‹ Michel Strogoff [microforme]Chapitre 7 sur 51 · RUES · texte numérisé non relu

RUES

BLounr.—Le mienne, de tout voir et de tout en-

| tendre... avant

JoLLIVET.—Et mon journal. je veux dire... ma cousine est très friande de ces nouvelles, dont elle recevra la primeur.

BLounT.—Le Morning Post recevra.

JOLLIVET.—Avant?... Impossible, che: confrère. Les dames sont toujours servies les premières |

LE GouvERNEUR.—En tous cas, messieurs, vous

‘m’appartenez jusqu’au jour, je veux qu'après avoir

assisté à la fête officielle, vous assistiez, du haut de ‘ce balcon, à la fête populaire qui va commencer à minuit.

. JorLiveT.—S$oit, nous partirons demiain |... (Le (Gouverneur s'éloigne.) Si vous me le permettez, je vous ferai une proposition, monsieur Blount! Nous

‘sommes rivaux.

BLouNT.—Ennemis, mister !

. Jozziver.—Ennemis, c'est convenu !..… Mais attendons pour ouvrir les hostilités, que nous soyons sur le théâtre de la guerre … et une fois là, chacun pour soi, et Dieu pour.

BLounT.—Et Dieu pour moi.

JOLLIVET.—Et Dieu pour vous !… Pour vous tout seul !... Très bien. Cela vous va-t-il ?

BLounT.—Non !.. cela ne allait pas !

: Jozziver.—Alors, la guerre tout de suite... mais je suis bon prince. (Lui prenant le bras et l'emmenant à l'écart.) Je vous annonce, petit père, comme disent es Russes, que les Tartares ont descendu le cours le l’Irtyche.

« BLOUNT.—Ah ! vous pensez que les tertères.. # | 2 he

CR ee

JOLLIVET (riant). —Et 8 ije vous le dis, mon cher ennemi, c'est que j'en ai télégraphié la nouvelle à ma cousine, hier soir, à huit heures moins un quart | (Riant. ) Ah!ahlah!

BLounr.—Et moi, hier, je l'avais télégraphié au

Morning Post, à sept heures et demie... Ahlahlah!

JozLiveT.—L'animal !..je vous revaudrai ça, mon bon gros monsieur Blount ! . |

BLounT.— Vous moquez-vous encore, monsieur ?.…

JoLLIVET.—Et bien, non, mon bon petit monsieur Blount !… Là !

BLounT.— Vous moquez toujours.

JoLLIvET.—Non.….

BLounr (furieux).—Vous moquez, je vous dis !...

Vous moquez, monsieur, vous êtes une mauvaise vilaine homme !… une méchante personnage !.…

vous êtes une. (Tranquillement.) Comment vous À

appelez une personne qui parle sans politesse ?.. JoLLIVET.—Un imperiinent.

BLOUNT (tranquillement). — Impertinence... Very well !.. merci ! (Reprenant un ton furieux.) Vous êtes une impertinente, entendez-vous ?.…

JoLrIvET.— Très bien !

BLounT.—Eh bien, si vous continouyez..

JoLLivEr.—Et si je continouye ?.… BLounr.—Je finissais un jour par touyer vous ! JOLLIVET.—Me touyer ?.…. Comprends pas.

BLounT.—Ouil... touyer avec une épi.

Jouxiver.—Un épi de blé ?

BLounT.—Non... une épi ou une pistolette….

JoLLIVET.—Epée ! On dit'une épée... ou un pistolet.

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BLounT.—Epée vous dites ? JOLLIVET.—Oui.

BLounr.—Et pistolet ?

JOLLIVET.—Oui.

BLountT.—Oh! Very well, merci. (Avec colère.) Eh bien, je tuerai vous, avec une épi... épée ou un pistolet. |

JoLLIVET.—A la bonne heure! Vous faites des progrès, élève Blount. Je suis content de vous !

BLrounr.—Mister Jollivette.

JoLLIVET.—Jollivet, s’il vous plaît !.. Jollivette est ridicule.

BrounT.—Alors j’appelai vous toujours Jollivette ! (Avec force.) Jollivette!.. Jollivette!.. Jollivette !… ‘Ah!

: Le GouvERNEUR (rentrant).—Messieurs, j'entends les accords de l'orchestre... (C’est notre danse nati- ‘onale.

JoLLIivET.—Nous sommes à la disposition de (Votre Excellence. (Tous deux entrent dans le salon. Au moment où le gouverneur et le général vont franchir la porte, l’aide de camp rentre mrécipitamment par la gauche.) | | |

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