MAI-9 JUIN
LE TELLIER A MAZARIX. — EXTRAIT
26 mai 1642.
Monseigneur, M. le duc de Bouillon est arrivé ici le 12 de ce mois, il a été visiter toutes les places ; depuis il a donné des ordres pour assembler l'armée à Gambian, pour le 3 du mois prochain. Mais sur ce qu'il a été averti de la marche des ennemis vers Buby, il a envoyé de nouveaux ordres aux troupes pour se rendre à Albe, le samedi prochain qui sera le dernier du présent, et de là marcher droit aux ennemis.
DES NOYERS A LE TELLIER
9 juin 164i.
Monsieur, j'ai reçu tous les mémoires et états qu'il vous a plu m'envoyer, dont je vous rends grâces du meilleur de mon cœur. J'estime que désormais les recrues ne farderont pas à arriver en Piémont ; c'est pourquoi il importe grandement d'établir de bons commissaires sur les avenues (leur passage) et empêcher bien soigneusement que les vieux corps n'en envoient au rencontre des recrues et par ce moyen en enfler le nombre en papier, mais non dans le service, ainsi qu'il s'est pratiqué d'autres années. J'envoie par toutes les provinces hâter celles qui y restent, avec toutes les instances imaginables.
M. le préfet de Sena pouvoit se contenter de ne pas satisfaire à sa promesse sans faire des imprimés et manifestation pour payer en mauvaise monnoie des gens qui ne lui répondront pas de même. Et il me semble que vous pouviez empêcher ces sortes de ma-
nifestations qui sont bien ridicules, mais ne laissent de taxer (mal noter) la France dans l'esprit de ceux qui ne savent que le roi n'étoit obligé de bailler aucun lieu d'assemblée ni routes aux recrues de Madame.
Il faut, s'il vous plaît, faire payer la compagnie des gardes de M. de Bouillon au nombre qu'elle se trouvera, sous titre de carabins. J'entends pour ce qui se trouvera au-dessus de trente que l'on emploie dans les états; enfin, Monsieur, je vous prie de donner à M. le duc de Bouillon tout le contentement qu'il pourra désirer de vous, à la prière, etc....
LETTRE DU ROI A LE TELLIER
25juiu 1642.
M. Le Tellier, je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous ayez à faire payer dorénavant de mois en mois les prêts au régiment suisse du colonel Rhoon, que j'ai nouvellement mis sur pied et fait passer en Italie, à raison de deux mille cent quarante livres pour chacune compagnie qui sera de six vingts hommes, et pour celles qui seront plus fortes ou plu> foibles à proportion de ladite somme ; comme aussi les appointemens du colonel et officiers de la justice à raison de dix-neuf (cent) soixante livres par mois, le tout à commencer du premier jour d'août prochain, et ce du fonds destiné pour le paiement des prêts et montres de mon armée d'Italie. A quoi m'assurant que vous satisferez, je prie Dieu, etc.... Ecrit à Monfani, le 25 juin 1612. Signé: Louis, et plus bas,