INTRODUCTION. CVII
)) rexécution un peu difficile... Je m'en rap- « porte à ce que vous en écrira M. Des Noyers C] • " Pour Des N'oyers, il répond d'un ton sec et bourru : « >'ous ne tous demandons pas si l'on » doit châtier ceux qui ont manqué à leurs )) traités, mais que vous le fassiez, et alors, » quand vous nous enverrez des effets et non » des avis sur ce sujet, nous vous dresserons )> des statues C')- '' D'après ces lettres, il était évident qu'on ne voulait pas à la cour se prononcer entre l'extrême indulgence du comte d'Harcourt et l'excessive sévérité de Le Tellier, et qu'on préférait laisser au conseil de guerre à apprécier la proposition de l'intendant de juslice. Le mémoire contenant les jugements est très-voluûiineux, il est en entier dans le manuscrit N^ 5158, bien qu'il ne nous donne pas ce que nous désirerions savoir : la composition exacte du conseil de guerre, et le mode de procédure; on y voit seulement que les maréchaux de camp en étaient membres. Les officiers ont été interrogés, ils ont présenté un mémoire , l'intendant a été entendu, et le conseil a prononcé son jugement qui peut se diviser en trois catégories : — Les officiers ayant fait la dernière campagne devront
(I) Mazaria à Le Tellier, 19 novembre 1641, p. 137. (•2) Des Noyers à Le Tellier, 19 novembre 1641, p. 13i.
GVIII INTRODUCTION.
restituer l'argent qu'ils ont reçu, d'après les conditions de leurs traités; — les officiers n'ayant pas fait la campagne, paieront le double de leur quartier d'hiver, plus l'argent reçu pour les recrues; — les officiers contumaces sont cassés. Nous avons cru devoir, pour faciliter la lecture de ces jugements, les présenter sous la forme d'un tableau synoptique, et nous n'en donnons qu'un extrait (*). Le Tellier envoie à Mazarin et à Des Noyers un compte-rendu de ces jugements ; mais l'instruction de cette grande affaire a révélé des abus de diverses sortes commis par des mestres de camp, de Saint-Georges, Caderousse, de Souvigny, de Clermont-Vertillac, non-seulement à l'occasion de l'argent des recrues , mais encore des montres que ces messieurs touchaient au nom d'officiers qu'on faisait passer pour présents , dont on produisait les quittances, et qui n'avaient pas paru à l'armée. Un abus analogue s'est présenté au régiment de Navailles, mais Le Tellier ne l'impute pas au mestre de camp « qui promet beaucoup en gé- » nérosité et en conduite (-). » Cette observation fait grand honneur au jugement et à la
(1) Voir plus loin, page 164.
(2) Le Tellier à Mazarin et à Des Noyers, 11 janvier 1642, p. 158.