à trois jours l’heureux terme où j’aspire? Eh bien?...
LA COMTESSE
Sur moi déjà vous prenez un empire...
LE MARQUIS
Qui vous donne un sujet, un esclave! — C’est dit?
Dans trois jours?
Puisqu’il faut, sans trêve ni répit,
Céder...
LE MARQUIS
O mot heureux pour ma vive tendresse !
( Ici paraissent de nombreux courtisans , venant par le lbud à gauche
LA COMTESSE
Mais de tous ces seigneurs la foule qui s’empresse , Annonce que le roi par ici va passer.
LE MARQUIS
Aucun, auprès de lui, ne doit me devancer.
LA COMTESSE
Près de la reine aussi mon devoir me réclame.
LE MARQUIS
Le jour est donc fixé qui couronne ma flamme!
Demain toute la cour en recevra l’avis.
( Il présente la main à la comtesse, et la conduit jusqu’à la porte des appartements : les seigneurs la saluent.)