SCÈNE PREMIÈRE
BERNARD. 5ew/. ■
(// entre parle fond ^ et écoute à la porte à droite.) J'ai trouvé la clé chez la portière... Tliérèse n'est pas encore rentrée... tant mieux ! ça me donnera le temps de me remettre I... C'est- il drule! je viens d'avoir peur... moi, un soldat de Van Ilï j un vainqueur d'ArcoIe! qui ai brûlé plus d'une fois la moustaclie des Autrichiens 1... et avec agrément, j'ose le dire; qui, dernièrement encore , au 18 brumaire, malgré que je sois rentré dans la menuiserie et le civique, avais repris ma clarinette de cinq pieds pour donner un coup de main à mon petit général... Ah ! dame ! c'est que mon général Bonaparte... oli î oh! ne badinons pas...
Air : J^audeville du Baiser au porteur* Au Saint-Bernard et sur le pont d'Arcoie', Toujours près d'iui , dans un jour de combat l
C'était mon drapeau , mon idole
Kt, quoiqu'ça ne soit plus mon état ,
Dès qu'on V menac' , je suis encor soldat ! Car , en prenant mon congé de réforme,
J' n* ai pas r' nonce , je m' en souviens , Au droit qu' j'avais quand j' portais l'uniforme, D' donner mes jours pour conserver les siens.
bis.
Enfin , j'ai eu peur... j'ai tremblé devant un blanc-bec , un muscadin en cadenetîes... {Après un silence,) C'est que c'était bien lui \ je l'avais déjà reconnu, avant-hier, quand, au milieu de cette foule, il m'a glissé à l'oreille, en passant : « Ne dis à personne que je suis à Paris. » {Autre silence.) Que diable vient-il y faire.. ^ avec ses idées, ses opinions? Je lui dois de la reconnaissance, c'est vrai ; mais s'il avait de mauvais desseins contre la république ou contre mon général... Minute ! n'y a pas d'amitié qui tienne !... Ah ! si j'avais quelqu'un au moins pour me donner un bon conseil !