‹ Michel Cervantes drame en quatre actes, en versChapitre 71 sur 92 · I.K MARQUIS · texte numérisé non relu

I.K MARQUIS

Ou s’en charge.

CER V A NTES.

Écoutez le cri de la nature.

''.Vit un pénible effort que sur moi je ferai ; Mais s’il faut supplier, eh bien ! je supplierai! |l n’est pas de verrous, il n’est pas une grille m u ne laissent passer les baisers d’une fille.

LE MARQUIS

O.i verra.

Cher trésor, hélas! je t’ai perdu.

Oh! l’on ne voudra pas que tu me sois rendu;

Leurs filets, mon enfant, t'ont prise dans leurs mailles.

(Regardant à droite.)

Le voilà, ce palais; les voilà, ces murailles A qui mon cœur brisé te redemande en vain !

0 toi seul juste et bon, ô Dieu! juge divin,

(Apercevant Joséfa.)

Rends-la moi... Ciel!...

SCÈNK IV.

Les mêmes, JOSÉFA, LA COMTESSE.

JOSÉFA, entrant parle fond avec la comtesse, et s’élançant vers Cervantes.

Mon père * !

(il la presse dans ses bras.)

Joséfa !

0 prodige! ô miracle!

LE M A R QL 1 1 S , à part.

Que veut dire?...

JOSÉFA.

Est-il aucun obstacle

Que Dieu, dès qu’il lui plaît, ne puisse renverser?

Quand j’invoquais son nom, il daigne m’exaucer! Mais dis... par quelle route a-t-il su te conduire?

* La comtesse, Joséfa, Cervantes, le marquis.

J08ÉFA.

Apprenant mon malheur, à mes yeux je vois luire Comme un éclair. La reine allait sortir : je cours.

Je m’élance; à ses pieds, implorant son secours,

Je me jette. « — Madame, oh! pitié! » m’écriai-je;

« Vous avez du pouvoir le plus beau privilège;

« Surtout vous protégez les filles sans parents.

« Mon père... on me l’a pris ; dites: Je te le rends!

« Ou, si la geôle encor tarde à lâcher sa proie,

« Au moins, sans diiTérer faites que je le voie ;

« Car je n’ai que lui seul! » Oh! je ne tremblais pas! Ma parole était ferme aussi bien que mes pas.

« — Cette enfant a raison, » dit une voix auguste;

« Elle veut voir son père, et sa demande est juste.

« Comtesse, à la prison sur-le-champ menez-la;

« Je l’ordonne. » Elle dit, mon père, — et me voilà!

Que le ciel envers elle acquitte notre dette !

LH MARQUIS, à part.

Mais on ne peut donc plus compter sur l’étiquette !

JOSÉEA, à la comtesse.

Un tel ordre, Madame, est une douce loi,

N’est-ce pas?

Tout entière aux soins de mon emploi Quand la reine a parlé...

CERVANT ES.

Volonté tutélaire!

LA ÇOMTESSE.

Profitez-en, Monsieur. Même, s’il peut vous plaire * D’être seuls tous les deux... car je juge combien Le tète à tète est doux pour un tel entretien... Que votre peine en soit d’autant mieux adoucie.

(Montrant la droite.)

Vous pouvez...

En eflet... et je vous remercie.

LA CO MTESSE.

J’attendrai le dépôt à ma garde commis.

CERVANTES, à part.

A sa garde!

(Cervantes et Joséfa sortent par la droite, au Second plan.)

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