‹ Michel Le Tellier, son administration comme intendant d'armée en Piémont, 1640-1643Chapitre 47 sur 178 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

par deux commissaires des guerres et un contrôleur qui prétendaient avoir à se plaindre de ces Messieurs (*). Cette calomnie fut bientôt découverte et ces agents furent interdits. A ce sujet, Des Noyers écrivit à Le Tellier : « Je prie Dieu » qu'il amende les consciences de ces misé- » râbles; c'est toute la vengeance que je pré- » tends en tirer (^). » Cependant à la réception de la lettre de Des Noyers du 15 décembre, Le Tellier avait écrit directement à de BuUion ; mais, sur l'avis du décès de celui-ci, Le Tellier répondit à Des Noyers que, des trois dénonciateurs, Bourguignon était seul resté à l'armée et il disait. : « Le sieur Bourguignon ne me trompera » jamais; je lui ai vu faire son apprentissage » sous Martin, greffier du lieutenant de robe » courte au Châtelet de Paris. Je n'ai pas trouvé » qu'il se soit amendé ici, en sorte que j'ose » dire que si vous lui avez autrefois accordé de » l'emploi en Piémont par gratification, vous lui » pouvez à présent ôter avec justice. » Mais Bourguignon qui paraît ne pas manquer d'effronterie, au lieu de se retirer honteusement, va faire à Carmagnol une réquisition de six vingt livres. Et, signalant cet acte. Le Tellier ajoute :

(1) Des Noyers à Le Tellier, i5 décembre lrt40, p. 2î.

(2) Des Noyers à Le Tellier, 7 janvier 1641, 31.

IN TRODUCTION. XLIX

« Il ne doit pas être loisible, aux officiers qui » servent en cette armée, de recevoir de Tar- » gent du pays par forme de conlribution, • » que par les ordres de ceux qui y comman- » dent (*). »

Le Tellier trouva à Turin, Dorée, agent supérieur des finances, qui contrôlait les commis de l'extraordinaire de la guerre. Ce contrôleur relevait directement du surintendant, comme on voit encore aujourd'hui à l'armée le personnel du trésor dépendre An ministère des finances. Le Tellier n'a pu examiner et arrêter les comptes des commis de l'extraordinaire, parce qu'ils n'avaient pas d'ordonnances en forme de M. le comte d'Harcourt qui « n'emploie pas volontiers » son temps à signer (^). » Le Tellier n'a pas voulu contrarier ce caprice de grand seigneur, les commis ont apposé au pied des billets du comte d'Harcourt un certificat qui a rectifié ce que ces simples billets avaient de défectueux, d'après les formalités comptables du temps (^).

L'intendant de l'armée est le chef de tout le personnel administratif, mais il n'en dispose pas à son gré, selon les besoins du service, parce que

(I) Le Tellier à Des Noyer*, 16 janvier 1611, p. 35 et 42. — Par gratiûcatioD, c'est-à-dire sans qu'il ait acheté sa charge. (2 et 3) Le Tellier à de Bullion, 3 novembre 1640, p. 12.

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