IINSCRIPTIONS OU SENTENCES INÉDITES
Les cinq Inscriptions grecques ou greco-latines, dont nous n'avons pas cité la soiutc, sont-elles des rémiiiisccnces ou des sentences composées par Montaigne? c'est ce que de plus érudits sauront facilement constater. Ce que nous pouvons affirmer, c'est la scrupuleuse fidélité des (juinze inscri])tions qui vont suivre. Telles qu'elles ont été dérobées aux poutres et aux chevrons , telles nous les reproduisons. Au-dessous, nous avons mis la traduction. Les lecteurs familiers de Montaigne, rapprochant ces quinze sentences inédites, des dix-huit sentences éditées ou reproduites par M. Payen, seront sans doute frappés de cette circonstance, que* chacune d'elles contient sinon le titre , au moins le principe de plusieurs chapitres des Essais. L'immortel chapitre XII, semble surtout s'cti'e incrusté, jour j)ar jour, au j)laf()nd de la librairie de Montaigne, avant de descendre dans le livre où Pascal l'admirait et le querellait tour à tour.
1 . Vidisti liominem sapientem sibi videri ? Magis illo spem ha-
bebit insipions.
(Liber Proverbionim, ii\[). xwi, ^ 12.)
« Avez-vous vu un liomme qui soit sage à ses yeux? L'insensé. « aura plus d'espoir que lui. »
2. 0 miseras hominum mentes! ô pectora ciEca! Qualibus in tenebris vitae, quantisquo periclis Dcgitur hoc aevi , quodcumque est !
(Luciuicii, de licrum nalura , liv. II, v. 14.)
« 0 pauvres esprits des hommes ! ô cœurs aveugles ! Dans « quelles profondes ténèbres , dans quels grands périls s'écoulent « ces courts instants qu'il vous est donné de passer ici-bas ! »