ACTE III, SCÈNE VI
MI RALES
Le roi * !
le ROI.
Jeune homme, à mon aspect.
Pourquoi donc te troubler?
MIRALÉS, comme cloué à sa place.
Mais... sire... le respect...
L’honneur que... l’honneur qui... la crainte... la surprise ! (a part.)
Ah ! mon Dieu! si j’allais dire quelque sottise !
LE ROI
Ce palais, je conçois, ne t’est pas familier.
De i'Universitc n’es-tu pas écolier?
Réponds.
MIRALÉS.
En médecine, oui, sire, j’étudie.
LE ROI , au marquis.
Si jamais le docteur manque à la maladie!
(a Mirâtes.)
Et là, sur cette place... où, moi, je t’observais,
(Mouvement de Miralès.)
Oh! n’en vas redouter nul résultat mauvais...
Ton savoir préludait -en séance publique;
Tu traitais, il parait... l’humeur mélancolique?
MIRALÉS.
Quoi! Votre Majesté...
LE ROI
Pour combattre ce mal,
Tu semblés posséder un talent sans égal,
Un suprême ascendant dont je te félicite.
Quels rires! quels bravos !...
MIRALÉS.
Sire, tout le mérite
En est, non pas à moi, mais au livre applaudi.
L’esprit le plus inculte et le plus engourdi Pourrait-il résister...
LEROI
Quel est donc cet ouvrage Qui parlait à la foule un si joyeux langage ?
* Dod Ramon, le marquis, le roi, Miralcs, don Alonïe.
Quel est entre tes mains ce talisman heureux,
Ce flacon d’où jaillit un vin si généreux?
M 1 R AL BS, tirant un volume de sa poche.
Le voici, Majesté.