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En Champagne. cathédrale de Milan

J. HICHELET.

SAINT FRANÇOIS D'ASSISE. — SAINT DOmNIQTJE

A. la fin du xti* siècle les hérétiques étaient devenu si nombreux, que le midi de la France et l'Italie commençaient à ne plus obéir au clergé catholique. Alors doux saints, un Espagnol, Dominique, un Italien, Franco», fondèrent deux nouveaux ordres religieux pour lutter contre l'hérésie.

Les ordres de Saint-Dominique et de Saint- François, sur lesquels le pape essaya de soutenir l'Église en ruine, eurent une mission commune, la prédication. Le premier âge des monastères, l'âge du travail et de la culture, où les bénédictins1 avaient défriché la terre et l'esprit des barbares, cet âge était passé. Celui des prédicateurs de la croisade, des moines de Clteaux et de Clairvaux», avait fini avec la croisade. Au temps de Grégoire VII 3, l'Église avait déjà été sauvée par les moines auxiliaires de la papauté. Mais les moines sédentaires et reclus ne servaient plus guère, lorsque les hérétiques couraient le monde pour répandre leurs doctrines. Contre de tels prêcheurs, l'Église eut ses prêcheurs, c'est le nom même de l'ordre de Saint-Dominique. Le monde venait moins à elle, elle alla à lui. Le tiers ordre* de Saint-Dominique et de Saint-François reçut une foule d'hommes qui ne pouvaient quitter le siècle, et cherchaient à accorder les devoirs du monde et la perfection monastique. Saint Louis et sa mère appartenaient au tiers ordre de Saint- François.

Telle fut [Influence commune des deux ordres. Toutefois, ils eurent, dans cette ressemblance, un caractère divers. Celui de Saint-Dominique, fondé par un esprit austère, par un gentilhomme espagnol né sous l'inspiration sanguinaire de Citeaux, au milieu de la croisade de Languedoc1, s'arrêta de bonne heure dans la carrière mystique et n'eut ni la fougue ni les écarts de l'ordre de Saint-François. II fut le principal auxiliaire des papes jusqu'à la fondation des jésuites9. Les dominicains furent chargés de régler et de réprimer. Ils eurent l'inquisition3 et l'enseignement de la théologie dans l'enceinte même du palais pontifical. Pendant que les franciscains couraient le monde, l'agitant des transports de l'amour mystique, le sombre esprit de Saint-Dominique s'enferma au sacré palais de Latrau *, aux voûtes granitiques de l'Escurial5.

L'ordre de Saint-François fut moins embarrassé; il se lança tête baissée dans l'amour de Dieu; il s'écria, comme plus tard Luther : «Périsse la loi, vive la grâce! » Le fondateur de cet ordre vagabond fut un marchand ou colporteur d'Assise8. On appelait cet Italien François, parce qu'en effet il ne parlait guère que français. « C'était dit son biographe, dans sa premièrejeunesse, un homme de vanité, un bouffon, un farceur, un chanteur; léger, prodigue, hardi... Tête ronde, front petit, yeux noirs et sans malice, sourcils droits, nez droit et fin, oreilles petites et comme dressées, langue aiguë et ardente, voix véhé-

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