‹ Michel Le TellierChapitre 7 sur 179 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

passage des Alpes; mais par ses intrigues autant que par son inertie, ce prince contrecarrait les projets de Louis XIII, quand une mort inopinée vint mettre un terme à une situation difficile : Yictor-Âmédée expira le 7 octobre 1637. Ses frères, le cardinal Maurice de Savoie et le prince Thomas de Carignan, prétendirent à la régence du duc héritier, âgé de quatre ans, à la place de sa mère. Madame Royale : en même temps ils demandaient Tappui de TEspagne pour soutenir leurs prétentions. La régente aurait voulu garder la neutralité; c'était le conseil que lui avait donné le duc en mourant; mais elle n'eut pas à choisir; pour se délivrer des Espagnols qui envahissaient ses Etats, elle signa, le 3 juin 1638, un traité offensif et défensif avec la France.

Henri de Lorraine- Elbeuf, comte d'Harcourt, appelé au commandement de Tannée d'Italie, dont le chef, le cardinal de la Valette, venait de mourir, se porta au secours de Casai qu'assiégeait le marquis de Léganez, gouverneur du 3Iilanais. Il força ses hgnes; les Espagnols y perdirent leur artillerie et levèrent le siège (29 avril 1640). Poursuivant ses succès, le général français marcha aussitôt sur Turin pour en dégager la citadelle, dont le prince Thomas ne put pas s'emparer, quand il se rendit maître de la ville par

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surprise. Leganez suivit le comte d'Harcourt qui avait investi Turin. Celui-ci se trouva dans une position difficile; mais son sang-froid et sa persévérance intimidèrent le général espagnol qui n'osa pas l'attaquer. Turin se rendit le ^4 septembre 1640. C'est à cette époque que Le Tellier fut appelé à l'intendance de l'armée d'Italie, pour remplacer d'Argenson qui, allant chercher à Pignerol des instructions de la cour au snjet des princes de Savoie, fut surpris et enlevé par un parti de cavaliers espagnols qui le conduisirent prisonnier au château de Milan.

La magistrature civile appelée à administrer les armées en France a une origine qui remonte à la guerre de Cent Ans. Dès cette époque, nous trouvons un corps spécial ayant mission d'apporter de l'ordre dans les dépenses de l'entretien des troupes. Et, autant pour rendre plus efficace l'autorité des administrateurs, que pour la faire mieux accepter par les gens de guerre qui ne connaissent pour règle que leur volonté, le roi Jean, par son ordonnance de 1355, déféra au jugement de la connétablie, les contestations qui ne pouvaient manquer de s'élever entre les commissaires et les chefs de bande (').

(1) Recueil général des ayiriennrs lois fraïuuiises, pnr Decriisy, Isarabert, t. V, p. :?n8.

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