INTRODUCTION. LXXXIII
» ger pour fournir des vivres à Farmée, quand
» elle se mettra en campagne. Les gens de
» guerre y vivent licencieusement, outre ce
» qu'ils tirent en argent et en denrées. Ils
» n'épargnent pas les violences sur les grands
» chemins, en sorte qu'on ne laboure pas par-
» tout ('). » <( Le régiment Normandie a exigé
» plus qu'il ne falloit, au moins a-t-il vécu avec
» ordre, mais les autres ont commis tous les dé-
^ sordres que la guerre porte en pays ennemi.
j) M. Mazarin a employé tout ce qu'il a d'indus-
» trie, d'autorité et d'aiïection au service du roi
» pour en arrêter le cours. Il vous dira ce que
^) la voix d'un homme de ma sorte y a paru, et
)) si j'ai reculé quand il a proposé que j'allasse
» dans les quartiers, châtier ceux qui chan-
» geoient de cantonnemens à discrétion et li-
» roient des sommes immenses d'argent (^). »
De son côté Des Noyers écrivait à Le Telher :
« 3e me trouve obligé de vous dire que Madame
« a envoyé par deçà d'étranges mémoires des
» levées que l'on fait sur ses sujets pour la sub-
« sistance des troupes du roi: l'on les foit mon-
» ter à six millions de livres , inonnoie de
» France. J'en écris à M. Mazarin et je vous en
(1) Le Tellier à de Bouillon, 3 novembre If5i0, p. 12.
(2) Le Tellier à Des Noyers, 24 décembre l(i40, p. 27.