Cf. Courajod, Bull. Soc. antiquaires, 1887, p
6. Cf. Courajod et Marcou, ouv. cit., p. 140, et Mùntz, Monuments Piol, 1897, p. 123-135.
l'influence italienne avant les guerres d'italie
Laurana avait aussi modelé sa médaille en 1466, de plus le caractère de l'œuvre implique très nettement une origine italienne ; enfin nous sommes tout à fait ici dans la sphère d'action habituelle au maître .
Ses deux œuvres les plus importantes et les plus sûres, toutes deux à peu près contemporaines, se trouvent en effet dans cette région ; c'est la décoration de la chapelle Saint-Lazare dans l'église de la Major îi Marseille (1475-1481) et le grand retable de l'église des Célestins d'Avic/non (1478-
Le Mans. Cathcdrale. — Tombeau de Charles IX d'Anjou attriljué à Laurana. (Marbre.)
1481) qui se trouve aujourd'hui à l'église Saint-Didier de celle ville et qui était dû aux libéralités du roi René.
Nous n'avons pas à refaire ici l'histoire de ces monuments qui est bien connue ^ La décoration de la chapelle de la Major est un ensemble assez important : elle se compose d'une double arcade couronnée de motifs d'architecture et de statuettes, et donnant accès dans un petit enfoncement où se trouvent divers morceaux sculptés : un aulel avec quelques bas-reliefs el trois
i. Cf. Millin, Voyac/c dans le Midi de la France, 1808, III, p. 197. — D'" Barthélémy, La chapelle Saint-Lazare A Vancienne cntliédrale de Marseille, Bull, monumental, t. L, 1884, p. 626-C37, et Mém. de r Académie de Marseille, 1885, p. 443-453. — P. Achard, Notes sur quelques artistes d'Avignon, Arch. art fr., IV, 1856, 182-3. — Montaiglon, article cité, et P. Trabaud, Le retable de Saint-Didier d'Avignon, Gaz. B.-A., 2"= pér., t. XXIII (1881), p. 175-177. — Cournjod et Marcou, OUI', cit., n"* 713-714-715, bibliographie. — Courajod, Al. Lenoir el le Mus. des mon. franq., III, p. 180 et suiv.
slalnes, plus deux tabernacles en marbre. La sculpture décoratiA'e qui dénote la collaboration de tout un atelier est d'un style élégant et sobre sans être d'une qualité tout à fait supérieure, elle est très semblable à ce qui se faisait alors en Italie. Quant aux statues, elles sont assez lourdes et, à en juger par leur style, le sculpteur italien paraîtrait plutôt avoir subi lui-même l'influence ambiante du style franco-flamand qu'apporté une manière et un style entièrement nouveaux et inconnus dans le pays où il travaillait. On peut même supposer qu'il fut assisté, surtout pour les figures secondaires, par quelque imagier local. Nous ne lui connaissons cependant comme collaborateur qu'un nommé Tomaso Malvilo da Como^. Celui-ci était originaire de la liante Italie et dut l'aider notamment dans la partie ornementale où l'on trouve de nombreux rapports avec l'art de la région de Milan et des lacs italiens.
Le retable d'Avignon se compose essentiellement d'un grand baut relief pittoresque représentant le Clirist et les Saintes Femmes sur le cbemin du Calvaire, et offrant en guise de fond, une perspective assez compliquée de ville avec des monuments très classiques. Il est flanqué de deux statues de saints dans des niches , le tout encadré dans une architecture dont les éléments sont ici presque exclusivement empruntés à l'art antique. Les deux statues de saints que l'on voit de chaque côté sont trapues, lourdes et médiocres; elles tendraient même, comme certaines des figures de Marseille, à indiquer la présence d'un collaborateur étranger au pur esprit italien.
A quel moment s'arrête la carrière de notre artiste? Nous ne saurions le dire exactement. On le trouve mentionné à Marseille en 1499 on a voulu d'autre part l'identifier avec un certain maître Laurens le fondeur qui travaille à Nancy en 1495^, et que l'on prétend^ être l'auteur du tombeau du duc Ferry de Yaudemont, gendre du roi René. Ce tombeau, destiné à l'église de Joinville (Haute-Marne), a disparu ; mais les gravures qui nous le font connaître ^ nous présentent des figures gisantes qui ne paraissent différer en rien du type français habituel ; les dais qui surmontent les deux têtes sont gothiques, et la décoration du tombeau elle-même, très sommairement indi-
1. Cf. II. W. Schulz, Denkmàler der Kunsl des Mittelalters in Unterilalien, 1860, t. III, p. 34, Perkins, Les Sculpteurs italiens, édit. française, 1859, t. II, p. 180.