‹ Michel Servet et CalvinChapitre 6 sur 49 · NAISSANCE DE MICHEL SERVET · texte numérisé non relu

NAISSANCE DE MICHEL SERVET

cadavres d'hérétiques furent déterrés et livrés au feu. De l'année 1481 à l'année 1521, vingt mille victimes, juives ou musulmanes, périrent dans les flammes.

Les pouvoirs du Saint-Office étaient illimités. Institué par le roi, confirmé par le pape, ayant à sa tête un inquisiteur général, couvrant tout le territoire de ses familiers, de ses alguazils, de ses juges, n'ayant à subir aucun contrôle, exigeant et récompensant la délation, procédant par le mystère et la torture, le Saint-Office envahissait l'Espagne par la terreur el régnait sur elle par l'épouvante. Cependant, malgré son appareil de proscription et de meurtre, le Saint-Office ne triomphait pas toujours des résistances des musulmans et des juifs. Quelques-uns d'entre eux, — même au milieu des plus horribles souffrances, même en proie aux plus effroyables instruments de torture, — même devant le bûcher — se refusaient à admettre le dogme de la Trinité qu'ils regardaient comme offensant pour la majesté divine.-

Michel Servet entendit, vraisemblablement, bien des fois, et la narration des supplices commandés par l'orthodoxie religieuse et le récit de l'indomptable résistance des condamnés anti-trinitaires.

Lorsqu'il eut atteint sa quatorzième année, sa famille l'envoya à l'université de Saragosse, où son séjour fut de peu de durée. Il y prit le goût de la géographie, science que les grandes découvertes de Christophe Colomb et de Vasco de Gama avaient mise à la mode.

Craignant, sans doute, pour la sécurité de leur fils, dont la vive imagination et Tindépendance intellectuelle les inquiétaient, ses parents le firent partir pour la France : il arriva à Toulouse en 1528 et se fit inscrire comme étudiant en droit à l'université de cette ville.

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