SCÈNE II
Les mêmes, SANCHO PÉREZ.
Ml RALES, à Sancho, qui entre par la gauche.
Venez ça !
Respectable hôÊlier! seigneur Sancho Pança * !
SANCHO
Sancho Pérez, Messieurs : c’est ainsi qu’on me nomme.
M1RAI.ÉS
Pérez? va pour Pérez ! Nous vous devons la somme?.. .
SANCHO
De neuf réaux en tout.
MIRALÈS, comptant l'argent sur uue table.
Neuf x'éaux... les voici:
Deux... trois... quatre .. comptez.
SANCHO
C’est bien cela, merci.
Seigneur étudiant ; et devant cette porte,
Quand vous repasserez... réception accorte,
Et d’un prix -modéré. Vous connaissez mon vin :
Sent-il sa peau de bouc! Un breuvage divin! •
Surtout, lorsqu’une fois par vous sera goûtée Une olla-podrida de ma main apprêtée,
Jamais votre estomac n’en perdra souvenir.
MIRALÈS.
Très-bien, seigneur Pança ; nous pourrons revenir.
SANCHO
* Pardon : Sancho Pérez.
MIRALÈS.
Avec cette figure.
Ce ventre florissant, cette ronde encolure,
C’est que Sancho Pança vous conviendrait si bien !...
A ce frappant rapport pour qu’il ne manque rien,
Vous devez être beau, du moins, je l’imagine,
Enfourchant d’un grison la pacifique échine ;
Car vous m’apparaissez, sur un grison monté,
Le maître dignement par 1 ane complété.
* Sancho, Miralès, Diégo, les autres étudiants groupés sur la droite.
SANCHO
Et quand il serait vrai. Monsieur, que j’aie un âne... Après tout!...
MIRAI.ÈS
Pour Cela loin que je vous condamne.
D’avoir bien deviné vous me voyez ravi.
S A NC HO.
Le meunier par son âne est toujours bien ser#;
Fil d’argent ne vaut rien pour attacher des gerbes,
Le proverbe le dit.
MiRALÉS.
11 cite des proverbes !
Admirable! Parfait!